Quel toupet !

30 novembre 2008

Désormais, le dimanche, je vais vous entretenir de musique. Vous connaissez déjà pour la plupart mes goûts particuliers pour le métal sombre. J’aimerais aujourd’hui évoquer ce qui constitue l’antithèse la plus comique du Black Metal. L’Emo rock a bien mauvaise presse. Si on veut ridiculiser un groupe, on le qualifie d’Emo (prononcé « imo »). Pendant plusieurs concerts auxquels j’ai assisté, des membres de l’auditoire se mettaient à scander « Emo sucks » pendant les premières parties, pour injurier des groupes qui donnaient dans le punk hardcore.

C’est quoi l’Emo ?

À la base, Emo, signifie « emotional rock », c’est-à-dire un rock qui puise dans les sentiments négatifs, comme la tristesse ou la solitude. Les groupes récents les plus connus de cette tendance sont sans conteste My Chemical Romance ou encore AFI. Bref, des groupes qui pullulent sur les radios commerciales. La différence majeure avec le métal provient de l’utilisation par l’Emo rock d’instruments acoustiques, de mélodies accrocheuses et d’un chant clair et plaintif. Mais la nuance entre les deux styles musicaux est aussi une question d’attitude.

Pour l’amateur de métal, l’Emo, c’est de la musique de fillettes. Tout y passe : allure androgyne des musiciens ; sensibilité exacerbée, aux antipodes de l’agressivité du métalleux ; aspect théâtral des concerts, pendant lesquels les spectateurs se mettent spontanément à pleurer. Bref, si un amateur de métal se pointe dans un spectacle d’Emo, il sera très facile à repérer : il sera seul dans le mosh pit ! Les jeunes Emo se distinguent par une allure de dandy mélancolique, avec maquillage sombre et toupet rabattu sur les yeux.

Bien sûr, c’est une caricature. De la même manière que les métalleux ne sont pas tous des alcooliques aux cheveux longs, couverts de tatouages (j’en suis la preuve vivante), les amateurs d’Emo ne ressemblent pas tous à Emily the Strange ! Mais cette rivalité entre les styles témoignent surtout du souverain mépris que les purs et durs du métal ont pour tous les dérivés du rock commercial. C’est bien connu, un vrai groupe de métal ne passe pas dans les médias de masse, hormis dans les radios étudiantes ou communautaires.

Jalousie ? Peut-être. Les amateurs de métal, surtout dans ses formes les plus extrêmes, sont très fiers d’appartenir à un courant qui se maintient aux marges du l’univers commercial, jugé corrupteur. Il y a d’ailleurs des débats interminables par forums interposés sur la dérive commerciale de certains groupes qui ont le malheur de vendre plus de 100 000 copies d’un même album, comme Dimmu Borgir ou Cradle of Filth !

Je ne me soucie pas de ce genre de querelles de puristes. J’aime le Black Metal pour son aspect destructeur et agressif, véritable catharsis qui me permet d’exprimer les aspects les plus sombres de ma personnalité sans pour autant varger sur quelqu’un.

Et l’Emo ? Rien à foutre. Ceux qui s’imaginent que c’est de la musique agressive en l’écoutant à CHOI Radio nuls n’ont visiblement jamais posé l’oreille sur du Zyklon !


Le sexe avec les meubles, qu’est-ce que vous en pensez ?

29 novembre 2008

La tradition se poursuit ! Comme la Soirée du hockey, la Plaine revient tous les samedis avec sa vidéo niaiseuse (parce que de la façon dont les Canadiens jouent en ce moment, ils seraient dignes de figurer ici) !

Parmi le vaste répertoire de navets que j’ai la chance de regarder, UHF de Weird Al Yancovic a toujours conservé une place spéciale. Entendons-nous bien, ce film est une bouse. Mais boudeviarge qu’il me fait rire quand même !

