Théâtre d’automne

Est-ce que la campagne électorale provinciale vous intéresse ? Moi, non. Pas du tout. Et pourtant, je suis politologue de formation. Les raisons pour ce désintérêt sont nombreuses : campagne fédérale, présidentielle américaine, approche de l’hiver, écoeurite aiguë des politiciens… Ça me permet une digression sur le mythe de la démocratie participative.

Chez les puristes, en majorité à gauche, la démocratie est l’expression du peuple. Cette voix doit donc en conséquence intervenir le plus fréquemment possible dans le débat afin d’avoir une véritable force politique. Une élection aux quatre ans, c’est bien maigre. L’idéal, ce serait des consultations régulières, par voie référendaire ou par assemblée consultative. Or, l’élection provinciale, déclenchée immédiatement après les fédérales a suscité un tollé. Pas encore des élections ! Le mécontentement a été général, tant chez les commentateurs que chez les citoyens. Pourtant, les suffrages ne sont-ils pas le meilleur moyen donné au peuple pour faire entendre ses doléances ?

La réponse est non. Une élection ne constitue en aucun cas le meilleur moyen d’expression du peuple. Pourquoi ? Parce que le vote est attaché à un parti, pas à des idées ou à des intérêts, particulièrement dans un système comme le nôtre. Un parti peut bien promettre, ça ne l’engage à rien. Il n’y aurait pas assez d’espace sur ce blogue pour inventorier la liste des promesses non tenues des politiciens et des partis. On arriverait à un chiffre qui donnerait une idée de l’infini.

Le suffrage est une sanction. On punit un parti, ou alors on le plébiscite, généralement en fonction de la popularité de son chef. La majorité des électeurs n’ont qu’une vague idée des programmes, et cette méconnaissance est tout à fait normale. Une fois élu, les promesses les plus ambitieuses sont systématiquement remisées. Quatre ou cinq ans, c’est une éternité en politique, et la mémoire des électeurs dépassent rarement quelques semaines.

Alors, la démocratie participative est-elle un mythe ? Tout dépend de la façon dont on l’aborde. Le recours régulier au suffrage n’est en rien une garantie de participation citoyenne ou de progressisme. Le plus bel exemple est sans conteste la Suisse, qui consulte plusieurs fois par année ses citoyens par référendum, mais qui demeure le pays le plus conservateur d’Europe, tout en maintenant des taux moyen de participation inférieur à 50%.

La démocratie devient participative si on tient compte de l’influence des groupes d’intérêts, organisés autour d’une idée, d’une industrie, d’une activité, etc. Un parti politique n’est pas un groupe d’intérêt, hormis les groupuscules les plus radicaux. Un parti, c’est une machine électorale, entièrement vouée à remporter des scrutins. Dans un tel contexte organisationnel, les partis qui obtiennent du succès ne sont pas menés par des idéologues, mais par des experts en marketing politique. Une idée peut devenir importante en fonction de sa popularité auprès des tranches ciblées de l’électorat.

Le véritable pouvoir des citoyens se trouvent donc dans des groupes qui peuvent avoir une influence sur les gouvernements entre et pendant les élections. Conseil du patronat, syndicats, associations étudiantes ou Union de producteurs agricoles. La société fourmille de groupes d’intérêts représentant des citoyens et dont les actions ont un impact sur les choix faits par le pouvoir. La lutte constante entre ces groupes aux ambitions différentes et concurrentes constitue la véritable essence du politique.

L’élection, c’est du théâtre.. 

81 réponses vers «Théâtre d’automne»

  1. Déréglé temporel dit :

    Yes! Finalement, à comparer, je préfère les longs billets comme ça, y’a plus de viande à commenter. Ce sont des billets comme ça qui m’ont retenu sur la Plaine au départ, je crois.

    Ici, je pense que ton argumentation hésite un peu trop entre l’élection et le référendum, qui sont deux choses différentes. La démocratie participative, en particulier telle que la réclame la gauche, ne se fait pas sous forme d’élections. Elle se fait plutôt sous forme de référendums (et encore… souvent les militants de la gauche idéaliste se réfèrent au système de Porto Alegre dont je ne me souviens pas le fonctionnement exact, mais qui n’est pas par référendum, plutôt un truc du genre assemblées citoyennes). Or, dans un référendum, le vote est bel et bien attaché à une idée, pas à un parti, et c’est là où ton argumentation ne tient plus la route.

    Mais je ne crois pas non plus à une démocratie participative à base de référendums. Le problème (et là le parallèle avec la présente élection devient pertinent) vient de l’énergie à investir dans une campagne. Lecture régulière des argumentations, des nouvelles, discussions quasi-quotidiennes sur des enjeux émotifs… mine de rien, le phénomène de campagne électorale pompe pas mal d’énergie, et l’implication citoyenne fait sans doute toute la différence, puisqu’un enjeux hyperémotif comme la commission Bouchard-Taylor n’arrive même pas à vider autant que la campagne fédérale qui vient de passer. Une démocratie participative nous pomperait l’énergie à longueur d’années, sans aucune pause.
    Dans le fond, c’est pas pour rien qu’on délègue la politique à une bande de masochistes hyperactifs. Y’a qu’eux qui puissent en supporter autant de façon continue.

  2. Vincent Sremed dit :

    Ah!!! Merci Nicolas. Jamais si bien dit.

    «Une élection ne constitue en aucun cas le meilleur moyen d’expression du peuple.»
    «Le véritable pouvoir des citoyens se trouvent donc dans des groupes qui peuvent avoir une influence sur les gouvernements entre et pendant les élections.»
    «L’élection, c’est du théâtre.. »

    Le pire, c’est que les moralistes s’en sont emparés en en faisant un “devoir” de citoyen.

  3. Garamond dit :

    J’aimerais bien voir un système basé sur un chef, élu au suffrage universel mais qui partagerait le pouvoir avec deux entités: l’Assemblée Nationale et le Sénat, tous deux élus.
    On pourrait donc, voter Charest mais voter PQ à l’Assemblée et ADQ au Sénat. Un peu comme ça se fait à Washington.
    Les gens veulent un chef charismatique et «cute» mais on ne veut pas lui donner de chèques en blanc.
    Pour faire passer une idée , le chef devrait convaincre les deux assemblées du bien-fondé de son projet. Pas toujours évident !

  4. hakuho dit :

    Oui, la démocratie est une illusion, un théatre qui satisfait en surface parce qu’il renforce la fiction qu’il se passe “de quoi” et que nous pouvons faire “quelque chose.”
    Mais Nicolas, tu as raison de dire que ce sont les groupes d’intérêt qui, de façon beaucoup plus subtile, vont avoir un impact sur des choix faits au pouvoir.

