La vraie télé-réalité

4 juillet, 2009

La récente décision de la Cour de cassation française doit absolument être appliquée ici ! Les participants à des télé-réalités ne doivent plus être perçus comme des totons exhibitionnistes, mais bien comme d’éminents représentants de la classe culturelle. Ils doivent avoir accès au même traitement que tous les travailleurs de leur industrie. Qu’ils soient des acteurs médiocres de seconde zone ou des chanteurs ratés ne doit pas influencer leur lutte pour la reconnaissance de leurs droits.

La sélection de ces professionnels du divertissement cheap devra désormais se plier aux lois sur la discrimination positive, malgré de beaux efforts en matière de recrutement de malades mentaux. L’élimination d’un candidat au cours d’une émission devra respecter les normes québécoises en matière de licenciement, avec un avis de deux semaines. Tout accident survenu au cours d’ébats dans le spa pourra faire l’objet d’une réclamation à la CSST. Leur syndicat aura le droit de grève, pour le plus grand bonheur des gens comme moi.

Finalement, ce sera de la vraie télé-réalité !


Un nouveau collaborateur

3 juillet, 2009

Étant donné le succès phénoménal de mes billets sur le Black Metal, j’ai décidé de recruter un nouveau collaborateur régulier. Mes six lecteurs vont l’apprécier, j’en suis sûr ! Il s’appelle SataNik. Il est le batteur, le bassiste, le guitariste et le hurleur du groupe (très) underground Vrydtkhasjp, né au fond des brumes ténébreuses de Charlesbourg. Ce mélomane est un spécialiste reconnu du True Orthodox Raw Evil Norwegian Black Metal. Il connaît tous les groupes et leurs démos. Lui-même travaille au premier opus de son groupe, provisoirement intitulé « Dessinit in piscem mulier formosa superne ». L’enregistrement, débuté en 2007, devrait se terminer en 2014. D’ici là, notre nouveau collaborateur fera paraître des chroniques sous forme de BD, avec sa propre section sur la Plaine, qui remplacera les caricatures.

Dis bonjour à mes lecteurs, SataNik !

SataNik_LD


La rivière d’or

2 juillet, 2009

J’ai eu la chance, tout jeune, de parcourir la Minganie avec mon père. Au cours d’un été inoubliable, qui a forgé notre relation, nous avons parcouru sur le pouce les centaines de kilomètres qui séparent Québec de Havre-Saint-Pierre. Un autre univers nous attendait là-bas. L’immensité du paysage, les distances impossibles, une végétation rabougrie, des cours d’eau furieux et partout, le silence. Le silence humain, bien sûr, mais une cacophonie naturelle. Animaux, rivières, vent. Un environnement magnifique, aux frontières du monde civilisé et dément que nous connaissons tous.

Comme la majorité des Québécois, j’ignore tout du projet hydroélectrique de la rivière Romaine. Un autre mégaprojet issue d’une entreprise nationalisée un brin mégalomaniaque. Je me suis baigné dans la rivière Moisie (dur à oublier…) mais la Romaine, c’est encore bien plus loin, au-delà de Havre-Saint-Pierre. Un des derniers endroits vraiment sauvage de la province, qu’un éloignement complet des grands centres urbains a préservé. Plus pour très longtemps, désormais.

Je suis partagé. D’une part, j’ai en horreur les interventions étrangères et condescendantes dans une affaire domestique, peu importe qu’elles viennent d’un nobélisé. Ce genre de débats doit se régler entre nous. Mais soyons honnête, nous ne savons presque rien des activités de l’Hydro-Québec et des conséquences de leurs chantiers sur l’environnement. Depuis l’enfance, on nous rabat les oreilles avec les prouesses d’ingénierie de cette « grande entreprise québécoise. » Les barrages de la Manic ou de la Baie James, les lignes de 720Kv, la recherche et développement, etc. Bref, on nous assomme avec l’idée reçue qu’Hydro-Québec est écologique et valorise le développement durable. Je n’aime pas les idées reçues. Est-ce qu’on se désintéresse des projets hydroélectriques parce qu’ils se déroulent dans des endroits éloignés et que leurs conséquences nous sont largement étrangères ?