Il y a tellement de séquences hilarantes : Conan the Librarian, la parodie de Rambo, Gandhi 2, Wheel of Fish, etc. Je vous propose ici la parodie de Jerry Springer, Talk of the Town. Weird Al commence par demander à une vieille dame : « le sexe avec les meubles, qu’est-ce que vous en pensez ? » Et quand il propose l’émission de la semaine prochaine : « des lesbiennes prostituées néonazies enlevées par des extraterrestres et forcées à une cure d’amaigrissement ! » Bref, un film à voir et à revoir, pour les amateurs d’humour pas toujours très subtil.  



Imperium Conservatus

28 novembre 2008

Je n’ai pas de mots assez durs pour condamner le geste bassement partisan de l’équipe conservatrice au tout début d’un mandat, faut-il le rappeler, minoritaire. Le ministre des Finances a donc annoncé, dans un énoncé budgétaire, la résolution d’abolir le financement public des partis politiques. Geste responsable en période de turbulence économique ? Plutôt une décision mesquine qui vise à couper les vivres des partis de l’opposition, littéralement exsangues après plusieurs élections rapprochées. Les Conservateurs ont beau prétendre que c’est eux qui perdront le plus de fonds publics, ils sont assis sur un volumineux trésor de guerre, fruit de plusieurs campagnes de levée de fonds dans la riche région boueuse d’Alberta.

L’objectif ? Provoquer une crise de gouvernement et forcer la tenue d’élections rapides, dans lesquelles les autres partis vont aller droit au carnage, faute de subsides. Si la crise économique est à nos portes, faut-il encore des élections et des dizaines de millions partis en fumée ? D’un point de vue tactique, la manœuvre conservatrice est exemplaire. Un vrai plan de bataille qui tire avantage des faiblesses de ses adversaires. D’un point de vue moral, cet énoncé économique donne la nausée à quiconque conserve une partie de sa capacité d’indignation.

On savait déjà à quel point Stephen Harper n’aimait pas avoir de l’opposition. On vient d’apprendre son degré de mépris pour certaines règles qui forment la base même d’une démocratie parlementaire, soit le droit pour les citoyens à une opposition crédible et pouvant légitimement aspirer au pouvoir. Dire que son propre parti à frisé la disparition dans les années 1990, en raison de la médiocrité de ses dernières années de gouvernement ! Les Conservateurs ont pu bénéficier des subventions pour survivre au début des années 2000. Ce qui était bon pour eux ne l’est plus pour les autres, apparemment.

Autrefois, les Romains nommaient des dictateurs en période de grands périls. Un consul unique était nommé pour un an, avec possibilité de prorogation par le Sénat. Cet homme providentiel devait défendre la République contre ses ennemis. Sitôt le péril écarté, le dictateur devait rendre ses prérogatives au Sénat. Aujourd’hui, Stephen Harper veut obtenir l’imperium proconsulaire, en abattant ses ennemis.

Je ne lui souhaite pas des Ides de Mars.

J’espère seulement que les Canadiens ne seront pas dupes de cette arnaque.


Le sens d’une fête

26 novembre 2008

Nous sommes à quelques semaines de Noël et j’en profite pour y aller d’une réflexion sur le sens que cette fête à pris en Occident. À l’origine, Noël est une célébration religieuse. Il s’agit de célébrer la venue au monde du Messie, sauveur des fidèles. Bien entendu, c’est une date qui n’a aucun sens. Il est parfois difficile de dater avec précision la naissance d’un Empereur, alors imaginez celle d’un fils de charpentier galiléen du premier siècle ! Comme beaucoup de jours fastes, Noël est une fête païenne christianisée. Il s’agissait d’une célébration romaine vouée au Soleil (probablement liée au culte de Mithra), se déroulant quelque part autour du solstice d’hiver.

