Stéphane Dion s’est muré dans le silence. On peut comprendre pourquoi. C’est la fin de son rêve. C’était prévisible, personne a par lui ne croyait qu’il pouvait arracher le pouvoir à Stephen Harper.
Le chef libéral vient de voir sa plus grande illusion s’évanouir.
La fin d’une illusion fait toujours mal. On vit d’abord une sorte de stupeur, puis de la colère avant de se finalement résigner. Quiconque a fait de la politique active a connu cette sensation. Parfois même à plusieurs reprises.
Collectivement aussi, nous pouvons perdre nos illusions lorsqu’elles s’incarnent dans un mouvement ou un homme politique. Ainsi, la mort de John F. Kennedy a été vécue par de nombreux Américains comme la fin d’un monde, celui de la fin de l’espoir suscité par un Président aussi exceptionnel. Plus près de nous, la défaite référendaire de 1995 a causé un véritable traumatisme chez les jeunes de ma génération, pour qui il s’agissait d’un premier combat politique.
Parfois, un individu peut s’enfermer dans son illusion et nier la réalité. Refuser d’admettre son échec est courant chez les plus radicaux. Toutefois, la réaction la plus classique à la fin d’une illusion est l’avènement du cynisme.
Quand un de nos rêves se brise sur l’écueil de la réalité, on peut développer une forte amertume envers ceux qu’on juge responsable de notre échec. Le mépris et le dédain sont les ferments du cynisme politique. On porte alors un jugement critique impitoyable envers ceux en qui nous n’avons désormais plus confiance. L’homme politique est perçu au mieux comme un menteur, au pire comme un voleur.
On ne peut pas exiger d’un politicien qu’il soit parfait. Il est humain, avec ses qualités, ses défauts et ses erreurs. Mais à force de briser systématiquement les illusions de ceux qu’ils gouvernent, en ne remplissant par leurs promesses, en employant des tactiques négatives, en justifiant les moyens par les fins, les hommes et les femmes politiques ont fini par discréditer leur profession. Ils devraient être les meilleurs d’entre nous. Ils se contentent d’être les pires.
C’est comme ça qu’on finit par obtenir plus de 40% d’abstentions.
C’est comme ça qu’on discrédite la démocratie.
Publié par Hérétik
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Publié par Hérétik 
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