
On parle souvent de la crise des valeurs en Occident. Le retrait progressif de la morale religieuse et le développement des différentes philosophies matérialistes (existentialisme, marxisme et même libéralisme) auraient entraîné une remise en question des principes judéo-chrétiens d’amour, de partage et de sens des responsabilités envers son prochain.
J’aimerais vous lire à ce sujet. Quelles sont vos valeurs ?
Pour ma part, la première valeur – la plus importante – est le respect. De celui-ci découle le reste. Il n’y a pas d’amour ou d’amitié possible sans respect. Respect interpersonnel et envers les règles. Cette valeur est basée sur la réciprocité. Je ne peux pas respecter quelqu’un qui me méprise et je ne peux pas respecter une autorité qui me traite comme un moins que rien.
À votre tour…
26 octobre, 2008 à 10:47
j’ai 6 signes chinois de tattoues sur le ventre qui sont mes valeurs…chaque mot equivaut a 2 signes…Honneur…Courage…Loyautee
26 octobre, 2008 à 10:59
J’aime bien le respect. Le respect de soi d’abord, et le respect de ceux qui se respectent. Pas toujours facile à respecter, cette valeur
J’aime les gens qui pensent par eux-mêmes, et qui ne font pas que suivre les idéaux des autres. Mais encore ici, ce n’est pas facile à trouver.
Je pense que je suis un peu élitiste, mais je m’entends quand même bien, parfois, avec ceux qui ne respectent pas ces valeurs. On a pas toujours le choix de se tenir avec des gens qui font notre affaire
26 octobre, 2008 à 12:02
oui t’as le choix de te tenir avec le monde qui te ressemble seule difference est que tes amis partageront tes valeurs les autre ne seront que des connaissances
26 octobre, 2008 à 12:25
Le respect me sied aussi. C’est la base. Tous les conflits proviennent d’un manque de.
26 octobre, 2008 à 12:28
La question c’est : que faites-vous quand on vous manque de respect ?
Un oeil pour un oeil, c’est pas très judéo-chrétien.
26 octobre, 2008 à 16:09
Martin, qui a dit qu’on doit être judéo-chrétiens?
On parle beaucoup de “crise des valeurs occidentales”, mais il n’est pas dit que la crise des valeurs n’affecte que l’Occident. Par ailleurs, on peut se poser des questions sur la datation de ladite crise. Aujourd’hui, où on s’interroge sur le renouvellement des valeurs… ou hier encore, quand s’est durcie une opposition de façade (notamment par la censure), juste avant que la religion ne régresse au grand jour?
N’oublions pas que c’est souvent au nom d’idéaux chrétiens que se sont joué les premières luttes qui ont créé cette “crise”: justice, famille. Le droit à l’avortement était censé apporter le bonheur aux famille (une famille avec deux enfants étant censée créer des liens affectifs plus forts, sans compter le poids financier moins important).
Il me semble évident que notre société vie une transformation de valeurs, ce qu’on peut appeler une crise. Mais pour moi ça n’est pas un motif d’inquiétude.
Je repasserai un peu plus tard pour mes valeurs personnelles.
26 octobre, 2008 à 17:39
Le plus difficile n’est pas d’identifier ses valeurs mais bien de les assumer et de vivre en cohérence avec elles. La mission d’une organisation et ses valeurs sont faciles à placarder sur les murs, gérer afin d’y donner vie, c’est autre chose.
26 octobre, 2008 à 18:09
Effectivement, appliquer ces valeurs, c’est plus compliqué que de les clamer. Je m’en fous qu’elles soient judéo-chrétiennes ou pas, quoique ça m’intéresse philosophiquement et historiquement parlant. Mais, je trouve un peu facile de dire “ma valeur principale c’est le respect” en même temps que “faut qu’on me respecte”. Me semble que c’est évident. Et ça m’apparaît également égocentrique, typique d’un société individualiste, en héritage direct de la Charte des Droits. D’ailleurs, je trouve qu’on entend bien souvent “j’ai le droit”, mais bien peu souvent “je suis responsable”. Mais je m’éloigne…
Je posais la question “que faites-vous quand on vous manque de respect ?” parce que c’est facile de respecter l’autre s’il nous respecte. Mais autrement? Faut-il faire comme disait Jésus, c’est-à-dire tendre l’autre joue? Je parle ici de Jésus et de judéo-christianisme juste pour faire le lien avec le billet, mais je suis loin d’être un catholique pratiquant. Je suis athée, en fait. Et je ne crois même plus en l’existence historique de Jésus.