Tout au long du moyen-âge, Noël était seulement un moment de recueillement. Les échanges de présents se déroulaient plutôt aux Rois, en mémoire des Rois mages qui apportèrent des cadeaux au Christ enfant. C’est une coutume encore fréquente dans les pays latins de la Méditerranée et de l’Amérique du Sud. Mais c’est à partir du 19e siècle que les Occidentaux se sont mis à s’échanger des cadeaux le jour de Noël. Dans les pays de confession orthodoxe, toutefois, ces échanges se déroulent à la Saint-Nicolas, le 6 décembre.

Pourquoi se donne-t-on des cadeaux à Noël ? Pour un anniversaire, d’accord, ça se justifie, mais Noël, c’est l’anniversaire d’un autre !

Au-delà de cet aspect trivial, il ne sera jamais assez dit à quel point cette fête est récupérée commercialement. Noël est devenu une industrie en soit. Elle fait vivre des magasins, des producteurs et des distributeurs, leur permettant d’atteindre la rentabilité ou la profitabilité grâce aux seules semaines de consommation intensive qui précèdent le 25 décembre. Quiconque a déjà mis les pieds dans un centre commercial dans la semaine précédant Noël a vécu cette sensation d’étouffer, et pour cause ! L’oxygène d’un centre commercial est consommé en quelques heures et ne se recycle plus assez vite en raison du volume de clientèle. Pour ma part, aller acheter un gugusse le 23 décembre à Place Laurier est un souvenir que je range immédiatement à côté de mon opération au côlon, en frais de désagrément.

Il y a quelque chose de vicieux dans l’acte d’offrir un cadeau. Le but, bien sûr, c’est de faire plaisir. Mais ce n’est pas tout. Il faut trouver LE bidule/gadget/linge qui va épater le destinataire et – si possible – impressionner les autres convives. C’est notre propre orgueil que nous flattons en offrant un cadeau. Un peu de la même façon qu’une entreprise qui participe à un téléthon à une heure de grande écoute, pour offrir un chèque à une noble cause… Bien entendu, ce geste est complètement désintéressé. Right.

Cette année, mes parents ont manifesté leur intention de cesser d’offrir des cadeaux aux adultes de la famille, d’un commun accord avec ma sœur et moi. Qu’importe s’il s’agit d’une mesure d’économie, j’y vois une autre facette : au lieu de s’échanger des gugusses, nous allons pouvoir profiter de ce temps ensemble pour jouer avec les enfants, discuter, rire. Bref, être une famille.

Le 25 décembre, ce n’est pas l’anniversaire de Jésus que je vais célébrer. Je ne vais pas non plus courir après le dernier jeu à la mode pour le Wii. Je vais passer un agréable moment en famille. Un de ces trop rares moments où la seule chose qui compte, c’est d’être ensemble.


Théâtre d’automne

23 novembre 2008

Est-ce que la campagne électorale provinciale vous intéresse ? Moi, non. Pas du tout. Et pourtant, je suis politologue de formation. Les raisons pour ce désintérêt sont nombreuses : campagne fédérale, présidentielle américaine, approche de l’hiver, écoeurite aiguë des politiciens… Ça me permet une digression sur le mythe de la démocratie participative.

Chez les puristes, en majorité à gauche, la démocratie est l’expression du peuple. Cette voix doit donc en conséquence intervenir le plus fréquemment possible dans le débat afin d’avoir une véritable force politique. Une élection aux quatre ans, c’est bien maigre. L’idéal, ce serait des consultations régulières, par voie référendaire ou par assemblée consultative. Or, l’élection provinciale, déclenchée immédiatement après les fédérales a suscité un tollé. Pas encore des élections ! Le mécontentement a été général, tant chez les commentateurs que chez les citoyens. Pourtant, les suffrages ne sont-ils pas le meilleur moyen donné au peuple pour faire entendre ses doléances ?

La réponse est non. Une élection ne constitue en aucun cas le meilleur moyen d’expression du peuple. Pourquoi ? Parce que le vote est attaché à un parti, pas à des idées ou à des intérêts, particulièrement dans un système comme le nôtre. Un parti peut bien promettre, ça ne l’engage à rien. Il n’y aurait pas assez d’espace sur ce blogue pour inventorier la liste des promesses non tenues des politiciens et des partis. On arriverait à un chiffre qui donnerait une idée de l’infini.