    Notre culture use constamment d’un vocabulaire empli de fictions, et il faut penser aussi que la dissidence est déjà prévue par la grosse machine de la démocratie marketing. Il y a un petit coin tout prêt pour nous, les dissidents, et nous aidons les élus à confirmer la fiction de leur légitimité: après tout, ils accueillent le débat! ils nous invitent à voter! Notre existence même confirme que la démocratie est un système qui peut s’auto-justifier: regardez, on permet la dissidence!
    Alors que faire?
    On cesse de voter?
    On se soumet à une machine qui de toute façon va nous approprier quelque part au tournant?
    Ça ne me tente pas de capituler.
    Je me dis que l’action au niveau communautaire, “grassroots” est la seule option, mais je me leurre probablement.

  5. Anarcho-pragmatiste dit :

    Pratiquement un manisfeste anarchiste! J’aime! :)

  6. Perséphone dit :

    Entièrement d’accord avec toi hakuho sur l’action communautaire.

  7. Stephane.G dit :

    tout le monde capote parceque les eections scolaire attirent environ 10% de la populaton alors comment reagirais le peuple si aux elections provinciales et federales le meme pourcentage irais voter?

    perso j’ai vote une fois…en 95 au referendum parceque ca comptais vraiment

  8. Martin Beaudin-Lecours dit :

    Très bon billet! ;) Même si (et peut-être parce que) je ne suis pas entièrement d’accord…

    Le comble de la mémoire à court terme c’est bien Jean Charest qui parle encore des décisions du PQ en matière de santé pour occulter son propre bilan. Je me souviens que le PLQ a passé tout son temps dans l’opposition à dénoncer le cas de telle matante de chez-pas-où qui avait attendu tant de temps avant son opération, ou de telle autre qui avait subi une erreur médicale, bref tout son temps à parler de santé. Selon moi, c’était par pur clientélisme politique: sa clientèle chez les francophones, c’était d’abord les personnes âgées (maintenant rejointes par des X frustrés par l’ADQ?). Lors de ses dernières campagnes électorales, Charest a promis de régler bien des choses en santé, notamment les listes d’attente. Résultat après six ans au pouvoir? À vous de juger.

    Je suis de ces “moralistes” qui disent que voter est un devoir de citoyen. je trouve ça très facile et bébé la la de dire “je vais pas voter car aucun mérite mon vote”. Même que dans mes élucubrations les plus extrêmes, je me suis déjà imaginé obliger les gens à voter pour avoir droit aux services de l’État. C’est de la pure fantaisie, car je ne suis pas fasciste. Mais ça montre à quel point je trouve important l’acte de voter.

    Nicolas, tu écrit “chez les puristes, en majorité à gauche, la démocratie est l’expression du peuple.” Ça me fait rétorquer que ça ne me surprend pas que ce soit la droite qui dénigre le plus l’exercice. Premièrement, si “droite” veut dire conservatisme, alors la meilleure façon de ne rien changer c’est de ne pas aller voter et “laisser la politique s’occuper de nous”. Deuxièmement, ici au Québec, la droite est (était) incarnée par l’ADQ, un parti qui n’a eu de cesse de dénigrer le PQ et le PLQ comme deux partis identiques qui “font du pareil au même”. C’est peut-être plutôt vrai ces jours-ci, mais c’était méprisant pour tous ceux qui se crêpaient le chignon en deux camps qui s’haïssaient. Cette simplification à outrance depuis maintenant 14 ans a certainement participé au cynisme actuel! En plus, la clientèle cible de l’ADQ est celle qui se faisait bourrer le crâne par les émissions populistes qui, par définition, aiment dénigrer les élites, en particuliers les politiciens. Bien sûr, les changements de cap de Mario ont aussi ultimement contribué au cynisme de ses sympathisants les plus à droite, qui voulaient voir en lui un nouveau Reagan encore plus libertarien.

  9. Martin Beaudin-Lecours dit :

    J’oublais: moi aussi j’en ai ma claque de la politique ces jours-ci. La présente campagne électorale est totalement inintéressante et je ne sais toujours pas comment je vais exprimer ma frustration envers la classe politique actuelle. Comme j’ai toujours pris soin de faire mon devoir de citoyen, il est probable que j’annule mon vote en dessinant des smilies dans les cases de chacun des candidats.

  10. Déréglé temporel dit :

    Première chose: ce n’est pas parce qu’un système subsiste qu’il interdit le changement. C’est une illusion que de croire ça. Tout comme il est illusoire de croire que parce qu’on ne constate pas de changements à court terme, le changement n’existe pas. C’est là aussi une vieille illusion dont je crois qu’elle est aggravée par notre culture de l’instantanéité. La démocratie ne fait pas que permettre la dissidence, elle la canalise (ce qui est tout le contraire de la dispersion, n’en déplaise aux cyniques).

    Deuxième chose: même si la démocratie ne permettait aucun changement et n’était qu’une pure illusion, elle n’en aurait pas moins du mérite. Je maintiens (même si je ne vois pas comment le prouver) que depuis qu’elle existe elle nous a évité plusieurs bains de sang. Je reste convaincu que le jour où “l’illusion démocratique” aura complètement été complètement discréditée, nous assisteront à une révolution sanglante qui, loin d’amener un système idéal en remplacement (l’humanité est incapable d’un système idéal, d’ailleurs elle n’arrive à le concevoir, suprême ironie, que comme une ère de pur immobilisme… ce qui est idéal n’a aucune raison de changer n’est-ce pas?) n’aboutira qu’à une nouvelle illusion.

    Troisième chose: je reste convaincu que “le meilleur champs d’expression du peuple” n’est PAS unique. Ne se reposer que sur les groupes de pression me paraît aussi inefficace que de seulement voter, ou de seulement agir sur le terrain, ou de seulement débattre ou de seulement ci ou ça. Ces “moyens d’expression” (ou d’action) se renforcent les uns les autres et aucun ne me paraît être à privilégier. C’est au contraire sur leur complémentarité qu’il faudrait insister.

  11. nicolasracine dit :

    Je ne renie pas la démocratie. Il faut simplement avoir une vision critique de son évolution. Le vote a perdu de sa signification. Le suffrage est devenu une routine à la merci des spin doctors, qui savent exploiter notre lassitude face au phénomène politique.

    Tu as tout à fait raison de dire que que la démocratie canalise les pulsions populaires. Elles sont pondérées par l’existence de groupes organisés, dans lesquels nous agissons, de façon active ou passive.

    Je ne veux pas qu’on m’oblige à voter. Je veux que ceux qui réclame ma voix me démontre qu’ils en sont dignes. Et en ce moment, aucun n’en est digne. Alors j’échange avec d’autre citoyens sur un minuscule recoin du cyberespace. La blogosphère aussi est un groupe. Diffus, mouvant, mais dont l’influence grandit.

