Apparemment, le nabot roi Sarkozy 1er n’aime pas les souverainistes. Sa déclaration à Québec, en marge du Sommet de la Francophonie, est en effet un modèle de clarté en la matière.
«J’ai toujours été un ami du Canada. Parce que le Canada a toujours été un allié de la France, qu’il est membre du G8. Et franchement, s’il y a quelqu’un qui vient me dire que le monde a besoin aujourd’hui d’une division supplémentaire, c’est qu’on n’a pas la même lecture du monde», a-t-il affirmé à la clôture du sommet Canada-Union européenne, la première activité de sa visite à Québec.
Bien entendu, les fédéralistes triomphent devant cette prise de position française.
La ministre québécoise des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, croit même que le fait qu’un président français se prononce en faveur de l’unité canadienne assène un coup fatal au mouvement souverainiste. «Je pense que les discours des souverainistes sont dépassés. Il faut regarder l’avenir autrement», a-t-elle lancé.
Pouvait-on vraiment espérer une prise de position différente de la part du Président français ? 41 ans après le célèbre discours du général De Gaulle, la mère-patrie a choisi son camp.
Est-ce le coup de grâce à l’idéal indépendantiste ? Après la mise au rancart de l’option par le Parti Québécois, voici que son principal appui international lui tourne le dos. Ça prendrait presque un miracle pour que nous parvenions à l’indépendance. Et je n’ai jamais cru aux miracles.
Et vous, avez-vous la foi ?

19 octobre 2008 à 11:09
À propos de Sarkosy, je dirais que les Français ont élu un mauvais président américain… Et si on parlait de sa fameuse déclaration à propos du “capitalisme à visage humain”, j,ai beau chercher des commentaires là-dessus sur Tatagoniste, mais je n’y trouve rien!
19 octobre 2008 à 11:19
Bon point Dun… Sarko est l’incarnation du politicien dont je parlais dans mon billet précédent. N’importe quoi, du moment que ça rapporte politiquement. Je cite le Monde de ce matin:
19 octobre 2008 à 11:27
Assez surprenant d’entendre cela de la part de ce président de droite… Qu’auront-ils à nous offrir ces braves gens, un New New Deal…
19 octobre 2008 à 11:36
On va le faire à l’Américaine : New Deal 2. The Return ! This Time, Its 700 billion, And Its Personal !
19 octobre 2008 à 11:59
Comme tout chef d’État, il se sert de la politique étrangère pour tenter de renforcer sa popularité chez lui. Ici, il veut faire montre de son leardership tout en sautant sur l’occasion pour se montrer moins à droite qu’on le dit habituellement de lui. Comme dit Nicolas, c’est un peu n’importe quoi son discours à l’Assemblée nationale. Fallait bien qu’il dise quelque chose puisqu’il ne pouvait résister à l’envie de se faire applaudir par ses cousins d’Amérique! Il est quand même habile le bougre!
Ceci étant dit, Nicolas, tu crois vraiment que ceux qui croient en la Souveraineté vont laisser tomber leur rêve juste parce qu’un Président français, ami de Desmarais, laisse planer le doute sur sa pertinence?
Si ça se trouve, Sarkozy ne sera plus là lors du prochain rendez-vous national.
19 octobre 2008 à 12:00
la mère patrie ou le pote de Desmarais?
19 octobre 2008 à 12:09
Disons simplement que la conjoncture est plutôt défavorable… le principal parti qui devrait faire la promotion de souveraineté l’a mise à l’écart et le plus haut représentant de l’allié naturel y va d’une déclaration fédéraliste.
Les temps sont durs pour les indépendantistes…
19 octobre 2008 à 12:36
On connait tes doutes à toi, Nicolas, mais tu fais de la projection.
Personne ne s’attendait qu’à l’invitation de Jean Charest et après avoir fait copain copain avec Stephen Harper que Sarkozy fasse comme De Gaulle!
D’ailleurs De Gaulle n’avait même pas prévu clamer ce qu’il a clamé, il s’est seulement laissé gagner par l’émotion lors de sa procession entre Québec et Montréal. À voir comment Sarkozy avait l’air de nous aimer et bien nous connaître après seulement quelques heures à Québec, peut-être aurait-il fallu qu’on le flatte encore plus et plus longtemps dans le sens du poil pour qu’il aille plus loin dans sa déclaration d’amour envers “ses frères” les Québécois.
