La nieve roja

8 octobre 2008

Dans l’indifférence quasi générale, un pays de l’ALÉNA est virtuellement en guerre sur son propre territoire. Je ne parle pas de la campagne électorale américaine, mais bien de la guerre civile qui oppose le gouvernement mexicain aux puissants cartels de drogues qui rongent l’économie nationale par la corruption généralisée des forces de l’ordre et de l’administration. Dans la première semaine d’octobre seulement, 70 personnes sont mortes à Tijuana.

Gun battles between federal forces and drug-cartel members carrying rocket-propelled-grenade launchers have taken place over the past two weeks in border towns like Río Bravo and Tijuana, with deadly results.

Yet what is happening is less a war than a sustained federal intervention in states where for decades corrupt municipal police officers and drug gangs have worked together in relative peace, officials say. The federal forces are not only hunting cartel leaders, but also going after their crews of gunslingers, like Gulf Cartel guards known as the Zetas, who terrorize the towns they control.

Le plus incroyable dans toute cette histoire, c’est que les policiers envoyés dans les régions frontalières du Rio Grande et de la Basse-Californie ont eux-mêmes été surpris à exiger des pots-de-vin des touristes et des résidents. En plus de la police, l’armée fédérale a été déployée dans de nombreuses localités frontalières, avec un certain succès. Mais aussi avec son lot d’histoires d’horreurs.

But in nearly every state where the army has deployed, residents have accused soldiers of grave human rights violations that now number in the hundreds. Here in the western state of Michoacan, Calderón’s home state, more than 100 such violations have been alleged, including the fatal shooting Jan. 12 of a 17-year-old boy at a checkpoint.

La violence dans ce conflit ouvert défie l’imagination. Cadavres décapités laissés dans la rue ; pendaisons dans des lieux publics ; tortures abjectes effectuées tant du côté des trafiquants que des policiers ; vengeance aveugles sur la population civile suspectée d’appartenir à un camp ou à l’autre ; destruction de cadavres dans l’acide ; etc.

In one of the nastiest mass executions in the city, hitmen dumped 16 bodies across Tijuana, some with their tongues cut out, late last month. Days later, police found a barrel suspected of containing human remains in acid with a message from a gang threatening to make more “soup” of rivals.

Au cours de la seule année 2008, la guerre aux narcotrafiquants a causé plus de 2 700 victimes, le plus souvent tuées par balles.

In Mexico City, cartel gunmen assassinated the nation’s police commander in the grounds of his home. In the state of Chihuahua, drug gangs have, in the past fortnight, put up hit lists and wanted posters with names and photographs of police commanders, and offers of reward money for their deaths. In the border city of Juarez, the list was posted on a police memorial statue. No one dared take it down, and so far 17 names have been crossed off it – dead.

Cette guerre à la drogue coûte également une fortune au pays, tant en dépenses militaires qu’en coûts sociaux. Jusqu’à 8% du PIB mexicain est consacré directement aux mesures de luttes.

Et dire que nous, pendant ce temps, on se prend la tête pour une élection fédérale…


L’honneur perdu de John McCain

8 octobre 2008

Pour un politicien qui misait sur sa propre intégrité et son patriotisme, John McCain a aujourd’hui perdu son honneur. Sa campagne électorale, qu’il promettait propre et directe, à l’image des primaires de 2000, est devenue un cloaque. Battu alors par George W. Bush grâce aux tactiques de Karl Rove, McCain est devenu un fidèle disciple de ces tactiques peu glorieuses.

Certainly, at some level, John McCain must be disgusted with himself for using the tactics perfected by the same crowd that used these tactics to derail him in 2000. He’s now curmudgeonly, even hostile, toward the press — the group he used to spend hours with every day and jokingly describe as his base.

He unleashed Sarah Palin to slime their opponent and suggested that the Democrat with the foreign-sounding name who came from the Harvard Yard boutique is not on the American side.

Les temps sont durs pour l’équipe républicaine. Les sondages montrent que l’écart se creuse entre McCain et Obama, en faveur de ce dernier. Les tactiques désespérées refont alors surface. Comme celle de désigner Barack Obama en utilisant l’expression « that one », plutôt que « him » pendant le second débat télévisé. Une bourde lourde de sens.

When John McCain pointed to Barack Obama and said “That one” during the debate – pointing to his opponent as one who had voted for an energy bill loaded with goodies for the oil companies – I emailed a friend and said, “Tell me he didn’t say, ‘That one’.”

The exact quote: “You know who voted for it? You might never know. That one. You know who voted against it? Me.”

McCain supporters have tried to explain what he meant, but there’s a reason it was so stunning in the moment. I don’t think it was racist, as some have argued. But it was objectifying. “That one” isn’t the same as “that man.” One is an object; the other is a person. A human being. ‘That one’ has a dehumanizing effect and one is right to recoil.