  12. Déréglé temporel dit :

    Je me doute bien que tu ne renies pas la démocratie. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde ici, et mon commentaire s’adresse autant à eux qu’à toi.
    J’ai des doutes sur le pouvoir réel des spins doctors, mais je suis réaliste quant à la perte de signification du vote. C’est bien pour ça que j’en souligne l’importance, c’est ma modeste façon de lutter contre les dangereuses conséquences qu’un accroissement du phénomène pourrait entraîner.

    Quant à l’obligation du droit de vote, je pense que tu dois t’adresser surtout à Martin qui l’a évoqué, mais je vais répondre pour moi, entre autre parce que j’en ai déjà parlé dans le passé et que je n’ai jamais caché que je suis partisan d’une importante masse de vote: j’envisage avec pragmatisme l’obligation de voter. Je ne suis pas pour parce que je ne suis pas convaincu de l’utilité réelle de la mesure, je ne suis pas contre parce que je ne pense pas que ce soit “fasciste” et qu’il est malgré tout possible que ça fonctionne. Bref, j’y réfléchi tranquillement et ne tranche pas.
    Je souligne que l’obligation de voter n’empêcherait en rien d’annuler son vote, ce qui permet de ne donner son vote à aucun parti si on estime qu’aucun ne le mérite. Un vote obligatoire ne forcerait en réalité que le déplacement.

  13. Dunham Bush dit :

    Pour moi, le suffrage universel n’est qu ‘un aspect parmi tant d,autre de la démocratie et je me surprend souvent à entendre ou à lire que “la démocratie se réduit au droit de voter une fois tout les quatre ans”.

    En fait, quand je regarde le chemin qu’à parcouru le Québec en matière de liberté individuelles, de droits de la personne et de secours sociaux, je ne peux m’empêcher de me dire à quelle point la démocratie est une bonne chose. Et que peut bien nous importer que moi pis Jean Vitchier on fasse autre chose qu’aller barbouiller un bulletin de vote la journée des élections!

  14. Stephane.G dit :

    y’en as qui ont lu le billet de Marie France Bazzo dans le journal de Montreal la semaine passee? Elle aussi ne vas pas voter a cette election provinciale

    http://www.canoe.com/infos/chroniques/mariefrancebazzo/archives/2008/11/20081121-084501.html

  15. hakuho dit :

    Il est en effet plutôt facile d’être cynique quant à la démocratie, sans la renier toutefois. Disons que le processus electoral est peut-être dû pour un genre de crise, de remise en question.
    Jadis j’enmenais mes enfants avec moi lorsque j’allais voter, leur parlant des gens qui avaient donné leur vie pour obtenir le droit de vote. Je voulais qu’ils voient la démocratie à son plus concret.
    Aujourd’hui je suis peinée par le sentiment d’impuissance qui m’envahit lorsque j’examine mes choix. Les questions qui me tracassent le plus (les listes d’attentes pour chirurgies, la réforme de l’éducation qui est un pur désastre et dans laquelle mes enfants sont les cobayes), sont déjà ensevelies dans des miasmes de discours qui m’empêchent déjà de solidifier une dissidence: la grosse machine blâme et promet et circule et répète….
    Lorsqu’on pense aux femmes, qui ont tant lutté pour obtenir ce fameux droit de vote, on peut accepter la valeur symbolique qui est attachée au geste de voter…c’est un geste qui a été lourd de symbolique et c’est pourquoi il me coute de le renier…pour l’instant je n’en suis pas capable. Je n’ai rien contre l’aspect théatral nécéssairement de toute cette opération…c’est plutôt l’éternelle répétition à vide, le retour de l’identique, qui m’épuise.
    Julie G.

  16. hakuho dit :

    Ah, pauvre Ryan O’Byrne!

  17. nicolasracine dit :

    Le genre de bourde qui te hante longtemps…

  18. Martin Beaudin-Lecours dit :

    Comme Déréglé Temporel, je doute de la force de l’influence des spins doctors. À ce que je sache, un spin doctor fait juste tenter d’influencer les journalistes après un événement précis, comme ce sera le cas après le débat télévisé de ce soir où les spin doctors de chaque parti diront que c’est leur chef qui était le meilleur. Ils font rarement -pour ne pas écrire “jamais”- changer les électeurs de bord. Si l’ADQ connait une désaffection importante, ce n’est pas à cause des spin doctors, mais pour des raisons pas mal plus profondes.

    Et même si on peut généraliser à l’effet que les journalistes d’aujourd’hui se contentent trop souvent de remâcher des nouvelles pour lesquelles ils n’ont fait aucune recherche, les analystes et les éditorialistes sont quand même capables de faire la part des choses! J’ajouterais les citoyens aussi! (On pourrait peut-être même considérer le désintérêt actuel de l’électorat comme une preuve de son intelligence!) Quant à Dumont, pour parler encore de lui, je ne suis pas sûr qu’il aie eu besoin de spin doctors. L’équipe Libérale, par contre, c’est toute une machine, tant au moment de faire sortir le vote, qu’au niveau des communications. Je pense que dans ce cas-là, peut-être que oui, les spin doctors ont eu une certaine influence, mais je crois que c’est plutôt la stratégie de communication en général qui a fait des miracles avec rien. Charest peut dire un gros merci à John Parisella!!! Mais aussi à ses adversaires, particulièrement poches ces jours-ci.

  19. tambourin dit :

    J’ai voté pour la première fois aux élections générales du Québec, le 5 juin 1966.

    J’ai depuis cette journée exercé mon droit de vote à toutes les élections provinciales, fédérales, municipales et scolaires.

    J’ai gagné, j’ai perdu. J’ai fêté, j’ai été déçu.

    Si c’était à refaire, je n’en manquerais aucune, encore une fois.

    C’est avec des wagons qu’on forme un train.

    Et ça permet de critiquer parce qu’on s’est impliqué.

    Sinon, il faut être cohérent, logique avec soi-même et les autres: se la fermer.

  20. Vincent Sremed dit :

    @Tambourin :

    C’est le contraire. Ceux qui ne votent pas peuvent blâmer ceux qui ont voté et ceux qui sont au pouvoir. Ceux qui ont voté ne peuvent blâmer qu’eux-mêmes.

  21. Martin Beaudin-Lecours dit :

    Wow! Le comble de la déresponsabilisation!

  22. Vincent Sremed dit :

    «La démocratie ne fait pas que permettre la dissidence, elle la canalise »

    On peut être dissident dans une tyrannie, on ne changera rien. On peut être dissident dans une démocratie, on ne changera rien non plus. À quoi bon la dissidence.

    «depuis qu’elle existe elle nous a évité plusieurs bains de sang»

    Moi, je peux facilement prouver le contraire. Elle s’est fondée sur le plus grand bain de sang civil que la France ait connu par rapport à toutes les années de monarchie confondues. Idem pour l’Irak d’ailleurs. La démocratie a fauché plus de civils que toutes les années de tyrannie de S. Hussein, guerre Iran-Irak inclue. Et la guerre américaine d’indépendance ? Et la guerre du Viet-Nam, de Corée, etc.

