Parti pris (1) La santé

5 octobre 2008

Je démarre une nouvelle série de billets qui vont porter sur les grands secteurs d’activités qui touchent les citoyens, mais qui sont habituellement peu remis en question par les partis politiques. À chaque fois, après un bref exposé de la situation, je proposerai trois solutions différentes, dont aucune n’est le statu quo ante. Je vais volontairement proposer des solutions qui brassent un peu les vénérables acquis de notre société. Cet exercice n’est intéressant que si vous acceptez d’y contribuer. Vous pouvez donc discuter des solutions suggérées ou encore proposer les vôtres.

La santé est le premier sujet. Il s’agit du poste budgétaire le plus coûteux de tout le secteur public. Dans le budget 2007-2008, l’État québécois lui consacre 23,8 milliards de dollars, soit 44% de son budget total, alors que ce pourcentage était de 30% au début des années 1980. Le niveau de service n’a pas connu d’amélioration notable, mais les coûts récurrents liés à la santé subissent une augmentation constante, un phénomène observable partout en occident.

Assurance santé progressive

Sur le modèle de l’assurance médicament, les patients doivent payer une franchise au moment d’utiliser les soins de santé. Une fois la franchise payée, les coûts supplémentaires sont établis en fonction du revenu. Une personne sur la sécurité du revenu ou un handicapé n’ont pas à assumer de frais supplémentaires. Les frais de santé sont ensuite déclarés sur le rapport d’impôts et peuvent servir de crédits d’impôts, en fonction du revenu déclaré.

Cette solution a l’avantage de responsabiliser les patients et d’utiliser un modèle déjà employé par le gouvernement. L’inconvénient principal concerne l’accès aux soins de santé pour les travailleurs à faible revenus. De plus, l’augmentation relative des coûts du système n’est pas maîtrisée.

Impartition de certains actes médicaux

L’État se dégage de la responsabilité de certains actes médicaux, qui ne sont plus assurés publiquement. Ainsi, les consultations en clinique externe et les actes chirurgicaux électifs (non urgents) ne sont plus couverts et les patients doivent avoir une assurance privée ou payer les actes médicaux. Un système public d’assurance santé pourrait venir en aide aux individus à faibles revenus. Des cliniques privées consacrées aux actes médicaux non couverts par l’État peuvent fonctionner parallèlement aux hôpitaux, qui eux seuls peuvent réaliser les actes complexes ou vitaux.

L’avantage principal de cette solution est de permettre au secteur public de concentrer ses efforts et ses moyens sur les secteurs les plus pointus de la médecine, s’assurant du même coup l’exclusivité des spécialistes. L’inconvénient principal concerne les non assurables parmi les patients (personnes âgées, travailleurs sans assurances collectives).

Réseaux parallèles

Le secteur privé détient le droit de fonder ses propres hôpitaux et cliniques, en-dehors du système public, et de procéder à tous les actes médicaux. Les catégories défavorisées de citoyens (personnes âgées, travailleurs non assurés, sécurité du revenu) ont accès à une assurance publique, jusqu’à un certain plafond. Ils peuvent employer cette assurance dans le réseau public ou privé. Le réseau public n’accepte les citoyens assurés par le secteur privé qu’en cas d’urgence.

Cette troisième solution correspond en fait à une privatisation presque complète du réseau de la santé. L’État n’assure que le service minimal. Les économies effectuées sont conséquentes, mais le service public de santé risque d’être qualité inférieure, pénalisant les citoyens les plus vulnérables. 


L’amalgame de l’ignorance

5 octobre 2008

J’ai lu le néologisme « islamo-fascisme » pour la première fois sur le site de l’Autre, il y a de cela quelques semaines. J’avoue être resté surpris devant cet amalgame. Que peuvent bien avoir en commun l’islamisme radical moyen-oriental du XXIe siècle et le fascisme européen du début du XXe siècle ? À première vue, pas grand-chose. À part le recours systématique à la force et le rejet du parlementarisme (communs à presque tous les groupuscules radicaux), l’islamisme et le fascisme ont des différences fondamentales qui disqualifient leur rapprochement.

Le fascisme européen n’est pas religieux, puisqu’il s’appuie sur sa propre liturgie. Les églises sont perçues comme des adversaires dans l’édification d’un Parti-État centralisé, qui n’admet pas d’opposition. L’islamisme, au contraire, se définit par la religion – l’islam – dans une version épurée et radicale. L’objectif des islamistes n’est pas tant la création d’un État que l’avènement de la Charia et le retour des fidèles aux principes de base de leur vision de l’islam. Les antagonismes entre ces courants radicaux sont nombreux et résistent à toute volonté d’association.

L’amalgame entre les deux termes a donc pour objectif de discréditer davantage l’islamisme, en le fusionnant avec un terme lourdement chargé et familier pour les Occidentaux. C’est la seule explication. Il y a même des précédents.

Tous les courants radicaux développent des associations de ce genre, qui visent à discréditer leurs ennemis, réels ou imaginaires. Les nationaux-socialistes ont ainsi forgé le terme de judéo-bolchevique. Staline est aussi passé maître dans l’art de créer des néologismes visant à confondre en un tout plusieurs de ses ennemis, en fonction de ses besoins ponctuels en politique étrangère. Ainsi, il y a eu des hitléro-trotskystes ou des germano-titistes.

Pourquoi utiliser un tel procédé, grossier et réducteur ?   

Par commodité, essentiellement. Ce genre de néologisme a surtout une portée publicitaire. Il vise à frapper les esprits. La réalité, elle, est beaucoup plus complexe. L’islamisme se divise en de nombreuses branches, souvent sans rapport entre elles. Certains groupes internationalistes sunnites, telles que les ramifications d’Al-Qaeda, n’ont aucun point commun avec des organisations chiites comme le Hezbollah, qui défend une position beaucoup plus locale.

L’islamisme radical et sa haine des valeurs occidentales sont des sujets hautement préoccupants et doivent faire l’objet de mesures de contention, sans pour autant se résoudre à employer la force comme première option. Ramener l’analyse de ce phénomène à quelques poncifs réducteurs, c’est en fait exposer sa propre ignorance, voire son mépris pour des individus considérés des ennemis irréductibles. Bref, c’est faire comme eux…


Ça va faire mal !

5 octobre 2008

Vous connaissez déjà mon goût immodéré pour la musique barbare. Et bien, j’en rajoute une couche prochainement en allant voir le concert d’Amon Amarth. Il s’agit d’un groupe de Viking Metal (en fait, du Death avec des passages épiques et une thématique viking). Ça risque de cogner sévère… le genre de spectacle qui enfoncent les tympans et qui donnent de solides maux de cou le lendemain.

Plus jeune, je pouvais passer tout un spectacle dans le mosh pit. Désormais, je ne peux m’y rendre qu’occasionnellement. Un mosh violent est un risque permanent. J’ai dans mon répertoire une incisive cassée, d’innombrables bleus et des douleurs récurrentes au dos. Un mosh de 50 personnes fait un peu penser à une mêlée guerrière, les armes en moins. Quelqu’un qui assiste à un concert métal pour la première fois est toujours ébahie devant l’extrême violence qui se dégage d’un mosh. Malgré tout, les blessures sérieuses sont plutôt rares et il y règne un esprit de camaraderie : si quelqu’un tombe, plusieurs s’offrent pour le relever.

Je vous propose le dernier vidéoclip d’Amon Amarth, Twilight of the Thunder God, issu de l’album du même nom, qui va paraître au courant du mois d’octobre. Une véritable bombe. À se procurer sans faute !