L’équipe éditoriale du New York Times y va d’ailleurs de mots très durs à l’endroit du tandem républicain.

We certainly expected better from Mr. McCain, who once showed withering contempt for win-at-any-cost politics. He was driven out of the 2000 Republican primaries by this sort of smear, orchestrated by some of the same people who are now running his campaign.

And the tactic of guilt by association is perplexing, since Mr. McCain has his own list of political associates he would rather forget. We were disappointed to see the Obama campaign air an ad (held for just this occasion) reminding voters of Mr. McCain’s involvement in the Keating Five savings-and-loan debacle, for which he was reprimanded by the Senate. That episode at least bears on Mr. McCain’s claims to be the morally pure candidate and his argument that he alone is capable of doing away with greed, fraud and abuse.

In a way, we should not be surprised that Mr. McCain has stooped so low, since the debate showed once again that he has little else to talk about. He long ago abandoned his signature issues of immigration reform and global warming; his talk of “victory” in Iraq has little to offer a war-weary nation; and his Reagan-inspired ideology of starving government and shredding regulation lies in tatters on Wall Street.

But surely, Mr. McCain and his team can come up with a better answer to that problem than inciting more division, anger and hatred.

Cet homme vit son crépuscule politique. Encore quelques semaines, et la lumière va peut-être émerger à nouveau au sud de la frontière.


Avis de recherche

8 octobre 2008

Je lance cet avis de recherche. Les individus ont disparu sans laisser d’adresse dès le 4 septembre 2008. À part quelques affiches peu esthétiques les représentant, il est impossible de les trouver dans la région de Québec. Si vous les voyez, prière de contacter l’urgence psychiatrique de l’hôpital Robert-Giffard au 555-2008.


Le verre à moitié plein

8 octobre 2008

Certains perçoivent des bons côtés à la crise qui secoue en ce moment les marchés mondiaux et risquent de plonger l’économie mondiale en récession. Puisque je suis un éternel optimiste (sic), je tenais à vous en faire part.

La baisse du prix de l’essence

Le baril de brut a baissé récemment. Il chiffrait à 89$ l’unité aujourd’hui, alors qu’il avait fracassé les 100$ à plusieurs reprises au cours des derniers mois. Cette situation se reflète à la pompe, puisque le litre se détaillait à 1,20$ dans la région de Québec, en baisse de 10¢ par rapport à la semaine dernière. La spéculation sur le pétrole est nettement moins intense en raison de la rareté du crédit. Cette situation ramène donc le prix du brut à une valeur plus rapprochée de son prix réel.

La baisse des coûts des matières premières

Pour les même raisons que le pétrole, les matières premières connaissent une diminution de valeur. C’est une mauvaise nouvelle pour les secteurs miniers et forestiers, mais une excellente nouvelle pour les manufacturiers. La menace de l’inflation étant écartée, les commodités sont abordables. Sauf que les carnets de commandes du secteur manufacturier, eux, sont minces.

La fin des Cow-boys de Wall Street

La bulle immobilière s’est hypertrophiée en bonne partie en raison du laxisme de la réglementation. Des agents sans scrupule se sont engouffrés dans la brèche et en ont profité pour la faire exploser.

Banques, fonds communs, même les fonds de couverture (hedge funds) vont devoir être plus transparents. Ils sont passés d’actifs de 200 à 3000 milliards sans aucun encadrement, il faut le faire!

La seule bonne nouvelle, c’est que désormais, ce genre de bandits en cravates va être surveillé plus étroitement.

Le retour de l’épargne

C’est Philippe qui va être content. Qui dit récession, dit prudence. Les taux d’intérêts devraient remonter, pour favoriser les placements à plus long termes. Le commun des mortels qui a de l’argent à placer se tournera donc vraisemblablement vers des placements sûrs. La difficulté d’avoir accès au crédit encouragera donc l’accumulation de capital plutôt que son emprunt.

Solidification de certaines actions

Les entreprises bien gérées qui ont su éviter les risques deviendront des valeurs refuges pour les investisseurs. L’écroulement de certains titres les rend disponibles pour les plus petits portefeuilles, qui pourront en acheter, en attendant leur éventuelle remontée. Si certains fonds de placement ont des liquidités, ils peuvent se constituer un portefeuille extrêmement bien garni.

Bien entendu, ce genre d’avantages concerne d’abord ceux que la crise n’affectera pas. Presque trois millions de foyers américains sont à risques de perdre leur maison. Des millions d’autres perdront leurs emplois et verront leur situation personnelle se dégrader. Aucun d’entre eux n’aura de parachutes dorés.

J’imagine qu’à la fin, ce sont toujours les même qui perdent.