    «en matière de liberté individuelles, de droits de la personne et de secours sociaux, je ne peux m’empêcher de me dire à quelle point la démocratie est une bonne chose»

    Ces idées existaient bien avant l’existence de la démocratie. Ce sont les Lumières qui les ont propagées. L’Angleterre est toujours une monarchie, comme le Canada d’ailleurs, et les gens sont tout de même libres et socialement bien. Et n’allez pas parler à un Anglais contre la Reine…

    Enlevez-leur la démocratie, ils lutteront pour elle. Donnez-leur la démocratie, ils lutteront contre elle. C’est cette dernière option qui fut préconisée par les sages.

  23. Vincent Sremed dit :

    @MBL :

    Responsabilisation de quoi ?

  24. tambourin dit :

    @vincent

    Quel âge avez-vous? ;)

  25. tambourin dit :

    « La démocratie est le pire des régimes – à l’exception de tous les autres déjà essayés dans le passé » (Democracy is the worst form of government – except for all those other forms, that have been tried from time to time.) »

    Winston Churchill

    Et la consolation:

    « Dans les démocraties, chaque génération est un peuple nouveau ».

    Alexis de Tocqueville

    Bonne journée à tous.

  26. tambourin dit :

    Celui qui se rend au bureau de scrutin pour annuler son vote exprime un point de vue.

    Celui qui ne fait pas l’effort de se rendre exprimer son choix de candidat ou de parti ou son annulation ne témoigne de rien sinon de sa paresse ou son acceptation de la situation.

    Alors il ne lui reste qu’à continuer à être paresseux et à se la fermer.

  27. Vincent Sremed dit :

    Ne me rappelez pas mon âge SVP. Je me sens déjà vieux.

    J’ai l’âge d’avoir voté suffisamment de fois pour en avoir fait l’expérience et réaliser que mon vote ne change rien. Une fois en place, les promesses d’un parti s’envolent et c’est l’opinion publique qui gouverne. C’est là-dessus qu’il faut jouer (puisque personne ne veut modifier le système politique).

    Parlons-en aux Iraniens de la démocratie. Demandons à ceux qui vivent aujourd’hui libres (ils ne sont bizarrement pas en Iran) s’ils le sont grâce à l’arrivée de la démocratie en Iran. Je crois bien qu’ils regrettent le Shah… Parlons-en aux Palestiniens. Préfèrent-ils vivre dans la démocratie palestinienne ou s’échapper dans la monarchie jordanienne voisine ?

    Je vais ici répéter ce que j’ai écrit je ne sais plus vraiment où. Ma professeure au Caire me disait en secret que jamais elle ne voudrait voir la démocratie en Égypte (officiellement république, mais dictature dans les faits), car elle serait obligée de se voiler et de respecter la volonté du peuple profondément religieux (elle était elle-même Musulmane). Imaginez le sort des Coptes dans une Égypte démocratique…

  28. Vincent Sremed dit :

    @Tambourin :

    Croire que c’est la paresse qui nous motive à ne pas voter est bien paresseux comme raisonnement.

  29. Vincent Sremed dit :

    Merde, je vais garder note de mes commentaires et faire des copiers-coller. Les élections et ces discussions reviennent trop souvent.

  30. tambourin dit :

    @Vincent

    Il me semblait aussi sentir une pointe de cynisme qu’on éprouve avec l’âge.

    ;)

    Comme le disait Créon: «Rien n’est vrai que ce qu’on ne dit pas».

  31. tambourin dit :

    @Vincent

    «Je crois bien qu’ils regrettent le Shah…»

    On dirait que les Québécois n’ont pas peur de s’ennuyer de Dumont, mais qu’ils craignent la nostalgie du vieux Charest qu’ils ont abhorré il y a si peu.

    «Je me souviens» Ah oui? De quoi?

  32. Vincent Sremed dit :

    «Il me semblait aussi sentir une pointe de cynisme qu’on éprouve avec l’âge»

    Une pointe ? Non, c’est l’iceberg au complet.

  33. tambourin dit :

    @Vincent

    Seriez-vous donc une réincarnation de Diogène le Cynique?

    Pour vous amuser un peu en mémoire de ce personnage, voici quelques apophtegmes et réparties mémorables de celui qu’on appelait Diogène le Chien.

    http://www.apophtegme.com/PHILOSOPHIE/diogene.htm

  34. Martin Beaudin-Lecours dit :

    @Vincent Demers… oup, Sremed

    Puisque je parlais du “comble” de la déresponsabilisation, ça pourrait effectivement être par rapport à tout et n’importe quoi.

    Mais nous parlions de politique et de démocratie, alors je reformule : c’est bien le comble de l’ultra-individualisme que de se laver ainsi les mains des conséquences des choix démocratiques tout en se permettant des critiquer.

    La discussion pourrait partir dans plusieurs directions, surtout dans ce genre de jeux de “preuves contraires”, alors je vais tenter de faire court :

    1) l’affirmation selon laquelle “la démocratie nous a épargné plusieurs bains de sangs” n’est pas invalidée par tes contre-exemples.

    2) parler de l’Angleterre et du Canada comme de monarchies, c’est jouer avec les mots, surtout si c’est pour suggérer que ce ne sont pas des démocraties. En tout cas, ce n’est pas ici, au Québec, que la Reine pourrait imposer quoi que ce soit de significatif à l’encontre de la volonté démocratique du peuple.

    3) Rien de plus déprimant que de lire “à quoi bon la dissidence” (Mais en visitant ton site, et même en te lisant ici, on voit bien que tu adores la dissidence! Même que tu sembles l’aimer en elle-même.)

    La démocratie n’est pas parfaite, d’accord. Mais c’est le moins pire des systèmes que les sociétés humaines se sont données jusqu’à présent. J’y crois, j’y participe et je la défend comme je peux. Évidemment, je crois qu’un vote a sa valeur, et qu’un ensemble de votes a encore plus de poids. Oui, je crois qu’une élection peut changer des choses. Et je crois que c’est immature et/ou nombriliste de critiquer le vote des autres quand on ne vote pas soi-même. C’est tellement facile de critiquer… Je le sais pour le faire régulièrement.

    P.S. Entre le moment où j’ai commencé à écrire ceci et le moment où je l’ai posté, d’autres commentaires fort pertinents sont apparus, comme ceux de tambourin.

  35. Déréglé temporel dit :

    Merci Martin, tu m’épargnes pas mal de réponses.