On évoque la création d’emplois, dans une région qui en a cruellement besoin. On mentionne l’exportation d’électricité et ses importants revenus. On souligne le partenariat avec les communautés innues de la Basse-Côte-Nord. Ces éléments sont apparemment suffisants pour mutiler une rivière et son écosystème. Une énergie verte ? Étant donné la quantité de végétation qui sera détruire pour la produire, je me doute bien que cette électricité aura un goût de chlorophylle. Alors, soutenir ou ne pas soutenir ce projet ? Telle est la question. Parfois, la vraie réussite d’un projet, c’est de s’abstenir de le réaliser.


Le marchand de sable est une ordure

30 juin, 2009

Le marchand de sable est une ordure. Il vient me voir en dernier, quand tous les autres dorment déjà. S’il ne m’a pas oublié ! Presque 14% des Québécois ont des troubles de sommeil, mais nous sommes moins de 10% à souffrir d’insomnie chronique. Ce problème sournois est bien embêtant. Tous ceux qui regardent le plafond à 1h du matin me comprennent.

Dormir devient une obsession. Paradoxalement, plus on essaie de dormir et moins on semble y parvenir. Se lever le matin, après quelques heures d’un mauvais sommeil – souvent chimiquement provoqué – est difficile. Les yeux restent fermés, le corps est lourd, bouger fait mal. Notre esprit est embrouillé, nos réflexes sont lents et notre patience envers nos proches est inversement proportionnelle à une agressivité mal contenue. Pourquoi ?

Il existe bien sûr de nombreuses raisons qui expliquent l’insomnie. Fatigue intellectuelle, stress, douleur permanente, etc. Mais un individu comme moi défie les statistiques. Je suis encore assez jeune (l’insomnie est plus fréquente chez les 65 ans et plus), je suis un homme (les femmes dorment statistiquement deux heures de moins que les hommes), j’ai un poids standard (l’obésité est le plus important facteur de risque de l’insomnie) et j’ai un horaire régulier de jour (alterner les périodes de travail jour/soir peut nuire au sommeil). Alors ?

Je crois avoir tout essayé. Les tisanes, la méditation, l’exercice, la lecture, etc. Ce n’est que récemment que j’ai accepté de prendre des somnifères, avec un succès mitigé. Ces médicaments endorment, mais ne permettent pas au corps de se reposer adéquatement. C’est une spirale sans fin. Même la bonne vieille sieste est impossible, puisque je ne parviens pas à dormir le jour. Les conséquences ? Une perte importante de productivité. On a déjà mesuré qu’au Québec seulement, l’insomnie pouvait provoquer un manque à gagner de plus de 5 milliards de dollars, en raison des congés forcés ou de l’incapacité à accomplir correctement son travail. Quand aller au boulot en voiture sans fermer les yeux est un défi et que participer à une réunion sans bâiller est un supplice, on mesure les conséquences du problème. Et cela sans mentionner les conséquences sur la vie personnelle.

On sait aussi depuis un moment que les troubles du sommeil peuvent être associés à des problèmes psychiatriques graves. La perte du sommeil sur une longue période fragilise le corps et l’esprit, parfois jusqu’au point de non retour. J’ai personnellement vécu un séjour à l’hôpital après six nuits consécutives sans sommeil. Conséquence d’une vie orientée sur la performance, personnelle et professionnelle ? Peut-être.

Parfois, je rêve de dormir.


Favie Flament Nue

28 juin, 2009

Depuis plusieurs mois, une des recherches Google les plus populaires pour atterrir sur mon site est « Favie Flament nue ». Je suis très fier d’apprendre que quelques pervers français de 12 ans cherchent des images d’une animatrice de TF1, qui a récemment posé à poil dans un magazine « pipole ». Arrêtez de chercher, bande de nazes, je vous reproduis ici la seule photo vraiment intéressante de cette journaliste.