19 octobre 2008 à 12:59
Je ne m’attends à rien de cet homme. La majorité des Français non plus d’ailleurs. Sarko 1er représente un horizon politique assez éloigné du mien. Le problème, c’est que le Québec indépendant va devoir compter sur des soutiens internationaux crédibles pour être reconnu.
Cuba et la République Dominicaine, ça ne compte pas
19 octobre 2008 à 13:06
Oui, mais tu conviens que la souveraineté, si elle se fait, ne se fera pas demain matin, hein? Alors Sarko, on s’en…
19 octobre 2008 à 13:22
Petite question, en passant, Nicolas: l’as-tu écouté ce discours? Au complet, pas résumé par La Presse.
19 octobre 2008 à 13:35
Oui. Je l’ai trouvé ennuyeux. Je l’ai vu en intégral à RDI. Difficile de voir ce que les Français peuvent bien lui trouver.
19 octobre 2008 à 13:48
Les discours de Sarko ont un peu changé depuis l’époque où il est devenu présidentiable (puis présidentié). Pour comprendre, faut écouter pendant des années les discours de Mitterand, puis Chirac, sans oublier Le Pen, et ensuite les discours de Sarko-pas-encore-présidentiable; ensuite, faut se mettre en tête que Sarko a surfé sur sa popularité d’antan et le fait que la moitié de la France ne pouvait encadrer Ségo.
19 octobre 2008 à 14:22
Moi aussi je l’ai écouté, ainsi que la conférence de presse qui l’a précédée.
Je ne l’ai pas trouvé ennuyant devant l’Assemblée Nationale, je le trouvais bien. Divertissant, si je puis dire. Mais pour le fond… C’était diplomatique. Il devait dire -n’avait pas le choix de dire- que la France aime le Québec. Et il ne voulait pas heurter le Canada.
Alors, de là à proclamer une victoire des fédéralistes et la “fin du rêve séparatiste”, c’est un peu fort: dans son discours officiel, Sarkozy n’a jamais clairement exprimé qu’il s’opposerait à la souveraineté du Québec, il ne voulait tout simplement pas en parler! C’est dans l’ordre des choses de ne pas s’ingérer dans les affaires internes d’un pays! Je ne suis pas sûr, à la lumière de ce seul discours, que la politique de la France envers le Québec aie bien changé. Le flou artistique autour de la question a simplement changé de vocabulaire.
C’est en conférence de presse que Sarkozy s’est dit plus clairement contre les divisions en ce moment de crise financière internationale, alors qu’il s’apprêtait à rencontrer Bush en arborant son tout nouveau chapeau de Président de l’Union européenne! Il venait de discourir sur l’importance de réformer le capitalisme, rien de moins! Pour faire cela, c’est sûr qu’il a du pain sur la planche pour réunir tout le monde!
Autrement dit, il s’en bât les couilles de notre question nationale. Et c’est normal, car la plupart ici aussi s’en battent les couilles. Mais si le Québec votait affirmativement à un référendum sur la souveraineté, ce serait tout autre chose, j’en suis convaincu!
On pourrait aussi bien revirer à l’envers l’interprétation qu’en font les fédéralistes et les nationalistes déçus et dire que pour un ami de Desmarais invité par le chef du Camp du NON de 1998, le Sarkozy a été plutôt tiède dans son appui à la fédération canadienne.
Moi, j’ai retenu qu’il nous félicitait pour notre dynamisme, notre résilience et notre refus du repli sur soi. Les fédéralistes peuvent bien interpréter cela comme une condamnation du projet souverainiste, mais pour moi et la plupart des souverainistes de notre temps, l’accession du Québec à sa souveraineté n’a JAMAIS été une projet visant à se replier sur soi, mais celui de s’ouvrir sur le monde, animé par un désir d’y participer plus activement. La projet politique du replis sur soi, je l’associerais plutôt aux autonomistes de Dumont, oui! Voilà!
19 octobre 2008 à 14:29
Ah ben tiens!
La «ni-ni» est intacte, dit Charest
19 octobre 2008 à 14:52
À Toronto, la déclaration de Sarcoco a fait la une de tous les journaux, on la comparait à celle de De Gaulle à l’époque…
Pour le Canada anglais, il s’agit d’une déclaration de la plus grande importance…
PS: Malgré tout, je me fais servir en français quelques fois sans même le demander (encore hier par un vendeur de vêtements qui insistait pour me parler français) ! J’en suis assez surpris…
19 octobre 2008 à 14:53
J’admire ta foi en l’idée, Martin. C’est au temps difficile comme ceux que nous vivons que les vrais croyants acceptent de porter la croix (je sais, le langage religieux est peu approprié, mais vous avez tous compris)
Je suis devenu sceptique face à l’idée pour des raisons très personnelles. J’ai milité et travaillé tellement fort au référendum de 1995 (j’avais 18 ans) que cette défaite m’a anéanti.