Un de mes principes moraux de base c’est de ne pas faire aux autres ce que je ne voudrais pas me faire faire. C’est similaire à votre notion de respect d’autrui et de soi. Et c’est simple comme principe, en théorie. Mais disons que je n’aime pas me faire humilier, et qu’une personne m’humilie, selon mon principe, je ne devrais pas chercher à l’humilier en retour… À savoir si je suis toujours capable d’appliquer ce principe, c’est une autre histoire…
Une autre de mes valeurs essentielles, c’est la franchise, par opposition au mensonge. J’y reviendrai peut-être… Peut-être, car je n’ai pas envie d’être le seul à déblatérer sur un sujet intime, complexe et d’autant difficile à extérioriser.
26 octobre, 2008 à 22:33
Deux commentaires:
-on parle d’une “crise des valeurs,” mais on en parle depuis toujours (voir Juvenal, 1ier siécle, par ex.). Toujours on a imaginé que l’humanité s’éloignait d’une age meilleur, et sombrait dans un age sans “valeurs.” Quant aux “principes judéo-chrétiens d’amour, de partage et de sens des responsabilités envers son prochain,” ont-ils déjà été mis en pratiques, ou réalisés? Le fait de dire que ce sont nos “valeurs,” vaut-il quelque chose si on se contente d’en faire des “valeurs” qui ne se réalisent jamais dans le concret?
On adorait les enfants, au 19ième siècle, et on les faisait travailler dans les mines.
-deuxième commentaire: ne serait-il pas une erreur de cherche justement quelque chose d’essentiel, une valeur qui serait vraie pour nos liens avec tout le monde, tout le temps, et dont nous serions justement les apôtres, les juges, les véhicules?
Sommes-nous vraiment en position de dire ce qui est vrai pour tous les temps, tous les gens, ce qui “transcende” et est éternel et suprêmement vrai?
Même pour nous, dans le cadre de nos vies, nos valeurs vont profondément changer, nos comportements aussi. Nos perception de ce qui est vrai, utile, nécéssaire, vont changer, plusieurs fois. Comment décider ce qui est Vrai à l’échelle universelle?
Autrefois, j’aurais insisté pour qu’autrui me respecte. Le fait d’être respectée aurait été important pout moi. Aujourd’hui, lorsqu’on me manque de respect, je préfère rire. Mon rire est parfois un peu cynique, mais je dans le fond, ce respect…bof.
Je fais de mon mieux pour respecter les autres. Mais parfois je n’en suis pas capable, comme certaines règles pour moi ne doivent pas être respectées.
Honnêtement, j’ai beaucoup de difficulté à nommer une seule valeur qui “transcende” et s’impose au delà du reste.
La seule qui me vient à l’esprit est de m’insérer dans l’Univers le plus sereinement, le plus harmonieusement , le plus humblement possible. Mais là encore, qu’en sais-je vraiment, de l’univers?
26 octobre, 2008 à 23:14
“Toujours on a imaginé que l’humanité s’éloignait d’une age meilleur, et sombrait dans un age sans “valeurs.”
Je souscrit à cette affirmation. Il est vrai que les sociétés humaines sont en mouvement, et donc en perpétuelle transition. On peut toutefois s’interroger sur la rapidité des transitions, et sur les transformations de leur perception.
“ne serait-il pas une erreur de cherche justement quelque chose d’essentiel, une valeur qui serait vraie pour nos liens avec tout le monde, tout le temps, et dont nous serions justement les apôtres, les juges, les véhicules?
Sommes-nous vraiment en position de dire ce qui est vrai pour tous les temps, tous les gens, ce qui “transcende” et est éternel et suprêmement vrai?”
Cette question est à mon avis à côté du problème. Identifier ses valeurs n’est pas prétendre à leur universalité, et prétendre à l’universalité de quelque chose n’est pas non plus se fourvoyer sur l’universalité de ses manifestations. Le français n’est pas une langue universelle, la capacité d’apprendre une langue est par contre un capacité universelle, et la capacité d’apprendre le français est d’une universalité tempérée par le talent personnel et la proximité des langues déjà connues.