Vous me connaissez, je ne peux pas m’arrêter là. Je me questionne sur cette curieuse habitude qu’ont les vedettes féminines de se dénuder dans les magazines. Je ne parle pas des actrices ou des chanteuses, mais des professionnelles, sportives ou journalistiques. S’agit-il d’une façon de mousser leur carrière ? Ressentent-elles une pression pour agir de la sorte ? On peut ainsi régulièrement voir des pilotes de course, des joueuses de tennis, des nageuses et certaines journalistes (de pays latins, surtout) parader dans les spéciaux du Sports Illustrated, parfois dans Playboy. S’agit-il d’un comportement obligatoire pour aller chercher des commandites ? Voit-on les vedettes masculines faire les mêmes choses aussi régulièrement ?

L’immense plaisir que mes yeux ressentent à contempler des femmes aussi magnifiques ne parvient pas à masquer totalement une certaine gêne morale que je ressens devant cette apparence d’inégalité. Vieux réflexe judéo-chrétien ? Est-ce que je suis un mâle castré, à plat ventre devant les féministes ? Ces femmes sont totalement libres de s’exposer ainsi, si telle est leur volonté. Mais je les trouve tout de même plus séduisantes quand elles exercent leur sport ou leur métier avec tout le talent dont elles sont capables.


Burp !

27 juin, 2009

Rappelons-nous le plaisir des lendemains de Saint-Jean, quand tout le monde est parti et qu’on se réveille sur un banc de parc avec un estomac qui nous promet des heures d’agréments au-dessus de la toilette. Good times…


La liberté d’interdire

26 juin, 2009

Il y a un vieux dicton en sociologie administrative qui dit que puisque les fonctionnaires ne décident de rien, ils n’ont que la liberté d’interdire. En effet, le secteur public n’a pas le pouvoir d’initiative, qui revient aux élus. Les agents de l’État doivent donc se contenter d’appliquer docilement les décisions prises par les politiciens. En théorie.

Dans les faits, le secteur public est l’intermédiaire nécessaire entre le peuple et ses représentants. Entre l’écriture d’une politique publique par un cabinet ministériel et son application concrète, il y a de très nombreuses étapes de définition, d’aménagements législatifs, de développement de mesures, etc. Toutes ces étapes permettent au secteur public d’exercer son principal pouvoir : interdire. À travers le labyrinthe de la mise en place d’une décision politique, l’administration module, modifie et complexifie les mesures finalement appliquées, au point de les rendre méconnaissables. Mon exemple préféré ? Le virage au feu rouge. Entre le moment où le pouvoir politique l’a autorisé et son application effective, la province toute entière s’est couverte de panneaux de signalisation interdisant ou limitant ce nouveau droit, pourtant inscrit au code de la route. Il existe mille autres exemples de même nature, qui ont tous comme point commun la limitation administrative d’un droit octroyé par le pouvoir politique. Pourquoi ?

Certains veulent y voir une preuve du paternalisme d’État, qui juge les citoyens inaptes à exercer la plénitude de leurs droits. Mes études et mon expérience m’amènent à rejeter cette explication simpliste et un brin démagogique. En fait, il s’agit plutôt d’un conflit classique d’exercice du pouvoir, entre le politique et son administration. Chacun cherche à étendre son influence sur l’autre, soit en passant des législations agressives, soit en limitant la portée des décisions politiques. Ces entités sont des frères siamois, complètement dépendants l’un de l’autre. Ce sont toutefois d’implacables rivaux. Le politicien a pour lui le pouvoir conféré par l’élection et sa représentativité populaire. Le fonctionnaire a pour lui la durée de son mandat et la force d’une superstructure étatique ramifiée et peuplée. Condamnés à travailler ensemble, ces frères siamois frôlent souvent le blocage, comme l’a magnifiquement démontré Michel Crozier dans les années 1970.

Et la population ? Elle assiste à ce conflit, sans y prendre part véritablement. L’intérêt public est invoqué systématiquement par les participants de cet affrontement, mais selon des visions initiales bien différentes. Il en résulte une surenchère de mesures et de contre-mesures, qui visent toutes à améliorer le sort des citoyens, mais qui donnent souvent l’effet inverse de celui recherché. L’extension de l’État en Occident depuis les années 1950 a donné à ce conflit – qui existe depuis l’Antiquité – une dimension jusque-là inédite. Le pouvoir donné tant aux politiciens qu’aux administrations par l’afflux des capitaux prélevés sur les contribuables a transformé et amplifié les enjeux, qui portent maintenant sur le contrôle de milliards de dollars publics. Dans un tel conflit, nous sommes tous perdants. C’est cette situation qui cause le gaspillage de fonds dans le secteur public et pas une supposée incompétence de ses agents, qui n’est pas plus grande que dans le secteur privé.

