Le beauf de l’ouest

Voici que l’autre solitude canadienne emboîte le pas aux artistes québécois dans leur dénonciation des coupures dans les programmes culturels canadiens.

Est-ce que Toronto a sa propre clique du Plateau ?

À l’occasion d’un point de presse, plusieurs figures connues comme Colm Feore (Bon Cop, Bad Cop) et Gordon Pinsent – acteur et présentateur à CBC – ont pris tour à tour le micro pour défendre l’industrie culturelle au pays. Ils ont rappelé que la culture représentait 1,1 million d’emplois et qu’elle générait environ 85 milliards en retombées.

Pendant, ce temps les Conservateurs ont refusé de débattre de la culture dans un colloque animé par Culture Montréal. Les relationnistes du premier ministre ont expliqué vouloir se concentrer sur les débats pour parler du sujet.

Veut-on vraiment d’un pays dirigé majoritairement par un tel beauf de l’ouest ?

12 réponses vers «Le beauf de l’ouest»

  1. Grand Maître des Anonymes dit :

    “Est-ce que Toronto a sa propre clique du Plateau ?”

    Oui. Et je dois dire que je découvre tout un monde culturel et artistique à Toronto. J’adore finalement cette ville (sauf que les bons restos ferment tôt le dimanche). Moi qui croyais que la culture s’arrêtait à Montréal ! ;-)

    Ce que j’aime, c’est l’absence de prétention à une culture nationalisante. Pour moi, l’art n’a pas de frontière et je déteste l’art propagandiste. C’est intéressant d’un point de vue historique, sans plus.

  2. nicolasracine dit :

    Point de vue pertinent. Les artistes de Toronto sont-ils engagés dans d’autres causes ? L’art est souvent un reflet de la nation qui l’a vu émerger. Les artistes authentiquement internationaux sont plutôt rares. Mais – je suis bien prêt à l’admettre – ce sont souvent les meilleurs.
    Il y a tout de même des exceptions. Je pense à Robert Lepage, qui a un rayonnement mondial, mais qui a donné a Québec une de ses plus manifestations culturelles de tout le 400e (Moulin à image) qui était une rétrospective historique hallucinante de la ville.

  3. Aigo dit :

    La richesse culturelle ne suffit pas pour faire une authentique Clique du Plateau. Il faut aussi la haine (ou plutôt la rancoeur) des régions. Tenant compte de ce critère, Grand Maître, pourriez-vous nous dire si la Clique du Plateau torontoise existe vraiment? (je parie que oui).

    Je profite du fait que j’ai moi-même amené la discussion sur le clivage rat des villes-rat des champs pour faire une remarque. Je trouvais depuis l’amorce du phénomène une certaine ironie au fait que pendant que la droite gagne inexorablement du terrain en Occident, l’Amérique latine (et la petite partie d’Afrique qui peut se le permettre) bascule à gauche. Et puis récemment, à la faveur d’une entrevue d’Evo Morales sur la crise bolivienne, je me suis dit que finalement, le point commun entre les deux, c’était que les deux mouvements avaient leurs racines dans les régions. Ça peut même s’appliquer aux succès des islamistes en Iran et en Turquie. Assisterait-on à une “revanche rurale mondiale”?

  4. nicolasracine dit :

    À une autre époque, c’était le maoïsme qui devait être la revanche de la ruralité… yeah, right.
    Il y a en effet un clivage rural/urbain qui se manifeste souvent avec violence dans les pays émergents. Le cas bolivien est intéressant, puisque le conflit se situe entre les paysans indiens pauvres des hauts plateaux et les populations blanches plus riches des vallées.
    La rivalité entre les zones fortement urbanisés et les territoires ruraux ne datent pas d’hier… les premières guerres civiles à Rome en avaient déjà la saveur. C’est l’opposition entre un centre urbain prédateur de ressources et une campagne productrice, mais démunie…

  5. Dunham Bush dit :

    “les paysans indiens pauvres des hauts plateaux et les populations blanches plus riches des vallées.”
    Décrit comme cela, on dirait bien une lutte de classes…

  6. nicolasracine dit :

    Disons plutôt une lute raciale… l’Amérique latine est une terre fertile pour ce genre de lutte.

  7. Mathieu Demers dit :

    Pourquoi un premier ministre devrait s’ingérer dans la culture, dire son avis et subventionner un lobby qui dit la représenter seul ?

    C’est aussi stupide que de laisser un interventionniste décider de ce qui est bon ou pas selon son jugement à lui dans la production télévisuelle ? Bien sûr, il voudra censurer tout ce qui ne va pas dans le sens de sa pensée, il va aller devant le CRTC pour censurer de force toutes divergences majeures d’opinion alors qu’il y a les tribunaux pour juger ce qui est irrespectueux de ce qui ne l’est pas.

