Il est assez facile de savoir quand un politicien est populaire. On accepte de sa part des comportements que nous jugerions inacceptables chez d’autres. Le maire de Québec vit un tel moment de grâce. Sa relative inexpérience en politique, son charisme et ses succès récents en matière d’événements festifs l’ont mis sur un piédestal. Au point de permettre la décomposition de ses rivaux, toutefois amorcée avant son arrivée à la mairie.
Régis Labeaume est donc fin seul. Sa réélection triomphale ne fait aucun doute. Pourtant, un malaise subsiste. Ce maire est un politicien profondément atypique. Il prétend toujours dire ce qu’il pense. Je le crois sur parole. L’ennui, c’est que la distance qui sépare sa pensée de son expression est très courte. Trop courte. Il dit passablement de conneries pour quelqu’un dans sa position. Il a – dans la même semaine – traité les habitants de la Rive-Sud de dangers publics sur les petites routes de Ste-Foy et exprimé le désir de susciter la crainte chez les employés municipaux. Il n’y a pas si longtemps, de telles bourdes auraient été inadmissibles de la part d’un élu. Mais chez ce phénomène politique, tout semble passer.
Cet homme est en osmose avec son époque. Les citoyens ordinaires ne désirent plus voter pour des politiciens qui adoptent la tactique de la cassette pré enregistrée. Les formules telles « Bâtissons la ville de l’avenir, aujourd’hui » ou encore « Unissons-nous pour aller de l’avant » sont définitivement obsolètes. Les gens veulent des leaders, pas des poteaux interchangeables. Mais cette tendance comporte aussi des risques.
Il est assez facile pour un politicien neuf de promettre tout et son contraire, de vilipender l’administration précédente alors qu’il n’a lui-même aucun bilan à défendre. Il s’agit d’un banal populisme, courant en démocratie, et qui permet à n’importe qui détenant du charisme de prétendre à des charges publiques. Labeaume est-il différent ?
Il a d’abord bénéficié d’une conjoncture exceptionnelle. Arrivant en poste après le décès de la populaire Andrée Boucher, il a repris à son compte les principales lignes de cette administration, notamment un certain dirigisme contrôlant. En poste pendant les fêtes du 400e de Québec, il en a retiré une grande aura personnelle, même si les principaux jalons de cet événement avaient été posés avant son arrivée. La croissance de la capitale profite aussi au succès du titulaire de la mairie, mais ce succès économique trouve ses racines dans les efforts entrepris dans les années 1990, notamment la revitalisation du centre-ville, l’amélioration constante des infrastructures et les fusions municipales, qui ont permis d’harmoniser le développement régional.
Régis Labeaume cueille donc les fruits provenant des labours des autres. Cela ne lui enlève pas de mérite personnel, mais explique en partie sa surprenante popularité. Sa prochaine élection nous permettra de constater si ce politicien a la trempe de ses prédécesseurs. Être fort en gueule ne suffit pas pour faire de la politique. À la fin, l’élu est jugé sur ses actes.
Publié par Hérétik
Le débat lancé par le Libéraux provinciaux au sujet de la tarification est intéressant à plus d’un titre. Enfin, les Québécois ne pourront plus fuir le débat de fond sur leur système public. Au-delà des détails sur les services à facturer, nous devons entreprendre un vrai travail de réflexion sur un élément essentiel : quelle est la place des services publics dans une société moderne ? Devons-nous accepter de nous endetter davantage pour maintenir notre niveau de service ?
Publié par Hérétik
Je n’ai pas envie de casser du sucre sur le dos de Montréal. D’autres s’en chargent admirablement. Il faut avoir les oreilles bouchées de cire pour ne pas entendre les rires sarcastiques qui fusent quand on évoque la situation de la métropole, dès qu’on a dépassé Drummondville. Certains animateurs de radio de Québec ont d’ailleurs rebaptisé Montréal le « trou à marde », trop contents de prendre leur revanche face à des années d’une supposée hégémonie de la grande ville sur les régions. Tout cela est vulgaire et gratuit. Tellement plus facile de cogner sur quelqu’un qui gît par terre plutôt que de l’aider à se relever.
Publié par Hérétik 
J’ai beaucoup réfléchi au cours de la semaine dernière. Je me suis questionné sur mon avenir de blogueur politique. J’aime beaucoup cet univers, mais mon cynisme transparaît de plus en plus. En relisant mes billets depuis un an, je me suis aperçu d’un glissement vers un désenchantement marqué. N’ayant aucune foi politique, je n’ai pas la force de répéter sans cesse les mêmes libelles, de marteler toujours les mêmes idées. Je n’ai pas envie de devenir ce que j’ai toujours craint : un ayatollah modéré, s’en prenant toujours aux mêmes moulins. Les jours passent trop vite pour les consacrer à une seule chose.
On a
Ma fille était malade en fin de semaine. Un vilain rhume transformé en sinusite. J’ai eu droit à d’innombrables câlins et colleux (et de la toux en plein visage). J’ai pris congé vendredi après-midi pour rester avec elle. Normal.