Plusieurs de mes amis sont devenus des purs et durs ensuite. De vrais radicaux. Moi, j’ai plutôt pris mes distances…
19 octobre 2008 à 14:56
Quand tout le monde y voit ce qu’il veut bien voir…
J’imagine que ça veut dire que Sarko a été bon diplomate!
19 octobre 2008 à 15:02
@Nicolas
Ça paraît! Quand même une personne raisonnable comme toi se laisse aller à, excuse moi, une si grossière conclusion sur la mort du projet souverainiste… Ça ressemble à un réflexe anti-pékisses.
Je vais mettre cela sur le compte de l’air malsain que tu respires à Québec. ;;)
P.S.: 1995, c’est vrai. Je me saurions gourré plus haut.
19 octobre 2008 à 16:00
Disons seulement que je suis devenu plus neutre sur la question. Je réfléchi à ce pays que j’ai tellement souhaité et je me prends à rêver. Les circonstances sont contre nous, mais qui sait ?
Mais c’est vrai que le PQ, pour moi, est devenu un dinosaure. Je crois qu’il nuit plus à la cause qu’autre chose.
19 octobre 2008 à 16:11
T’inquiètes, moi aussi le PQ me pose problème, et ce depuis longtemps. Depuis 1994, je pourrais dire, lorsque j’ai commencé à voter ADQ.
Mais ton interprétation ne me semblait pas neutre. Même Charest vient de dire que la politique de non-ingérence de la France n’aurait pas changé! Je le trouve responsable, tel un vrai chef de l’État du Québec, que de le préciser.
Je pense qu’à Québec, on saute pas mal trop vite sur TOUTES les occasions pour basher sans discernement péquistes et projet souverainiste. Le projet souverainiste est, oui, dans le trouble, mais pas à cause de ses fondements. C’est plutôt un gros problème d’image et de communication, particulièrement dans la région de la Capitale… Nationale!
19 octobre 2008 à 17:01
Plus haut, Nicolas a résumé la situation: “Disons simplement que la conjoncture est plutôt défavorable… ”
Une conjoncture, ça va, ça vient.
En ce moment, la mode est plutôt à l’autonomie. Pour moi, ça ne peut déboucher que sur un échec, pour plusieurs raisons:
1. L’autonomie “à la catalane” pour reprendre le modèle préféré des autonomistes (qui ne connaissent de toute façon, dans leur immense majorité, rien à la Catalogne), ne peut fonctionner que s’il est inséré dans la constitution. Et on sait ce que ça donne les réformes constitutionnelles au Canada.
Par conséquent, l’autonomie québécoise ne peut être qu’une affaire d’attitude, vouée à se casser la gueule par manque de structures pour la soutenir.
2. Les autonomistes aiment vanter la “stabilité” offerte par le modèle catalan, en disant que l’absence d’incertitude sur l’avenir du pays est bénéfique à divers niveaux, notamment économique. Quand j’entends ça, je ris sous cape: de l’autre côté de l’Atlantique, les Catalans sont juste pu capable d’entendre parler de la renégociation de leur statut à toutes les élections, et ils rêvent à la “stabilité” québécoise… un p’tit référendum aux quinze ans, quel rêve!
3. La grande faiblesse du système d’autonomie est qu’une province/région autonome qui l’est par esprit national, comme l’est la Catalogne et a fortiori le Québec est voué à terme à dépasser le niveau d’autonomie maximal prévue par la constitution. Les Catalans ont atteint ce niveau il y a quelques années, et ne sont toujours pas satisfaits; ils en sont réduits à proposer de nouveaux statuts d’autonomie inconstitutionnels. Bref, le système est en crise de croissance. Je ne doute pas qu’il risque de se produire un phénomène semblable au Québec.
Quand la mode autonomiste sera passée, soit par lassitude, soit par désillusion, le réflexe attendu des Québécois est de retourner vers l’idée d’indépendance. Aura-t-elle lieu alors? peut-être pas mais… peut-être. Faut voir si en attendant ce retour de conjoncture favorable, les structures auront évoluées. Et faut voir aussi si on voudra bien saisir l’occasion.
