Depuis déjà de nombreuses années, on prophétise la fin de l’Empire américain. Ses aventures guerrières, son économie en dents de scie et ses concurrents féroces auraient du détrôner l’hyperpuissance depuis longtemps. Pourtant, tel un phénix, l’aigle américain trouve toujours une façon de se renouveler et de retrouver son lustre et sa domination.
Est-ce différent cette fois-ci ?
Les Etats-Unis vivent en ce moment une des pages les plus sombres de leur histoire, en raison de la conjonction de plusieurs phénomènes.
Les guerres d’Irak et d’Afghanistan coûtent infiniment plus chers que prévus. Si l’invasion initiale de ces deux pays à compter de 2001 et 2003 a pu coûter à elle seule entre 9 et 13 milliards de dollars, les coûts d’occupation s’élèvent à eux seuls à 5 à 9 milliards par mois ! Le détail des coûts vertigineux est disponible ici. De plus, les Américains continuent de payer pour la reconstruction du pays, alors que l’Irak a recommencé à toucher sa rente pétrolière.
Instead, the U.S. military is footing the reconstruction bill. Over the last two years, while Iraq has earned nearly $100 billion in oil revenues (and spent just $2 billion on capital investments such as roads, water and electricity), U.S. taxpayers have plowed $48 billion into reconstruction activities in Iraq. About half of that has gone to the oil and electricity infrastructures. The U.S. has also helped to renovate 3,000 schools, train 30,000 teachers, distribute 8 million textbooks and rebuild irrigation infrastructure for 400,000 people, as well as fund projects to improve drinking water, bridges, roads, sewage treatment, airports and, of course, oil pipelines and refineries.
À ce jour, la politique guerrière américaine a coûté plus de 700 milliards de dollars, financés largement par les emprunts, plutôt que par l’impôt. La dette américaine est estimée à 9,7 trillions de dollars (en excluant les déficits de certains programmes sociaux, comme Medicare), dont plus de 25% sont entre les mains de gouvernements étrangers. Et la facture finale de l’aventure irakienne n’a pas fini de grimper. Les plus pessimistes parlent d’une facture finale de 3 trillions de dollars. Il faut rappeler que les estimations initiales parlaient d’un coût total de 50 à 70 milliards de dollars pour toute la durée de la guerre, soit 10 fois moins que les coûts actuels, sans que la guerre soit terminée.
L’autre phénomène est, bien entendu, l’effondrement du système bancaire. Le château de cartes des prêts à risque à entraîné un effet dominos, provoquant faillites sur faillites parmi les plus grands noms de la finance américaine.
For years, the banks have been borrowing heavily relative to their deposit bases – and pouring the proceeds of those loans into the housing markets, now in free fall.
Data assembled by Northern Trust economist Asha Bangalore shows that the proportion of mortgage-related assets to total assets at U.S. commercial banks – a measure of exposure to the real estate markets – jumped as high as 63% in 2006 from 48% a decade earlier.
L’origine de la crise ne fait pas l’unanimité. Plusieurs indices pointent les décisions politiques entraînant la dérégulation du système bancaire. D’autres sur la pression subie par les prêteurs pour financer des emprunts à risque. La vérité est sûrement entre les deux.
Who, then, in Washington, is to blame? As it happens, it’s many of the same people who were behind Gramm-Leach-Bliley. The Clinton administration and Congressional Republicans failed to create a strong framework in place of Glass-Steagall. Democrats pushed for riskier mortgage lending, in an effort to expand home ownership. But surely the bulk of the blame lies with the policy makers and regulators who were on duty while the housing bubble inflated and Wall Street went wild — the Bush administration and Alan Greenspan’s Federal Reserve. Their near-religious belief in the powers of the market led them to conclude that the mere fact that a company was willing to make an investment made that investment O.K.
Le gouvernement américain, dans un geste sans précédent, a pratiquement nationalisé les deux plus grands prêteurs hypothécaires, en plus du plus gros assureur du pays. Le coût du plan ? 700 milliards de dollars. Le coût actuel de la guerre en Irak. Parfois, l’ironie de l’histoire est mordante. Cette somme serait acquise via l’emprunt, plutôt que l’impôt, faisant grimper la dette publique américaine à des sommets record. Les conséquences sont prévisibles : baisse de la valeur du dollar, repli des importations, chômage et faillites. Ce plan d’intervention survient-il trop tard ? Il n’empêchera pas les citoyens américains de traverser une des pires crises économiques de toute leur histoire.
Alors, assistons-nous à l’effondrement d’un monde ?
Les Etats-Unis ont déjà prouvé qu’ils étaient capables de se relever de crises sévères, mais cette fois, l’ampleur et la concomitance des phénomènes rendent aléatoires un redressement rapide. La puissance américaine repose sur deux facteurs : son économie et son armée. La première est en sérieuse difficulté, la seconde peine à maintenir l’ordre dans un pays du tiers-monde. Sans forcément assister à l’effondrement de l’Empire – que je ne souhaite pas – nous allons assister à une lente érosion de son influence, au profit des géants asiatiques émergents. Le centre du monde continuera de se déplacer lentement vers l’est.
Ce sera le bilan de ces huit dernières années de gouvernance américaine, qui auront vu le début du crépuscule des Dieux.