Nous venons d’entrer dans une nouvelle ère. L’adoption du plan Paulson par la Chambre des représentants est historique ! Jamais un État libéral n’a investi autant, aussi vite, dans sa propre économie.
Au total, 700 milliards de dollars seront injectés dans le système de crédit américain. Cet argent servira à racheter les nombreuses mauvaises créances accumulées par les géants de l’hypothèque et les banques. Celles-ci, débarrassées de leurs passifs, pourront reprendre leurs activités de crédit. Afin de faire passer la pilule, le nouveau texte du plan est assorti d’une panoplie impressionnante d’amendements et cadeaux fiscaux en tout genre. 150 milliards de dollars en tout, s’ajoutant à l’ensemble.
Concrètement, que se passe-t-il chez nos voisins du sud ?
Le crédit, c’est le nerf de la guerre du système capitaliste. Il permet aux particuliers comme aux entreprises et à l’État de planifier la croissance. L’emprunt, moyennant un taux d’intérêt variable, donne la possibilité d’acquérir un bien, un service, voire un investissement, sans disposer de tout le capital nécessaire. Or, les banques sont vides. Leurs passifs (dettes et mauvaises créances) excèdent de loin leurs actifs. Donc, elles ne peuvent plus prêter. Cette situation est relativement inédite dans l’histoire du capitalisme, du moins avec cette ampleur.
La situation est telle que même certains États américains commencent à éprouver des difficultés à payer leurs employés, puisque l’emprunt était nécessaire pour y parvenir. Les ménages des citoyens sont aussi touchés, puisque la crise du crédit affecte directement la consommation.
Le plan Paulson parviendra-t-il à sauver les meubles ?
For the fact is that the plan on offer is a stinker — and inexcusably so. The financial system has been under severe stress for more than a year, and there should have been carefully thought-out contingency plans ready to roll out in case the markets melted down. Obviously, there weren’t: the Paulson plan was clearly drawn up in haste and confusion. And Treasury officials have yet to offer any clear explanation of how the plan is supposed to work, probably because they themselves have no idea what they’re doing.
Despite this, as I said, I hope the plan passes, because otherwise we’ll probably see even worse panic in the markets. But at best, the plan will buy some time to seek a real solution to the crisis.
Par aveuglement idéologique, le gouvernement américain a laissé son économie foncer dans un cul-de-sac. La priorité accordée à la déréglementation du secteur financier, jumelée à des pressions politiques pour accorder des prêts a des insolvables ont créé les conditions d’une bulle immobilière sans précédent. Le repas a été servi, tout le monde a bien mangé, mais personne n’a payé la note. Le plan adopté aujourd’hui est le résultat d’une panique monumentale et non pas d’une planification raisonnable.
Les risques d’un tel plan sont faciles à imaginer : l’émission massive de bons du trésor pour financer le plan va entraîner une forte dévaluation du dollar, conjuguée avec une mainmise sans cesse plus grande de pays étrangers sur les Etats-Unis. Un accès plus restreint au crédit va provoquer un repli de l’économie américaine, avec en prime de l’inflation causée par la circulation d’une masse monétaire largement supérieure a sa valeur réelle.
L’ironie de toute cette sinistre affaire, c’est que ce soit le gouvernement le plus à droite économiquement de l’histoire moderne des Etats-Unis qui a du ébaucher à la hâte le plan le plus interventionniste jamais vu dans ce pays. George W. Bush passera à l’histoire comme le capitaliste ayant retourné sa veste le plus vite de tous les temps.
L’argent, quand il brûle, dégage quelle odeur ? Celle du souffre…
Publié par Hérétik 
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