19 octobre 2008 à 17:20
Il y a aussi le facteur démographique. La génération qui a porté le premier mouvement indépendantiste et organisé le référendum de 1980 a désormais atteint la retraite. L’esprit d’aventure qui caractérisait les années 1960 et 1970 est remplacé par une philosophie bien plus pragmatique et rationnelle. Moins idéaliste, en somme.
L’effort de 1995 était encore l’oeuvre de ces pionniers de la question nationale, qui bénéficiaient alors d’un formidable mouvement de masse pour l’option. Or, ils ont essuyé un nouvel échec. Maintenant, les leaders souverainistes sont à l’image de leur idéal : peu en phase avec leur époque.
Est-ce que les orphelins de 1995 voudront reprendre le flambeau ? La montée de la droite dans des économies occidentales vieillissantes est-elle le signe que les idéologies communautaires et socialisantes sont mises en veilleuses ? Je ne fais pas partie de ceux qui croient que ce qui arrive politiquement en Occident est seulement un accident. C’est le fruit du déplacement de la pyramide d’âge vers le haut. La nouveauté et l’aventure sont pour les jeunes. Or, nous sommes presque minoritaires.
Je même donné un nom à ce régime à tête blanche : la gérontocratie.
19 octobre 2008 à 20:32
Oui, mais la génération des babyboomers va devenir elle aussi conservatrice et ne plus changer d’idée. En fait, c’est déjà le cas! Leur allégeance au PQ est très très stable. Ils n’ont même pas eu le temps de remettre en question leur social-démocratie, leurs idéaux soixante-huitards et leurs préjugés envers ce qu’ils appellent encore la droite avec dédain (même si ce n’est pas vraiment de la droite) que la présente crise financière internationale leur donne maintenant raison et les conforte dans leurs certitudes. Et s’ils ont cru 40 ans en la souveraineté, je vois pas pourquoi ils changeraient d’idée en masse!
Autrement dit, à moins qu’on leur fasse très très peur avec leur pension et le coût des soins de santé, il sera relativement facile de ranimer chez eux leur rêve de jeunesse. Le problème c’est que leurs idéaux socio-démocrates et leurs réflexes font fuir ceux qui ne bénéficient pas des grâces de l’État-Providence! Le projet indépendantiste doit dépasser le PQ ou le PQ doit changer en tabarn… En fait, selon moi, faudrait qu’un nouveau parti réussisse à réunir les autonomistes “de droite” de l’ADQ et les “pékisses de gauche”, un parti qu’on pourrait qualifier de social-libéral (je vais écrire un billet là-dessus bientôt je crois bien).
20 octobre 2008 à 09:22
Selon moi, la seule chose qui pourrait ramener la question nationale sur le tapis serait… le Canada anglais!
En 1980, c’était, comme le dit Nicolas, l’idéalisme des Babyboomers qui nous a amené au référendum. Mais en 1995, si vous vous rappelez bien (pour ceux et celles qui sont en âge de se rappeler), c’était l’échec cuisant de l’accord du lac Meech qui avait soulevé la vague souverainiste. Les babyboomers avait repris le flambeau et, poussés par les jeunes comme Nicolas et moi (j’avais 20 ans en 1995), nous sommes passés à quelques pourcent d’un oui qui aurait changé bien des choses (on aurait peut-être pas eu notre indépendance avec 50 % + 1, mais la donne aurait été tout autre).
Or, comme les sondages le montrent, l’option est présentement au point mort. La seule chose qui pourrait la ramener sur le tapis, ce serait que le reste du Canada nous dise encore « Si vous n’êtes pas contents, prenez la porte ».
D’après moi, un politicien souverainiste habile et intelligent proposerait à la place de négocier de nouveau avec le reste du pays pour règler la question nationale une fois pour toute. L’échec de telles négociations étant inévitable, la vague se souleverait de nouveau, et si le timing est bon… qui sait?
20 octobre 2008 à 10:02
C’est quand même plate qu’on en soit réduit à attendre que le ROC nous démontre une fois de plus son intolérance pour redonner de la vigueur à l’option.
C’est peut-être la preuve que cette idée n’est pas assez séduisante dans son état actuel pour susciter l’enthousiasme ? Il faudrait la renouveler et lui un contenu plus moderne. Elle est encore teintée de la rhétorique anti coloniale des années 1960.
20 octobre 2008 à 11:59
Ne pas oublier que Sarko, est en ce moment president de l”Union Europeenne qui n’est ni plus ni moins qu’une federation un peu a l’image du Canada, en Europe depuis les 20 dernieres annees la situation a change et le Parlement Europeen fonctionne un peu comme une grosse confederation, alors ici je crois que Sarko ne fait que precher a ce qu’il croit.