    Je vais quand même revenir sur cette question des bains de sang. Vincent Sremed se réfères à la Terreur, et la la Glorieuse Révolution, accessoirement à la Guerre d’Indépendance américaine et dit que la démocratie est “fondée sur le plus gros bains de sang”…
    ce qui est amusant, c’est qu’il démontre en partie mon point. Parce que toutes ces situations fondatrices ont en commun d’être caractérisée par une situation avant/après la démocratie. Si le bain de sang de la Révolution française a eu lieu, c’est parce que le système précédent n’admettait pas le changement venu du peuple. N’ayant pu canaliser le mécontentement par le biais d’un scrutin, ils ont été obligés de recourir à la violence. Avec en gros les résultats d’un scrutin, le sang en plus.

    Deux autres points:

    On peut être dissident dans une tyrannie, on ne changera rien. On peut être dissident dans une démocratie, on ne changera rien non plus. À quoi bon la dissidence.

    Je n’y crois pas une miette, mais admettons. Je pose donc la question: par quoi arrive le changement? À moins que tu n’estimes qu’il n’y a pas eu de changement dans l’histoire de l’humanité?

    Je vais ici répéter ce que j’ai écrit je ne sais plus vraiment où. Ma professeure au Caire me disait en secret que jamais elle ne voudrait voir la démocratie en Égypte (officiellement république, mais dictature dans les faits), car elle serait obligée de se voiler et de respecter la volonté du peuple profondément religieux (elle était elle-même Musulmane). Imaginez le sort des Coptes dans une Égypte démocratique…

    C’est un point extrêmement intéressant, je dois dire que le sujet me passionne: la réception de la démocratie hors de l’Occident. Mais je vais l’éviter autant que possible dans cette conversation précise. Parce qu’il s’agit bien d’un déplacement du sujet du débat.
    Je vais donc me contenter de signaler que à l’Iran, même en excluant le facteur culturel de l’équation et en se concentrant sur les seuls aspects institutionnels, ce n’est PAS une démocratie. C’est une théocratie, ce qui ne relève ni de la démocratie, ni de la tyrannie à proprement parler.

  36. Perséphone dit :

    Ça fait du bien ce nouveau rythme de la Plaine qui permet de prendre le temps de lire et de réfléchir…et de s’exprimer. Merci Nicolas et merci les garçons de m’instruire.

  37. Vincent Sremed dit :

    @Martin Badin-Lecourt, oup, Beaudin-Lecours :

    «se laver ainsi les mains des conséquences des choix démocratiques tout en se permettant des critiquer»

    En quoi faire le choix de ne pas voter est ne pas faire un choix démocratique ?

    1) Est-elle validée par vos affirmations ?
    2) La Reine est notre chef d’État. Si elle décide demain quelque chose, on doit faire quelque chose ou la renverser. D’ailleurs, pourquoi ne pas la renverser avant qu’elle ne décide quelque chose. Je connais bien l’armée. Le salut militaire est un salut à la Reine. La Reine est sur notre monnaie. Nous sommes une monarchie. La monarchie a décidé de laisser un parlement en place pour éviter le sort de Nicolas II.
    3) Je suis un dissident parmi les dissidents. À quoi bon la dissidence.

    C’est être soi-même que de décider de ne pas voter et de critiquer les autres (j’aime aussi me critiquer en passant). Désolé si cela vous choque. Ceux qui décident de nous foutre des élections ne nous ont pas consulté. Jouez leur jeu si ça vous chante.

  38. Déréglé temporel dit :

    Jouez leur jeu si ça vous chante.

    Je me mets un moment à la place d’un stratège politique, en particulier libéral. Voyons voyons voyons…
    “Plus le taux de participation est bas, plus j’ai de chance de gagner et moins j’ai d’efforts à faire pour être au pouvoir.”

    Le voilà leur jeu.

  39. Vincent Sremed dit :

    @Déréglé intemporel :

    Allez voir les catacombes de Paris (n’êtes-vous pas d’ailleurs en France ?), vous y verrez les bas-fonds de l’instauration de la démocratie.

    Le roi était mort depuis longtemps quand les têtes sont venues remplir les catacombes…

    «À moins que tu n’estimes qu’il n’y a pas eu de changement dans l’histoire de l’humanité?»

    En effet. L’humain n’a pas changé d’une miette. Les mœurs et la technologie ont changé, pas la psychologie, ni la biologie.

    «[L'Iran] ce n’est PAS une démocratie»

    Faux. C’est une démocratie républicaine. C’est le peuple qui élit les dirigeants. Amadinedjab, qui veut rayer Israël de la carte, est élu démocratiquement. Il ne parle d’ailleurs que rarement d’Allah. Les réformateurs ont perdu les élections. Si vous y tenez, les USA et Israël aussi sont autant des théocraties dans ce cas. En passant, la Turquie aussi est une démocratie, et l’armée a fait des coups d’État presque à chaque fois que les Islamistes ont pris démocratiquement le pouvoir. Cette fois-ci ils se sont retenus, mais ils ont le doigt sur la gâchette.

  40. Vincent Sremed dit :

    «Le voilà leur jeu»

    Exactement. La démocratie est un jeu. Ou du théâtre pour reprendre les mots de notre hôte.

  41. hakuho dit :

    Une correction @ Vincent:
    les catacombes de Paris (que j’ai justement visitées) sont remplies d’ossements qui étaient simplement des dépouilles qui avaient déjà été enterrées dans des cimetières, et qui y ont été déplacées. C’est surtout les dépouilles du Cimetière des Innocents qui s’y sont retrouvées. Les têtes qui s’y trouvent sont donc celles de personnes mortes de toutes sortes de maladies, évidemment la pauvreté, la faim, etc… mais il me semble que vous vous trompez dans votre example car aucun rapport avec un “bain de sang.”

    http://www.carrieres.explographies.com/

    (Julie G.)

  42. nicolasracine dit :

    L’absentéisme comme phénomène est lié au peu d’intérêt suscité par notre classe politique. Celle-ci a pour devoir de nous convaincre qu’elle mérite nos suffrages.

    À force de voir les politiciens utiliser les techniques du marketing pour se faire élire, les citoyens font la même chose : si le choix offert est nul, on ne consomme pas. Dans notre cas, la récession politique a devancé la récession économique.

  43. Vincent Sremed dit :

    C’est vrai Hakuho. Mon souvenir faisait référence aux victimes connues (comme Lavoisier) qui s’y trouvent et bien d’autres, mais les catacombes existaient avant. Elles ont par contre été fortement grossies par la Révolution.

    N’empêche, allez voir ce site pour une idée concrète du bain de sang qui ne saurait être nié:
    http://les.guillotines.free.fr/

    Vous y avez peut-être des ancêtres.

  44. Martin Beaudin-Lecours dit :

    @Sremed

    Le fait de ne pas aller voter n’est peut-être pas en soi véritablement anti-démocratique, ça se discute. Mais ne pas aller voter, dénigrer autant la démocratie et en plus reprocher à ceux qui votent de le faire, oui c’est une attitude anti-démocratique. Même que résumé ainsi, ça devient une tautologie!

