13 octobre 2008

Demain, au moins 30% d’entre nous n’irons pas voter. C’est un phénomène tellement courant que plus personne ne s’en offusque. L’abstentionnisme se divise, selon moi, en trois familles distinctes.
La première famille est composée par les ignorants. Ceux qui en font partie ne savent même pas qu’il y a des élections en cours. Le carton d’identification de leur pôle de vote est parti au recyclage avec le publi-sac (au moins, ils recyclent). Les enjeux lui échappent totalement et il apprendra le lendemain du vote qu’un nouveau gouvernement a été élu.
La deuxième famille est constituée par les indifférents. Ils ont conscience qu’une élection approche, mais ne jugent pas l’événement suffisamment digne d’intérêt pour se déplacer le jour du vote. Ils sont relativement bien informés et forment le groupe le plus nombreux d’abstentionnistes. Habituellement, les pires spécimens de « chiâleux » et de « jos connaissant » viennent des rangs de cette famille.
La troisième famille renferme les politisés, divisés en deux branches antagonistes : les cyniques et les idéalistes. Le cynique a une connaissance aiguë des mécanismes électoraux et des enjeux. Il éprouve un profond mépris pour ce simulacre de démocratie. Il fait sienne la maxime qui dit que si une élection changeait quelque chose, ce serait sûrement interdit. Les idéalistes, quant à eux, rejettent les élections comme une usurpation de la véritable démocratie, qu’elle soit élitiste ou directe. « Élections, pièges à cons », scandait les étudiants de mai 1968. Simple reproduction de l’ordre répressif bourgeois ou alors manifestation vulgaire et démagogique, les élections sont dénoncées avec force par ces minoritaires tonitruants.
Existe-t-il des solutions à l’abstentionnisme ? Rendre le vote obligatoire, sous peine de sanction financière. Plusieurs États européens l’ont déjà adopté. Dans un tel système, le vote blanc ou de contestation est permis, mais se trouve a être comptabilisé dans les résultats du parti majoritaire. Un pensez-y bien pour quiconque s’imagine que leur abstention est un geste de défi au pouvoir.
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Le big bazaar fédéral 2008 |
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Publié par Hérétik
13 octobre 2008

Je ne voulais plus m’adonner au catholic bashing. Depuis l’affaire de la médaille de l’ordre du Canada remise par leur prêcheur en chef, je m’étais promis de ne plus m’attarder à ce fossile religieux et à ses superstitions d’un autre âge. Mais, invariablement, les primats de cette église morte-vivante réussissent à me mettre en colère.
Le primat de l’église catholique canadienne signale que le vrai problème du Québec est un vide spirituel créé par une rupture religieuse et culturelle. A son avis, cela explique le désarroi des jeunes, la chute vertigineuse des mariages, le faible taux de natalité et le nombre élevé d’avortements et de suicides. Tous ces problèmes profonds, ajoute-t-il, entraînent des coûts considérables pour le système de santé.
Il s’en prend aussi au nouveau cours obligatoire d’éthique et de culture religieuse. Il doute que cette formation permettra l’harmonie entre les groupes religieux.
Le cardinal Ouellet écorche aussi les médias du Québec qu’il accuse de propager le discours des opposants au catholicisme, ce qui favorise une culture du mépris face à l’héritage religieux.
Enfin, il estime que le Québec est mûr pour une nouvelle évangélisation en profondeur.
Quelqu’un devrait lui rappeler que nous sommes en 2008. De toute évidence, il se croit en 1920. Ce n’est même plus du conservatisme, c’est de la réaction. Psychologiquement, on appelle ce phénomène du déni : déni de la situation actuelle de l’église catholique au Québec, alors que ses églises désertées sont utilisées pour faire des condos ; déni de responsabilité, pour avoir caché pendant des années une horde de prêtres et curés pédophiles qui sévissaient en toute impunité.
Une évangélisation en profondeur ? Je trouve l’expression adaptée. Cette église cherche à nouveau à violer nos esprits.
L’église accepte le progrès partout où elle ne peut plus l’empêcher.
Helge Krog (1889-1962)
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Varge dans le tas |
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Publié par Hérétik
13 octobre 2008

Un de mes commentateurs préféré vient de recevoir la plus haute distinction de son domaine. Paul Krugman a reçu hier le prix Nobel d’économie. Il a reçu ce prix pour sa contribution à l’étude des mécanismes des échanges commerciaux dans une économie mondialisée.
Dans sa plus récente chronique, il explique l’origine de la crise actuelle, et explore les solutions possibles.
What is the nature of the crisis? The details can be insanely complex, but the basics are fairly simple. The bursting of the housing bubble has led to large losses for anyone who bought assets backed by mortgage payments; these losses have left many financial institutions with too much debt and too little capital to provide the credit the economy needs; troubled financial institutions have tried to meet their debts and increase their capital by selling assets, but this has driven asset prices down, reducing their capital even further.
Un auteur à découvrir absolument.
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Publié par Hérétik