Le suffrage est une sanction. On punit un parti, ou alors on le plébiscite, généralement en fonction de la popularité de son chef. La majorité des électeurs n’ont qu’une vague idée des programmes, et cette méconnaissance est tout à fait normale. Une fois élu, les promesses les plus ambitieuses sont systématiquement remisées. Quatre ou cinq ans, c’est une éternité en politique, et la mémoire des électeurs dépassent rarement quelques semaines.

Alors, la démocratie participative est-elle un mythe ? Tout dépend de la façon dont on l’aborde. Le recours régulier au suffrage n’est en rien une garantie de participation citoyenne ou de progressisme. Le plus bel exemple est sans conteste la Suisse, qui consulte plusieurs fois par année ses citoyens par référendum, mais qui demeure le pays le plus conservateur d’Europe, tout en maintenant des taux moyen de participation inférieur à 50%.

La démocratie devient participative si on tient compte de l’influence des groupes d’intérêts, organisés autour d’une idée, d’une industrie, d’une activité, etc. Un parti politique n’est pas un groupe d’intérêt, hormis les groupuscules les plus radicaux. Un parti, c’est une machine électorale, entièrement vouée à remporter des scrutins. Dans un tel contexte organisationnel, les partis qui obtiennent du succès ne sont pas menés par des idéologues, mais par des experts en marketing politique. Une idée peut devenir importante en fonction de sa popularité auprès des tranches ciblées de l’électorat.

Le véritable pouvoir des citoyens se trouvent donc dans des groupes qui peuvent avoir une influence sur les gouvernements entre et pendant les élections. Conseil du patronat, syndicats, associations étudiantes ou Union de producteurs agricoles. La société fourmille de groupes d’intérêts représentant des citoyens et dont les actions ont un impact sur les choix faits par le pouvoir. La lutte constante entre ces groupes aux ambitions différentes et concurrentes constitue la véritable essence du politique.

L’élection, c’est du théâtre.. 


Sombre et glacial

22 novembre 2008

Les origines du Black Metal sont bien connues chez les amateurs, mais pas chez les néophytes. J’avais envie de vous présenter les grandes lignes.

À la fin des années 1980, le glam rock régnait en maître. Les Bon Jovi, Mötley Crüe et autres Poison envahissaient les ondes radios et engrangeaient le fric, avec des chanteurs aux allures de prostituées du boulevard Saint-Laurent. Un peu à l’écart, plusieurs groupes plus durs pavaient tranquillement la voie pour l’émergence du Black Metal. Ainsi, le groupe britannique Venom pondait une série d’albums qui allaient directement influencer la scène naissante, tout comme Bathory, groupe suédois du regretté Quorthon.  

Mais l’acte de naissance du genre allait être observé dans l’improbable Norvège, terre ingrate et peu peuplée, fouettée par le vent et la pluie. À la fin des années 1980, le Death Metal était alors très populaire en Scandinavie. Des tournées de Suffocation, Cannibal Corpse et surtout, Deicide passaient régulièrement dans les froides contrées septentrionales. C’est à ce moment qu’un groupe de copains paumés des environs d’Oslo se sont mis à faire des cauchemars.