Identifier ses valeurs n’est pas prétendre à l’universalité, c’est prétendre à l’égalité, car c’est un point de départ essentiel à la communication avec une culture aux valeurs distinctes.
PS: aux valeurs judéo-chrétienne, on peut ajouter “charité” et oui, elles ont déjà été appliquée, même si jamais totalement et à échelle de la majorité.
“La seule qui me vient à l’esprit est de m’insérer dans l’Univers le plus sereinement, le plus harmonieusement , le plus humblement possible. Mais là encore, qu’en sais-je vraiment, de l’univers?”
tu n’as là évoqué une valeur, mais trois. L’univers, tu n’en sais rien, sauf que c’est une abstraction sur laquelle tu fixes ton esprit. En réalité, les valeurs que tu viens d’exprimer son celles-ci: sérénité, harmonie, humilité.
Ce qui est parfaitement cohérent avec le haussement d’épaule/rire qui te vient lorsqu’on te manque de respect.
26 octobre, 2008 à 23:17
En réfléchissant à la question de mes valeurs personnelles, je dirais que le mot “Quête” est celui qui synthétise le mieux les miennes: connaissance, sagesse, autonomie, courage, combat, recherche, orgueil, humilité.
j’ajoute pour ne pas avoir l’air prétentieux que je ne prétends pas avoir toutes ces qualités. Je vais peut-être faire un billet sur mon blog.
26 octobre, 2008 à 23:39
Identifier ses valeurs n’est pas prétendre à leur universalité?
Je crois que c’est là de la sémantique, car que veut-on dire par le mot “valeur”? On ne l’utilise pas simplement pour décrire la façon dont NOUS voulons nous comporter, mais aussi pour révéler la base morale qui va soutendre nos réactions, nos évaluations des gestes des autres. On dit que le respect est important, la charité: ce sont des valeurs pas uniquement parce qu’elles comptent pour citoyenne Julie toute seule chez elle. Elles valent quelque chose dans la mesure ou on veut que ce soit des principes partagés par les autres. Elles sont importantes pour nous précisément parce qu’on les recherche à l’extérieur de nous même, dans le monde “out there” tel qu’on le conçoit.
Pour ce qui est de ma tentative de nommer ma/mes valeurs: est-il utile d’y voir 3 plutot qu’une qui serait formée de 3 aspects? Je ne suis pas certaine de comprendre pourquoi il fallait en faire le décompte plutot que de laisser parler la vision que je proposais, d’une place dans l’univers qui se définirait de plusieurs façons simultanées….
le tout avec le sourire, bien sûr!
27 octobre, 2008 à 00:21
Identifier ses valeurs, c’est identifier ce qui nous importe. Concernant notre façon de nous comporter ou concernant notre vision du monde en général. Non, ça n’est pas prétendre à l’universalité, du moins pas l’universalité dont tu parles ici. Ça peut être prétendre à l’universalité à partir du moment ou tu considères qu’il s’agit d’engager le dialogue ou de partager ses valeurs. Mais ça n’implique en aucun cas affirmer leur supériorité dans l’absolu. Certes, un valeur voit sa portée accru dès lors qu’elle est partagée par un plus grand nombre de personnes: mais c’est un processus continu, et non un fait binaire.
Sinon, mon point n’était pas une question de décompte. Une valeur composée de trois aspects ou trois valeurs, c’est du pareil au même. Simplement, les valeurs sont celles que j’ai nommée, et non l’univers, et le fait de ne pas connaître celui-ci n’affecte pas l’ensemble.
27 octobre, 2008 à 01:47
[...] valeurs (bis) Après la question de Nicolas sur La Plaine, concernant nos valeurs, je me suis reposer à nouveaux la fameuse question: quelles sont mes [...]
27 octobre, 2008 à 07:13
Le fait que je ne connaisse pas l’univers signifie que je me trompe peut-être quant à la façon d’y participer hamonieusement et sereinement. Ce qui peut me sembler souhaitable, dans ce que je comprend aujourd’hui du monde qui m’entoure et dont je fais partie, pourra plus tard m’apparaître comme une grave erreur. D’ou la nécéssité de garder cette humilité qui est en fait une reconnaissance de nos pouvoirs limités même face à ce que nous voudrions être.
Le doute prime, même sur mes valeurs.