J’est vote OUI en 1980 (18 ans), en 1995 , mais maintenant le probleme que j’ai avec la souverainete est le PQ en lui meme, car je ne me retrouve pas dans ce parti, en veillisant mais valeurs ont peut-etre change et le PQ est reste le meme, vieux,trop gauchiste a mon gout, syndicaliste etc… Au Quebec c’est tres dures d’etre de centre et independantiste, et le PQ pour moi est le Parti d’une generation (Rene Levesque) et cette generation n’est pas la miennes.
Et pour finir je vis presentement dans l’Ouest Canadadien depuis 3 ans (metier oblige) et ma perception du ROC est differentes qu’elles etaient 3 ans passe, les Canadiens anglais ressemblent plus au Quebecois qu’ils peuvent ressembler aux Americains ce qui n’est pas toujours vehicule par les medias quebecois
20 octobre 2008 à 12:10
Bonjour kosmokrmr (quel pseudo…) et bienvenue parmi nous.
C’est une belle illustration des deux solitudes. La barrière de la langue est un frein majeur à une meilleure compréhension mutuelle, qu’on le veuille ou non.
J’ai fréquenté le PQ autrefois, mais ce parti m’a un peu découragé. Il était pourtant au pouvoir, mais semblait figé dans son essence. À l’époque, Lucien Bouchard tentait de recentrer le PQ, en lui donnait même des airs de droite sur certains dossiers. Son éviction déguisée du parti a sonné le glas de sa tentative.
Depuis 2001, je me considère comme orphelin politique. Et je ne suis sûrement pas le seul…
20 octobre 2008 à 12:11
« Il faudrait la renouveler et lui donner un contenu plus moderne. »
Je crois qu’il faudrait lui donner un contenu, point à la ligne!
Trop souvent, les souverainistes (et particulièrement les gens du PQ) nous parle de la souveraineté sans nécessairement nous dire ce qu’il veulent en faire. C’est bien beau de devenir un pays, mais concrètement, que voulez-vous en faire? C’est quoi votre projet de société? Que comptez-vous faire des pouvoirs que vous allez ainsi rapatrier? Qu’est-ce qui va être différent avec la souveraineté?
En fait, moi, je suis convaincu que si on nous vendait un projet de société complet au lieu de simplement nous parler de la souveraineté ou d’un référendum, l’option aurait beaucoup plus d’attrait, surtout pour ceux et celles qui ont un petit côté idéaliste.
20 octobre 2008 à 12:16
J’ai déjà suggéré que le Bloc québécois se transforme en Think Tank souverainiste, avec la tâche de développer du contenu pratique et des liens avec les médias de masse pour diffuser les objectifs d’un État indépendant.
Ce genre d’esprit très pragmatique ne fait malheureusement pas le poids devant un esprit strictement partisan. Je me demande parfois si le Bloc et le PQ ne sont pas devenus des refuges, des partis identitaires repliés sur une mystique marquée par les défaites.
Vivement un changement de garde !
20 octobre 2008 à 13:25
“C’est bien beau de devenir un pays, mais concrètement, que voulez-vous en faire?”
Est-ce que ce n’est pas mettre la charrue avant les boeufs? un pays, ça se redéfinit en permanence, c’est le principe même de la démocratie. À part mettre sur la table le système démocratique (dire par exemple: un québec indépendant serait une république avec un système présidentiel) et les grandes lignes de la constitution, il n’y a pas grand chose à dire. Ce que le PQ voudra faire d’un Québec indépendant n’est pas la même chose que ce que le PLQ voudra y faire.
20 octobre 2008 à 13:44
Sûrement que la vision d’un Québec indépendant divergerait d’une formation politique à un autre, et qu’une fois indépendant, les Québecois se donneraient bien le gouvernement et la vision qu’ils entendent. C’est évident que, sur ces points, un pays est en constante évolution.
Par contre, d’un point de vue marketing, il est clair que l’idée de se séparer pour des raisons purement identitaires ou historiques ne fait plus lever les passions. Comme le dit Nicolas, l’idée de la souveraineté a besoin de modernité, de renouveau. Y attacher un idéal de société serait, je pense, une façon de renouveler ce projet.
20 octobre 2008 à 13:50
C’est souvent en période de crise que les dogmes sont remis en question et transformés. Quand une idéologie est triomphante, elle n’a pas tendance à vouloir changer…
Encore la destruction créatrice. De cette traversée du désert, peut-on que la souveraineté en sortira métamorphosée ?