C’est pour cette raison que je soutiendrai toujours les mesures de rationalisation de l’État, afin de diminuer les intermédiaires entre la décision politique – qui représente la volonté populaire – et son application concrète, qui nécessite des agents qualifiés. Mais une rationalisation ne signifie pas une abolition. Un déséquilibre inverse, qui rapprocherait de trop près la décision politique des mesures réelles, serait un formidable outil de corruption. L’hypertrophie actuelle de l’État occidental est une conséquence directe du développement frénétique des mesures sociales mises en place à une époque de grande prospérité, appuyée sur une démographie favorable, qui n’existe plus aujourd’hui. Il faut en prendre acte.

Un travail de longue haleine, ingrat et impopulaire, mais nécessaire.


L’extraterrestre humain

25 juin, 2009

Le monde des extraterrestres est en deuil. Un des leurs vient de trépasser. Je suis désolé, mais je suis incapable de sérieux quand j’évoque Wacko Jacko. Ce chanteur a connu la déchéance physique et morale la plus spectaculaire de tout le 20e siècle. Passer de pop star adulée par des millions d’inconditionnels à pédophile soupçonné en fuite, tout cela en moins de 20 ans, ça ne s’est pas vu souvent. Ses hideuses métamorphoses et sa passion pour les enfants ont fini par détruire l’immense capital de popularité bâti depuis les années 1970

Cet homme, qui n’a pas connu d’enfance et qui a tout fait pour tenter d’en vivre une, va désormais côtoyer Elvis Presley au palmarès peu enviable des vedettes déchues, mortes de leurs excès. À moins que l’auteur de Thriller ne soit allé rejoindre le King, Jimi Hendrix et Macaire sur la désormais fameuse île des célébrités !


Les Prophètes

25 juin, 2009

Il y a quelques années, au cours d’un stage en Europe, j’ai eu la chance de visiter la très belle ville de Trèves, à l’ouest de l’Allemagne. Pittoresque et historique, cette cité fondée par les Romains contient de magnifiques vestiges remontant jusqu’au IVe siècle. C’est toutefois une autre attraction qui m’a le plus fasciné : la maison natale de Karl Marx, qu’on peut toujours visiter. Une belle grande maison bourgeoise, typique de cette région. En arpentant les pièces de cet immeuble, je m’interrogeais sur le mythe extraordinaire que cet écrivain a généré dès son vivant. Devant une photo du jeune Karl, je me suis demandé ce que nous savions vraiment de cet homme, de son histoire, de ses écrits.

Karl Marx a vécu une existence bourgeoise (il n’a jamais occupé d’emploi régulier) et a épousé une aristocrate. Malgré ses incessantes difficultés financières, il parvenait à maintenir les apparences, en empruntant constamment de l’argent à des mécènes, au premier rang desquels figure Friedrich Engels, son éternel ami. Il a passé la majeure partie de sa vie à écrire mais a très peu publié de son vivant. Ce sont ses héritiers qui ont diffusé son œuvre, la modifiant souvent au passage. Curieusement, le triomphe de ses idées auprès de nombreux intellectuels et révolutionnaires est survenu avant même que ses écrits soient tous connus et traduits. Les premières versions complètes de ses livres ne datent que des années 1930, voire plus tard pour certains.

Comment expliquer cet engouement, alors que l’œuvre était inaccessible ? Par la récupération de ses principales idées, modulées et souvent travesties au passage, par ses héritiers, notamment Engels, mais aussi son gendre Paul Lafargue et les dirigeants du Parti social-démocrate allemand. Ce sont eux qui ont inventé le marxisme doctrinal et transformé Karl Marx en prophète, tel un Moïse de l’âge industriel. L’auteur du Capital faisait du doute sa principale vertu. Il retravaillait sans cesse ses textes, doutait systématiquement de ses conclusions et formulait toujours de nouvelles hypothèses. C’était un esprit angoissé, à des années-lumière de la caricature que ses successeurs ont fait de lui. Ceux-ci ont en outre camouflé tout ce qui pouvait abîmer l’image devenue lisse de l’économiste allemand. Des lettres où Marx se défoule sur ses adversaires, utilise un langage antisémite sans équivoque (il était lui-même fils d’un juif converti) ou emploie des grossièretés n’ont été publiées qu’après les années 1960. L’homme était devenu un mythe. Il n’était plus tout à fait comme nous. Ses héritiers spirituels l’ont divinisé.