    Quant au point 1…

    Je voulais faire court, alors ne me mettrai pas à réviser avec toi les règles de logique. La réponse est: non.

    Point 2…

    J’ai été dans la milice, je connais notre constitution, je sais à qui appartient la face sur notre monnaie. Le fait demeure que, oui, ici c’est une démocratie.

    Les Québécois semblent bien vivre avec les symboles de la monarchie et bien d’autres trucs plutôt humiliants, mais bon, c’est un autre sujet…

  45. Martin Beaudin-Lecours dit :

    À force de voir les politiciens utiliser les techniques du marketing pour se faire élire, les citoyens font la même chose : si le choix offert est nul, on ne consomme pas. Dans notre cas, la récession politique a devancé la récession économique.

    L’affaire c’est que le choix offert n’est pas nul, qu’on choisit un gouvernement ici! Et que même avec un taux de participation à 35%, le mandat de l’équipe élue serait légitime. Pas seulement légitime, mais concret, avec des impacts possibles réels sur nos vies. En bout de ligne, ceux qui ne vont pas voter, même s’ils chialent fort contre “le système”, ne font que dire “bah, que ça continue de même”!

  46. hakuho dit :

    @vincent:
    je ne nie pas le côté sanglant de la Révolution.
    Par contre, je ne vois pas cela comme une conséquence d’un mouvement démocratique. La Révolution a eu ses fondements dans le régime qui l’a précédé, qui a tant démuni le peuple, que seuls des gestes extrêmes, et une brutalisation de la population, pouvaient avoir lieu. Du moins c’est ce que je crois.
    C’est drôle car pour moi la Révolution est plutôt un symbole de changement important, autant culturellement, dans la philosophie des sociétés, que dans la vision de ce qui devenait possible.
    Le côté violent de ces changements quant à moi sont plutôt à l’opposé d’une démocracie bien huilée, bien établie.

    Ceci étant dit, je partage un certain cynisme quant à cette démocracie, mais je suis plutôt “fan” des révolutions qui font disparaître des rois, czars et despotes décadents, repus et suffisants.

  47. Vincent Sremed dit :

    «reprocher à ceux qui votent de le faire, oui c’est une attitude anti-démocratique.»

    C’était une réponse à un démocrate qui utilisait une attitude anti-démocratique en reprochant à ceux qui font le choix de ne pas voter de faire ce choix. Tiens, j’ai même entendu ici des démocrates utiliser une attitude tyrannique en suggérant de rompre la liberté des gens en les forçant à aller voter.

    Et puis si Jean Charest (ou Bush, ou Harper, ou Amadinedjab, ou Chavez, ou Sarkozi, ou Poutine, etc.) est au pouvoir, c’est bien parce qu’il a été élu. Donc oui, je blâme les électeurs qui l’ont porté au pouvoir.

    Ce serait l’occasion idéale de ne pas aller voter pour que cette élection ait un taux de participation record au minimum, historique. Ce serait une grande humiliation pour les politiciens. Mais non, les gens feront leur erreur de citoyen et légitimeront encore une fois les politiciens à leur demande. On n’est pas loin du roi qui se fait acclamer par son peuple sur la grand place.

    «Le fait demeure que, oui, ici c’est une démocratie.»

    Appelez ça comme vous voudrez, moi je dis que c’est une monarchie parlementaire. C’est la Reine qui nous donne bien la permission d’avoir un parlement. Vous êtes son sujet, ne vous en déplaise. Un peu de respect pour Elle quand même. Elle est le chef de l’armée.

    «seuls des gestes extrêmes, et une brutalisation de la population, pouvaient avoir lieu»

    Faux. Rien de tout cela n’était obligé. Ce fut une grande vengeance institutionnalisée. Le roi aurait pu avoir un procès et être emprisonné par exemple, puis un gouvernement transitoire aurait pu régner docilement. Au lieu de cela, tout le monde a voulu devenir roi. Ça me rappelle la révolution russe, même principe avec tous ces petits rois.

    «la Révolution est plutôt un symbole de changement important»

    Je vois plutôt le changement dans le courant philosophique de l’époque. Napoléon était un tyran. Pourtant, il a autant sinon plus fait pour la France que les révolutionnaires. Mais oui, lui aussi a (on nom d’idées) conduit des millions de Français et d’Européens à leur perte.

  48. Déréglé temporel dit :

    Bon, je vais faire court.

    Le roi était déjà mort quand la Terreur a eut lieu. Mais pas le royalisme. De toute façon la Terreur relève davantage de la peur panique que du choix démocratique.
    Mais là, on tombe franchement dans les arguties.
    Réponds ce que tu veux sur le sujet, moi je trouve qu’on en a fait le tour.

    L’Iran n’est pas une démocratie. La souveraineté n’y réside pas dans le peuple et le suffrage n’est qu’un élément parmi d’autre dans le choix du chef de gouvernement. L’élément clef du système iranien, c’est le clergé: guide suprême, conseil des gardiens, assemblée des experts. Si tu avais suivi attentivement la politique iranienne, tu comprendrais un peu mieux comment les réformistes ont été chassés du pouvoir.
    Mais encore là, on déplace le sujet.

  49. Déréglé temporel dit :

    @Nicolas:

    L’absentéisme comme phénomène est lié au peu d’intérêt suscité par notre classe politique. Celle-ci a pour devoir de nous convaincre qu’elle mérite nos suffrages.

    Oui, mais non. Je ne suis pas politicien, donc je ne peux pas changer le comportement des politiciens. Je ne peux qu’agir sur le mien. C’est pour ça que je vote.
    La démonstration stratégico-mathématique, je l’ai déjà fait souvent, je ne vais pas la répéter, je sais que tu la comprends.

    Cela dit, moi je vote dans Gouin cette fois-ci, je vais donc voter pour Québec Solidaire.

  50. Vincent Sremed dit :

    Le royalisme a survécu bien après la révolution et sa terreur.

    Facile de ne tenir compte que de ce qui semble fonctionner et d’éliminer le reste en disant que ce n’est pas de la démocratie. Aveuglez-vous si vous voulez.

    Une autre p’tite vite : Hitler a été élu démocratiquement. Mais vous direz que ce n’était pas de la démocratie.

    «le suffrage n’est qu’un élément parmi d’autre dans le choix du chef de gouvernement»

    Ici, le suffrage n’est même pas un élément direct dans le choix du chef. On élit un député d’un parti, pas le chef. C’est le parti qui décide du chef. On n’a même pas le choix du député car il ne peut y en avoir qu’un par parti et uniquement celui imposé par le chef. C’est ensuite le chef qui décide de tout le reste.

    J’ai fait le tour, je me répète. De toute façon, j’habite à Toronto, je paie mes impôts en Ontario, je ne voterai pas pour cette élection.