Un embryon de mouvement musical a vu le jour autour d’un homme, Øystein Aarseth (mieux connu sous le nom d’Euronymous) et de son magasin, Helvete (« enfer », en norvégien). Il y vendait des disques de métal avec quelques amis. Vers 1984, il fonde un groupe devenu légendaire, Mayhem. Faisant du Death Metal primaire, mais ultra rapide, le groupe ne se distinguait pas vraiment des autres formations, hormis par l’aspect cacophonique de leur musique et l’amateurisme extrême de leur interprétation. L’arrivée de Per Yngve Ohlin (connu sous le nom de Dead) donna un second souffle au groupe, en lui amenant une dimension occulte et mystique. Les prestations scéniques de Mayhem sont restées célèbres, en raison des fréquentes automutilations de leur chanteur, ainsi que le caractère presque improvisé de la destruction du matériel et du crâne de certains spectateurs. Le suicide de Ohlin en 1991 ne freina pas les ambitions de Mayhem, qui sortit son premier album, De Mysteriis Dom Sathanas, en 1994.

Le mouvement prit de l’ampleur, de nouveaux groupes se formèrent, notamment Darkthrone, Immortal ou Emperor. Mais c’est surtout un jeune surdoué qui donna l’élan au mouvement Black Metal. Varg Vikernes (connu sous le pseudonyme de Lord Grishnak) était le fondateur et seul membre du groupe Burzum. L’amitié qui le liait à Aarseth était doublée d’une relation d’affaires, l’étiquette du leader de Mayhem produisant les albums de Burzum. Au bout d’un moment, les membres des différents groupes de Black Metal, qui se faisaient appeler le « Inner Circle », commencèrent à commettre des actes criminels, plus particulièrement des incendies d’églises patrimoniales, symboles de la soumission luthérienne des Norvégiens. Au moins huit églises furent brûlées, en l’espace de quelques mois, en 1992. Plus grave encore, Bård G. Eithun (batteur du groupe Emperor, connu sous le pseudonyme de Faust) commit un meurtre crapuleux sur un homosexuel en 1992. La fin de ce mouvement témoigne du nihilisme de ses origines : Vikernes assassina Aarseth à coups de couteau en 1993, probablement suite à une dispute contractuelle.

Vikernes est toujours en prison, condamné à vie pour meurtre prémédité. Quant aux groupes, ils ont poursuivi leur existence, en se professionnalisant. Certains ont sorti des chefs-d’œuvre (Anthems to the Welkins at Dusk, de Emperor ; A Blaze in the Northern Sky de Darkthrone ; Pure Holocaust de Immortal). Le son s’est raffiné. Des groupes plus jeunes ont pris la relève et ont redonné un second soufflé à la scène Black Metal, qui s’est disséminée aux quatre coins du monde. On trouve désormais des groupes de la Chine (Chtonic) jusqu’en Australie (Deströyer 666).

Toutefois, mes groupes favoris sont tous issus du pays des fjords. En écrivant ces lignes, j’écoute de l’Urgehal, du Windir ou du Khold. Il m’arrive d’aller faire une promenade dans les rades vikings de Suède avec Marduk ou Dissection, ou encore une visite les terres païennes de Poméranie en compagnie de Massemord ou de Behemoth.

Écouter cette musique, c’est comme marcher sous la pluie d’automne le long d’un fjord brumeux. C’est froid – glacial, même – ça transperce la peau jusqu’à provoquer une réelle souffrance. Mais cette sensation réveille la bête, l’oblige à trouver en elle la force de survivre.

C’est pour cette raison que j’en écoute.


La folie douce

21 novembre 2008

Il y a certains films qui me font rire, indépendamment du nombre de fois où j’ai pu les écouter. Ainsi, toute la série des Panthères roses, les Monthy Python et quelques films québécois. Un peu au-dessus du lot, on retrouve plusieurs films de Mel Brooks. Spaceballs me fait encore mourir de rire (« Keep firing, assholes! ») et History of the World: Part 1 frise le genie. Ça s’est un peu gâté par la suite, mais son meilleur film demeure Young Frankenstein. Quelle folie, quel rythme dans la comédie.

C’est l’objet de la vidéo niaiseuse. Je vous propose mon passage préféré : la visite du monstre dans la cabane de l’hermite. J’hésitais entre cette scène une autre avec « Aïegorrrr », mais je vous laisse juge.