    Je suis heureux qu’Harper n’entre pas dans la culture. Tout comme il doit rester le plus loin de tout interventionnisme économique (on a vu ce que cela a donné avec Fannie Mae et Freddy Mac aux États-Unis: http://www.antagoniste.net/?p=4130)

  8. nicolasracine dit :

    En fait, les Conservateurs sont très interventionniste en matière de culture. Ils cherchent à obtenir un contrôle par le biais des crédits d’impôts et la compression de certains programmes n’ont pas entraîné une réduction de la taille de l’État, puisque les sommes épargnées ont été réallouées ailleurs.

    Merci de citer l’Autre ici. Ça nous fera une occasion d’en discuter. Fannie Mae n’a pas été contraint juridiquement de racheter des prêts à risque. L’administration Clinton leur a demandé de favoriser le prêt à des consommateurs avec de plus faibles revenus. Le rachat massif de prêts à risque avait pour but de se composer un portefeuille immense ayant une forte valeur de revente… qui s’est effondrée. C’est le résultat d’une initiative noble, mais qui aurait du être mieux encadrée, pour éviter les dérapages (revenus minimum pour emprunter, remboursement obligatoire d’une partie du capital, etc…)

    L’article cité date du NYT de 1999… ce qui veut dire qu’entre 2000 et 2008, le gouvernement républicain a laissé faire. Il n’y avait aucun signe de surchauffe du système ? Pourquoi avoir laissé ces entreprises pousser leur logique autodestructrice aussi longtemps ? Aujourd’hui, le gouvernement américain doit éponger une formidable ardoise.

    L’ironie, c’est que GWB va devoir passer la loi la plus interventionniste de l’histoire moderne. J’imagine que c’est le prix à payer pour avoir laisser pourrir une situation au-delà de sa date de péremption.

  9. nicolasracine dit :

    Au fait, Mathieu, pourquoi ton blogue est supprimé ?

  10. Mathieu Demers dit :

    “Merci de citer l’Autre ici. Ça nous fera une occasion d’en discuter. Fannie Mae n’a pas été contraint juridiquement de racheter des prêts à risque. L’administration Clinton leur a demandé de favoriser le prêt à des consommateurs avec de plus faibles revenus. Le rachat massif de prêts à risque avait pour but de se composer un portefeuille immense ayant une forte valeur de revente… qui s’est effondrée. C’est le résultat d’une initiative noble, mais qui aurait du être mieux encadrée, pour éviter les dérapages (revenus minimum pour emprunter, remboursement obligatoire d’une partie du capital, etc…)

    L’article cité date du NYT de 1999… ce qui veut dire qu’entre 2000 et 2008, le gouvernement républicain a laissé faire. Il n’y avait aucun signe de surchauffe du système ? Pourquoi avoir laissé ces entreprises pousser leur logique autodestructrice aussi longtemps ? Aujourd’hui, le gouvernement américain doit éponger une formidable ardoise. ”

    Effectivement, c’était une mesure noble: que tous aient accès à la propriété. Le problème est qu’économiquement, cette mesure était hautement irrationnelle. Les vidéos de FOX News attachés à son article mentionnent bien que des alertes et des tentatives ont été faites pour, au moins, créer un organisme chargé de surveiller les activités de Fannie Mae et Freddie Mac.

    Ces mesures de surveillance et de contrôle ont été combattues par d’éminents démocrates.

    Je sais que tu n’aimes pas David Gagnon d’Antagoniste mais, que tu sois ou non d’accord avec lui, il amène souvent des problématiques plus profondément traitées que ce que font les médias traditionnels et de nombreux blogues.

    Bravo aussi à toi, j’ai trouvé nombre de tes premiers articles sur La Plaine profondément examinés. N’ayons pas peur de complimenter ceux qui le méritent ! :)

    “Au fait, Mathieu, pourquoi ton blogue est supprimé ?”

    J’ai la piqûre des blogues et des sites d’informations.
    Je dévore des opinions, des articles et j’aime y participer.

    Malheureusement, ça prend du temps dans une vie.
    En supprimant mon blogue, je me suis déjà aidé pas mal à regagner un peu sur ma vie.
    Je crois que beaucoup d’autres partagent cette dépendance dès qu’ils sont le moindrement curieux ou dès qu’ils aiment le moindrement débattre.

    J’ai une vie universitaire et professionnelle à bien mener avant d’entretenir un blogue personnel. (Mais cette fin de semaine est intéressante: c’est celle du débat – en ondes présentement – des candidats à la présidence américaine. On en sort pas facilement!)

    Bonne fin de semaine !

  11. nicolasracine dit :

    “il amène souvent des problématiques plus profondément traitées que ce que font les médias traditionnels et de nombreux blogues.”

    Il choisit souvent de bons sujets, mais c’est le biais méthodologique qu’il introduit systématiquement qui me chicote. Il part d’une conclusion déjà connue pour évaluer les faits qu’il avance. Mais enfin, ça reste un blogue d’opinions. Il peut bien y dire n’importe quoi. Je n’y vais d’ailleurs presque plus.

    Continue de venir faire ton tour.

  12. Mickael Vendetta touche le fond | ClipClac dit :

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