  51. Déréglé temporel dit :

    C’est vrai, Hitler a été élu démocratiquement. Ça, c’est un véritable exemple des failles de la démocratie. Mais je n’ai jamais prétendue qu’elle était un système idéal. Elle possède une remarquable capacité d’autodestruction si on n’y prend pas garde.
    Mais j’ose avancer (je sais, avec des “si”…) que le massacre aurait eu lieu, démocratie ou non. La Saint-Barthélémy n’a pas eu besoin de démocratie pour se produire.

    Mon point, c’est simplement que quand le peuple veut changer son gouvernement, dans une démocratie il peut le faire sans violence. Dans une tyrannie, non. (et dans une théocratie, ça se discute).

  52. Daz Hoo dit :

    Wow… Je suis sincèrement surpris que personne ici n’ait mentionné la loi de Godwin?

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_de_Godwin

    En passant, très bon billet Nicolas. Tu frappes sur le bon clou.

    Et je suis aussi l’un de ces « moralistes » qui croient que, quand on vit en démocratie, on a le devoir d’aller voter, et que ceux qui ne le font pas n’expriment rien et perdent le droit moral de chiâler après coup.

    Pire que ça, je dirais même à ceux et celles qui n’aiment pas notre système qu’ils sont les bienvenus à présenter leur candidature et à proposer ce qu’ils veulent changer… ou encore à prendre le prochain navire vers la destination de leur choix!

    Mais ça aussi, c’est peut-être trop leur demander…

  53. Vincent Sremed dit :

    Les démocrates sont parfois les pires tyrans. C’est bien ce que je pensais.

    La dictature du peuple…

  54. hakuho dit :

    Comment peut-on s’opposer ET à la démocratie, ET aux révolutions, et à la monarchie…voulez-vous un despote bienveillant? une méritocratie? l’anarchie? ou alors on laisse aller dans l’immobilisme absolut d’un cynisme qui fait tout avorter dès qu’on le nomme.
    Althusser vous dirait que la grosse machine a déjà justement prévu une petite place toute faite pour ceux qui disent: “on ne peut rien changer de toute façon, à quoi bon essayer”…alors en refusant de jouer le jeu, vous constituez le pion parfait.

    La dissidence de la dissidence n’est-elle pas finalement le droit de tout critiquer et de ne rien faire?

  55. Déréglé temporel dit :

    Nan, pour moi ils ne perdent pas le droit de chiâler après coup sous prétexte qu’ils n’ont pas voté. Le droit de chiâler est un droit inaliénable. Par contre, s’ils affirment ne pas avoir participé à l’élection du gugus contre lequel ils chiâlent, je me sens en droit alors de les accuser d’hypocrisie, d’aveuglement volontaire ou d’analphabétisme mathématique, au choix.

    Pour la loi de Goodwin, dans cette conversation la mention de Hitler était pertinente et n’était pas destinée à m’insulter et tuer la conversation, mais à me contredire avec un contre-exemple. Je pense que cela ne s’applique donc pas.

  56. Vincent Sremed dit :

    Chère Hakuho,

    je me réserve le droit de critiquer ce que je veux, et de faire ce que je veux. Appelez cela de l’anarchie individuelle si vous le voulez.

    Si vous pensez que je suis un pion, libre à vous et à Althusser. Il y a longtemps que je ne suis plus sur l’échiquier.

  57. hakuho dit :

    @vincent: le problème est peut-être justement que nous avons besoin de vous, et de votre dissidence, sur l’échiquier….les voix critiques sont précieuses….

  58. Daz Hoo dit :

    Citation de l’explication de la loi de Godwin :

    « Cette « loi » s’appuie sur l’hypothèse selon laquelle une discussion Usenet qui dure dans le temps amène peu à peu les esprits à s’échauffer et à remplacer les arguments par des insultes, ou à utiliser des arguments ou des analogies extrêmes. »

    I rest my case.

  59. Vincent Sremed dit :

    @Hakuho :

    Mais vous l’avez ma voix.

    @Daz Hoo :

    Vous démontrez bien cette loi.

  60. Nicolas Racine dit :

    (J’écris du bureau où nous sommes plus contrôlés quand dans la Matrice)

    Hitler a accédé au pouvoir grâce aux urnes, certes, mais aussi en raison de l’effondrement du système parlementaire de Weimar. À partir de 1932, c’était le Président Hindenburg qui nommait les Chanceliers, qui devaient ensuite aller se présenter devant la Chambre pour obtenir la confiance. Celle-ci a été acquise en 1933 grâce au ralliement de la droite conservatrice et du centre catholique. Le SPD et les communistes ont bien sûr voté contre. Les Nazis n’avaient pas la majorité des sièges pour gouverner légalement.

    De plus, les SA faisaient régner une véritable terreur publique dans les rues, surtout en Prusse.

    La démocratie allemande de Weimar partait avec deux prises contre elles : née d’une défaite humiliante et d’un traité de paix injuste, puis lourdement hanidcapée par la Crise de 1929. Elle a connu plus de 20 gouvernements en 10 ans.

    Hitler a conquis le pouvoir par les voies institutionnelles, mais pas dans le cadre d’une démocratie libre et respectueuse des droits individuels. La nuance est importante.

  61. Déréglé temporel dit :

    Daz: étant donné que j’ai été celui “pris à parti” par l’argument sur Hitler, le fait que je trouve cet argument dressé contre moi pertinent pour la discussion devrait bien compter un peu, non? Hitler est peut-être un cas extrême qu’il faut manier avec prudence, mais il reste une réalité qui a existé et il doit par conséquent être pris en compte. En employant cet argument, Vincent m’a poussé à préciser ma pensée et, même s’il n’est toujours pas d’accord avec moi, je ne me suis pas senti insulté. Ce débat tend à s’épuiser il est vrai (tant mieux, ça veut dire qu’on a fait le tour de la question), mais il s’en rend compte, et moi aussi, donc je pense que ça en restera là.

  62. Martin Beaudin-Lecours dit :

    Un point Godwin, comme le dit la définition citée plus haut, n’est pas qu’affaire d’insultes. Habituellement, quand on sort “nazi” ou “Hitler” dans une discussion, ça signifie qu’elle achève. Le régime nazi est un exemple extrême et unique, qui est donc difficile à comparer à quoi que ce soit. Moi, je n’ai pas réagi sur le coup, parce que je décroche à ce moment-là.

    Le point en litige était l’affirmation selon laquelle la démocratie nous aurait fait épargner plusieurs bains de sang. Personnellement, ça me semble évident. Je pense ici surtout aux guerres civiles. Me semble que c’est une notion très basique de la science politique: la démocratie permet à une société de résoudre ses conflits internes sans violence. Que certains bains de sang aient quand même eu lieu en son nom ne change rien à ce principe. Mais c’est bien sûr que ça n’exclut pas qu’un pays démocratique puisse être impérialiste et créer des bains de sang à l’extérieur.