Ce processus est un phénomène historique particulièrement intéressant. La plupart de nos références morales, religieuses ou politiques proviennent ainsi d’humains ayant été transformés et élevés au-dessus des autres après leur décès, par la volonté de leurs contemporains. Jésus est un exemple universellement connu. Les Évangiles ont été rédigés plusieurs décennies après la mort du « Messie », synthétisant et modulant les paroles du maître. Ce sont les apôtres qui ont inventé le christianisme, pas le nazaréen. De même, ce sont les héritiers de Muhammad qui ont exporté l’Islam hors d’Arabie et ont instauré le Califat. Le Coran – document supposément incréé – recense des propos et gestes du prophète, recueillis plusieurs dizaines d’années après sa mort. Encore une fois, ce sont des successeurs qui s’approprient les paroles sacrées pour leur propre compte.

Toute cette réflexion me porte à jeter un regard intensément critique sur les religions et les idéologies fondées sur des textes attribués à des surhommes. Quelle part de ces écrits est authentique ? Que dit-on ? Que cache-t-on ? Une partie importante de nos connaissances et croyances reposent sur des documents sur lesquels nous ne disposons que de très peu d’information. Derrière les textes se cachent parfois des siècles de modifications, d’accommodements et de falsifications. Il ne s’agit pas d’un exercice intellectuel stérile ou d’une volonté de revenir au plus près des textes originaux pour mieux les vénérer. Seulement d’user de sa raison en face de telles entreprises d’endoctrinement.

Marx serait-il marxiste ?

Jésus serait-il chrétien ?

Muhammad serait-il musulman ?

Moi, je reste un sceptique.


Passez Legault, réclamez 200$

24 juin, 2009

Le départ de François Legault, un des membres les plus crédibles de l’équipe péquiste, était-elle une fatalité ? Probable. Il est assez jeune et ses ambitions déçues au poste de chef du Parti québécois ont dû miner sa confiance. Ses récentes déclarations sur les vaches sacrées feront-elles de lui un nouveau Jacques Brassard ? Il est plus probable que François Legault quitte la politique pour un poste dans le secteur privé, où il travaillera moins tout en gagnant plus. Il reviendra sûrement à la politique active comme lobbyiste pour le groupe qu’il l’aura engagé. Peut-être ira-t-il chercher de l’argent dans les FIER pour ses clients ?

Au-delà de l’anecdote, il est remarquable de constater à quel point la politique québécoise s’est pétrifiée. Quand un Premier ministre sans saveur, sans couleur et sans idées, parvient à se maintenir au pouvoir malgré une usure évidente et un personnel politique limité, il devient clair que ce secteur d’activité n’attire plus l’élite de la nation. Les Québécois les plus influents et les plus déterminants œuvrent désormais dans les secteurs culturels et économiques. Bonne nouvelle ? Je ne crois pas. La politique, c’est le miroir du peuple. Nous confions le pouvoir a un petit groupe parmi les meilleurs d’entre nous pour qu’il administre nos avoirs collectifs et proposent des solutions pour l’avenir. Les politiciens sont nos leaders, ceux qui donnent les impulsions nécessaires pour faire avancer une masse généralement inerte. Or, nous sommes aux prises avec un gouvernement qui raffole de l’inertie.

Nous approchons du point zéro, celui où rien ne bouge. Le rêve de tous les politiciens médiocres comme Jean Charest, qui préfèrent durer plutôt que de gouverner. François Legault l’a compris et il est parti. Avec un tel gouvernement en place – et pour longtemps – le véritable pouvoir ne réside plus à l’Assemblée nationale, mais bien dans les tours de verre des centre-villes de Montréal et Toronto.