27 octobre, 2008 à 09:46
La légende veut que le Boudha trouva l’illumination alors qu’il méditait et entendit un homme et son fils non loin. L’homme disait a son fils: “Si tu tend trop la corde de ton instrument, elle cassera. Si tu ne la tend pas assez, elle ne donnera pas le son voulu”
Trouver une sorte d’équilibre dans nos vies est probablement ma quête premiere.
27 octobre, 2008 à 09:50
Ahhhh… Je vois que le sujet a finalement décollé!
Je suis bien heureux des interventions de Julie Godin.
D’où mon autre valeur fondamentale précédemment nommée selon laquelle “mentir est péché”. Je rappelle ici que je suis athée et que Jésus n’est pour moi qu’un mythe. Mais je pense quand même comprendre cet aspect de la morale chrétienne (qui n’est pas exclusivement chrétienne, mais on m’a enseigné le cathéchisme pas autre chose). Mentir c’est empêcher l’autre d’avoir la meilleure vue possible sur l’univers, c’est fausser la donne, c’est empêcher l’autre de se rapprocher de cette harmonie, ce qui est en soi une quête déjà bien difficile. Pas besoin de bruit supplémentaire!
Pour moi cette recherche de l’harmonie, c’est plus qu’une quête ésotérique de fumeux de bas, c’est essentiellement ça faire le bien. Et oui, ou peut faire le mal en voulant consciemment faire le bien, seul le temps le dit. L’être humain a le devoir de chercher cette harmonie: sa capacité unique à pouvoir imaginer l’avenir, sa nature humaine donc, l’y oblige. Nous ne pouvons pas seulement nous laisser aller au gré des vagues, nous devons être pro-actifs, nous servir de notre intelligence. Sinon, nous demeurons au niveau des bêtes. Le malheur, c’est que nous sommes condamnés à l’erreur, car si nous pouvonsimaginer l’avenir, nous ne pouvons pas le prédire. Et ce sera toujours ainsi, même si la Science continue à avancer significativement. Et, très important, savoir qu’on va faire des erreurs ne doit en aucun cas nous dispenser de chercher à les éviter.
Alors, pour mois ça implique que je crois au progrès, à la science, au bien et au mal, en opposition au relativisme général qui règne depuis une couple de décennies. Ça implique que l’éducation est très importante pour tout le monde.
Maintenant, comment ça se traduit dans mes allégeance et convictions politiques? C’est un autre sujet.
27 octobre, 2008 à 09:57
À bien y penser, je pourrais tout de suite avancer que ma conception du mal et du bien et du progrès fait de moi quelqu’un de fondamentalement progressiste. J’explique les merdes qui se passent dans notre monde autrement que par de grands complots de gens malveillants, comme la gauche a tendance à le faire. Mais je n’accable pas non plus les individus comme seuls responsables de leur malheurs, comme la droite a tendance à le faire. Par exemple, la crise financière actuelle n’est pas que de la faute des financiers rapaces ou de législateurs déconnectés de la réalité, mais aussi de Monsieur et Madame Tout-le-monde qui cherche les meileurs rendements sans se poser plus de questions.
27 octobre, 2008 à 14:25
@Julie:
“Le fait que je ne connaisse pas l’univers signifie que je me trompe peut-être quant à la façon d’y participer hamonieusement et sereinement.”
Mais en quoi cela change-t-il le fait que tu accordes de l’importance à l’harmonie et la sérénité?
@Martin
“J’explique les merdes qui se passent dans notre monde autrement que par de grands complots de gens malveillants, comme la gauche a tendance à le faire.”
Rassure-toi, la gauche est loin d’avoir le monopole du complotisme. Il suffit de lire Ann Coulter ou d’autres que je ne nommerai pas pour s’en rendre compte.
27 octobre, 2008 à 15:01
Oui, je sais que la droite québécoise aime bien croire par exemple au complot de la Clique du Plateau, de la Pensée unique, etc.
27 octobre, 2008 à 20:20
@déréglé:
)
je ne suis jamais sûre de ce que l’univers exige de moi.
(au risque de sembler ésotérique et New Age, je sais
J’ignore parfois ce qui serait “bien” ou “mal”. Nous parlons dans les abstractions, mais lorsqu’un réel dilemme se présente…..
Qu’est ce qui serait la solution la moins destructive, la plus harmonieuse…je me pose cette question si souvent…que parfois je n’en dort pas la nuit!!
Le doute est toujours présent.
Tu as dit “quête” et je crois que cela s’applique à moi aussi.