Plaine pluvieuse

20 novembre 2008

Vous l’avez remarqué, la qualité des billets et de mes interventions ont beaucoup diminuée, conséquence directe d’un horaire de travail surchargé. La vie m’a rattrapé. Le monde réel est exigeant. Quand on arrive au travail vers 7h30, qu’on dîne en réunion et que trois soirs par semaine, la conjointe travaille, on doit faire des choix.

Je ne veux pas offrir à mes lecteurs un blogue de qualité inférieure.

Je me laisse jusqu’à demain soir pour décider ce que je vais faire avec la Plaine.

Souvent, dans les prairies, il pleut. De longues averses, qui durent longtemps. Je ne suis pas sûr d’avoir envie d’attendre le retour du soleil.


Le poids des maux

19 novembre 2008

Dans mon billet précédent, j’ai volontairement employé le mot « fif » pour observer la réaction que ce mot allait provoquer. J’avoue que les messages de Mike et Jimmy ne m’ont pas surpris outre mesure.

Le poids des mots est une réalité pesante (sans jeu de mots). Il y a plusieurs expressions qui sont chargées d’un sens péjoratif ou historiquement difficile. Bien entendu, on pense au mot « nègre » qui jusqu’à tout récemment désignait une personne noire. La connotation négative de ce mot, utilisé initialement par les espagnols (« negro » ou noir), est apparue aux Etats-Unis d’abord, avec le dérivatif en jargon, « nigger ». En français, jusqu’aux années 1940, des auteurs peu suspect de racisme, comme Albert Londres, l’employaient en toute bonne conscience.

Dans le cas des homosexuels, il existe tant d’expressions – dans toutes les langues et à toutes les époques – qui servent à les désigner, qu’en faire l’inventaire est impossible. Fif, tapette, moumoune en français ; Sissy, fruit, queer en anglais, etc. Autant d’expressions qui montrent seulement une difficulté à accepter le phénomène de l’homosexualité. Généralement, les expressions dépréciatives visent à stigmatiser les individus désignés par elles, mais elles évoluent. Parfois, elles perdent de leur caractère incisif ou dédaigneux, alors que d’autres mots deviennent méprisants.

Il n’y a plus de pauvres, mais des gens à faibles revenus. Plus d’handicapés, mais des individus à mobilité réduite. Plus de gros, mais des gens souffrant d’un léger embonpoint. Plus de fous, mais des gens souffrant d’une maladie mentale.

Devons-nous faire comme dans 1984 et créer une novlangue ? On remplace toutes les expressions litigieuses par des mots neutres. Tâche ubuesque. Quoiqu’en pensent les belles-âmes, les expressions péjoratives et dépréciatives font partie du quotidien linguistique de toute société. Elles en montrent les préjugés et les zones d’inconfort, que le recours à des substantifs ne ferait que masquer.

Et J’assume totalement être un gros bourgeois capitaliste, qui vit dans une banlieue cossue d’un village de fous qui vote pour l’ADQ.


De chef à chômeur

18 novembre 2008

Mario Dumont ne veut pas aller se faire matraquer entre le fraîchier de RBO et le fif du Groupe Sanguin. Mais il va faire le clown à Dieu merci ! Celle-là, il faudrait me l’expliquer.

Déjà que le chef de l’opposition officielle faisait un mea culpa gênant pour ses candidats, il faut qu’il aille faire le pitre dans une émission d’impro des gens riches et célèbres.

Est-ce que Dumont fait comme copain Gilles Taillon : commettre un suicide politique ? Il voudrait y parvenir qu’il n’agirait pas autrement. Mario Dumont est un politicien professionnel, probablement celui qui a eu la plus longue carrière sans jamais être au pouvoir. Et cette réalité va probablement se poursuivre.

Mais si Mario prend une raclée en décembre et qu’il quitte la politique, que fera-t-il d’autre ? À ma connaissance, il fait de la politique depuis la puberté.

À qui Mario devrait envoyer son curriculum vitae ?