Le Paternistan

1 octobre 2008

Je voulais faire un clin d’œil au pote Neil, qui vient d’apprendre, grâce au pipi de sa douce, qu’il allait avoir un héritier prochainement. Il s’apprête à faire un voyage. Où ?

Au Paternistan.

On ne le trouve sur aucune carte ni dans aucun guide touristique, parce que si on savait ce que c’est, personne ne voudrait y aller. Avant d’arriver dans ce pays un peu spécial, il faut effectuer un long voyage avec un bagage qui prend de l’ampleur au fil des mois et qui se met rapidement à bouger. L’atterrissage et la récupération du bagage sont pénibles, même si le personnel de l’aéroport est courtois.

Une fois là-bas, la grasse matinée est interdite. Les petites sorties entre amoureux doivent être soigneusement planifiées. Au Paternistan, les grands-parents sont vénérés s’ils sont disponibles.

L’ethnie minoritaire (mais très dominante) qui réside au Paternistan se réveille plusieurs fois chaque nuit. Pour boire, manger, faire pipi, se faire consoler. Elle exige aussi toute l’attention de l’ethnie majoritaire et pique de terribles colères si elle n’a pas rapidement ce qu’elle veut.

Dans ce pays (pas) si lointain, l’économie est précaire. Les achats pour accommoder l’ethnie minoritaire sont nombreux, entièrement assumés par l’ethnie majoritaire. Celle-ci se fend en quatre pour trouver les derniers gadgets à la mode, le super jouet qui fait des bruits bizarres et les meilleurs livres d’images.

Mais l’ethnie majoritaire est toujours émerveillée par les progrès de l’ethnie minoritaire. Le moindre borborygme, la petite démarche hésitante, le gribouillis incompréhensible ou la bêtise amusante sont perçus comme un signe manifeste de créativité et d’intelligence.

Dans ce drôle de pays, l’ethnie majoritaire est composée de gros nonos béats. L’ethnie minoritaire, elle, est composée de petits rusés.

Vous savez, je suis résident permanent du Paternistan. Et je m’y suis installé pour toujours…


Le terminus

1 octobre 2008

Je suis athée, je vous l’ai déjà dit. Ce qui veut dire que je fais partie du 5% des humains pour qui la mort est le terminus. Tout le monde descend.

Toutes les religions ont leur explication pour l’au-delà. Paradis, métempsycose, nirvana et leurs contreparties négatives. C’est d’ailleurs toujours ce qui fait le succès du phénomène religieux, depuis que l’homme est capable de réfléchir et d’avoir conscience de lui-même et de son environnement.

La mort, c’est la Terra Incognita. Le biologiste vous dira qu’avec la mort cervicale, l’humain cesse d’être. Sommes-nous un assemblage complexe de neurones qui, pour notre plus grand malheur, nous permettent d’avoir la conscience de notre propre trépas ? Ce serait sans compter sur la fortune de l’âme.

Souffle transcendant, l’âme est immortelle. Quelle aille au paradis ou navigue de corps en corps, elle serait la part divine en chacun de nous. Belle image. Pas pour un athée matérialiste pour qui, citant Sartre, l’existence précède l’essence.

Pour les incroyants, la mort est terrifiante. La vie, c’est notre seul bien. La conscience de l’inévitable est une malédiction. Il m’arrive d’envier les croyants et leur foi en un au-delà. Mais je suis imperméable au merveilleux.

Et vous, à quoi croyez-vous ? 


Il mérite un prix Darwin

1 octobre 2008

Vous connaissez les prix Darwin ? Il s’agit d’une récompense offerte à un individu ayant grandement contribué au patrimoine génétique humain… en mourant.

Pas sérieux pour deux sous, ces prix soulignent la bêtise humaine sous toutes ses formes. Dans le même genre, pour les amateurs de recherches loufoques, vous avez les IgNobel.

À prendre avec un grain de sel.

Mon gagnant préféré de cette année (traduit par mes soins).

Les ambulanciers ont répondu à un appel de détresse au sujet du voyage d’un voisin à travers une déchiqueteuse industrielle. Apparemment, l’individu avait décidé d’émonder ses propres arbres, plutôt que d’employer un professionnel. Pourquoi pas ? Après tout, le magasin local loue des déchiqueteuses qui peuvent facilement venir à bout des débris et des branches, même les plus grosses d’entre elles.

Pour sauver du temps (ah ! ces mots magiques), le voisin en question avait placé la déchiqueteuse à la base de son grand chêne, en espérant pouvoir y lancer les branches depuis le sommet. En effet, la plupart des branches mortes étaient situées près de la cime de l’arbre, ayant été frappées par la foudre.

Avec la déchiqueteuse en fonction et orientée vers le haut, le voisin a grimpé sur son échelle jusqu’aux premières branches, s’est éloigné de l’arbre, a glissé et est tombé. Les ambulanciers l’ont trouvé particulièrement mort, une moitié du corps dans la déchiqueteuse, l’autre moitié à l’extérieur, la jambe sectionnée jusqu’à la hanche.

Non marié, pas d’enfants, juste enlevé par ses soins du patrimoine génétique humain.

Connaissez-vous des candidats (potentiels) aux prix Darwin ? 


La politique du sexe

1 octobre 2008

L’increvable Julie Couillard s’apprête à publier son livre autobiographique, qui risque de plaire énormément aux voyeurs. On y apprend pêle-mêle le désir insatiable de séduction du beau Brummell beauceron, le mépris qu’il affichait envers son chef et ses électeurs et ses sympathies souverainistes ! Bien sûr, le principal intéressé nie tout en bloc (je m’excuse du mauvais jeu de mots).

Au-delà du caractère strictement anecdotique de l’ouvrage, on peut légitimement se poser la question de la place occupée par les femmes en politique. Comme le faisait remarquer une collaboratrice régulière et appréciée de ce blogue, les femmes sont souvent réduites au rôle de potiches de service. Elles sont sujettes à des attaques extrêmement violentes et souvent gratuites, parfois venant de leurs propres rangs. Hillary Clinton et maintenant Sarah Palin font l’objet de campagnes de dénigrement qui vont bien au-delà de leurs strictes compétences de politiciennes.   

La politique est-elle le refuge du mâle ? La dernière frontière de la résistance masculine ?

Denise Bombadier y va aussi de son opinion sur la question.

Loin de nous l’idée que la politique soit réservée aux seuls cyniques et arrivistes des deux sexes. Mais force est d’admettre que les femmes qui aspirent à gouverner ou gouvernent ne sont pas différentes de leurs confrères mâles. Et si ces qualités dites féminines avaient plutôt découlé du rôle qui leur était jadis attribué dans la société traditionnelle? La discrétion, la modestie, la délicatesse, la réserve, la douceur correspondaient à l’image de la mère et de l’épouse telle qu’on la souhaitait.

La femme moderne, décomplexée, affranchie, ambitieuse, parfois en quête de pouvoir, a fracassé cette image de la féminité. La non-différenciation des sexes dans l’espace public est devenue une réalité de l’époque. La féminité et la masculinité, bien malin celui qui peut les définir de nos jours.

La politique est-elle asexuée ? Nos politiciennes et politiciens ont-ils un genre ?