    Je crois donc que, oui, la démocratie nous a épargné et nous épargnera plusieurs bains de sang. C’est une croyance et le demeurera car on n’a pas deux histoires parallèles à comparer. Pour vérifier faudrait couper nette la démocratie sur toute la planète et voir ce qui arriverait. Je sais pas, mais je n’ai pas le goût de vérifier!

  63. Vincent Sremed dit :

    Bon, à mon tour de mettre de l’eau dans mon vin.

    Nous n’en savons rien.

    Ce n’est pas le régime qui fait le peuple, mais le peuple qui fait le régime.

  64. Perséphone dit :

    Moi je mets pas d’eau dans mon vin….

  65. clopp dit :

    Certains on dépasser ce stade de réflexion et propose des choses concrètes. La démocratie contractuelle.

    http://nouvellesociete.wordpress.com/2007/06/17/manifestation-du-mouvement-pour-la-democratie-contractuelle/

    A vue de nez cela semble novateur et intéressant. Je pense cependant que cette voie devrait d’abord être mis-à-l’épreuve au niveau municipale et d’ailleurs il semble qu’on y pense sérieusement à Repentigny pour 2009.

    http://www.voir.ca/blogs/paul-andr_sansregret/archive/2007/03/12/vers-la-d-233-mocratie-contractuelle.aspx

  66. Mutant médiatique » Archive du blogue » Le bout de la marde dit :

    [...] Michaelle Jean disait vouloir “réunir les solitudes”? Elle va être servie! Moi, qui écrivais tout récemment sur un autre blogue que la monarchie n’est que symbolique ici, au Canada, voilà que la représentante de la [...]

  67. Martin Beaudin-Lecours dit :

    La propagande à la maison fonctionne; j’ai été en mesure de convaincre ma conjointe après plusieurs discours savoureux, époustouflants mais teintés d’écoeurement, de ne pas voter à cette funèbre élection! Pour la première fois de sa vie elle n’ira pas déposer le fruit si précieux de la démocratie dans la fente électorale! Un miracle, en somme!

    Bravo Vitchier! (ironie accompagné d’un balancement de la tête en signe de découragement)

  68. Déréglé temporel dit :

    C’est marrant cette manière de classer les gens en “forts” et “faibles”.

    Démocratie contractuelle: y’a de l’idée, mais y’a encore du travail à faire. En l’état, ça saperait toute marge d’adaptation au gouvernement, et donc toute possibilité de gouverner intelligemment.
    Mais l’idée de contrat a de la valeur.

  69. Martin Beaudin-Lecours dit :

    Pffff… Ce que je hais cette suffisance hautaine de plusieurs soit-disant anarchistes, bien confortablement assis dans leur sofa à critiquer la planète entière en se flattant le nombril (et, accessoirement, en tétant leur cigare).

  70. nicolasracine dit :

    @MBL

    Je trouve que tes commentaires deviennent bien acrimonieux. On peut critiquer les idées sans forcément s’en prendre à la personne qui les énoncent.

    @Jean

    Tu es toujours le bienvenue parmi nous. Ce blogue est ouvert à toutes les opinions, que je les partage ou non.

  71. Dunham Bush dit :

    “Pffff… Ce que je hais cette suffisance hautaine de plusieurs soit-disant anarchistes, bien confortablement assis dans leur sofa à critiquer la planète entière en se flattant le nombril (et, accessoirement, en tétant leur cigare).”

    Est-ce que je dois me sentir visé là????

  72. Dunham Bush dit :

    @Jean

    Je souhaite bien pouvoir vous relire sur La Plaine… M’enfin “ils” ne peuvent pas avoir raison de nous aussi facilement!

    Et puis, vous ne pouvez pas nous lâcher comme ça bout de bonyeu!

  73. Dunham Bush dit :

    Moi et mon gros Don Thomas dans l’temps des fêtes!

    http://www.youtube.com/watch?v=ZVkCl7dAV7k

    :lol:

  74. Martin Beaudin-Lecours dit :

    @Nicolas

    Bon, bon, bon. Suffit d’un autre départ annoncé d’une diva pour que tu tombes encore dans le même piège et me fasse à nouveau la morale! Faudrait-il que je menace d’aller bouder dans mon coin moi aussi sous prétexte que tu ignores totalement ici toutes les nuances de mes interventions dans la présente discussion? C’est ridicule! Jean Vitchier serait le seul à pouvoir jouer le provocateur? Franchement! Et que dis-tu de ses derniers commentaires? Ils sont supposés être des exemples à suivre? Non, je ne ferai pas acte de contrition cette fois-ci.

    @Duham Bush

    Non. Je ne te visais pas.

    @Jean Vitchier

    Je ne ferai pas l’hypocrite: au noms de tous les esclaves beiges à l’intellect faisandé, je t’emmerde. Pas pour l’ensemble de ton oeuvre ici, que je trouvais sommes toutes divertissante, mais pour ta dernière intervention, bien typique des égos surdimensionnés qui pullulent ces jours-ci, en particulier me semble-t-il chez ces ultra-individualistes d’anarchistes (c’était mon point). Par ailleurs, s’il y a quelqu’un de non partisan, c’est bien moi, alors tu te trompes d’angle d’attaque. Tu devrais t’assumer comme libertaire qui jouit simplement de la vie plutôt que de jouer l’anarchiste de salon et traiter de tous les noms ceux qui jouent ton propre jeu. Adieu l’Artiste!

  75. Vincent Sremed dit :

    «La lutte constante entre ces groupes aux ambitions différentes et concurrentes constitue la véritable essence du politique.

    L’élection, c’est du théâtre.»

    True.

  76. Martin Beaudin-Lecours dit :

    T’avais raison, Sremed: le Canada est une monarchie. La représentante de la Reine risque fort de désigner le prochain gouvernement fédéral! Je suis aujourd’hui obligé d’admettre que c’est pas mal moins symbolique et plus significatif que le salut au drapeau!

  77. Déréglé temporel dit :

    Ça existait en puissance, ça s’est, contre toute attente, manifesté. Une fois passé, il sera intéressant de voir naître (je l’espère) une réflexion sur le rôle de gouverneur général.

  78. hakuho dit :

    Je trouve dommage que les blogueurs fassent des adieux dramatiques lorsque la discussion de réchauffe un peu. Nous sommes tous des grands ici, et la plupart savent très bien “en servir” assez bien aux autres; alors qui en sert doit aussi être prêt à en recevoir. Certains sont bien heureux de parler d’eux même, mais pas si friands de remise en question. Lors d’une de mes premières interventions ici, ça m’est arrivé, je me suis “pognée” avec quelqu’un, et je commençais justement à le prendre personnel….mais un peu de recul m’a fait réaliser que la solution n’était pas de me fâcher, mais de sourire un peu de la situation…et cette personne s’est avéré drôlement intéressant et pas du tout le vilain que j’imaginais.

    C’est déplorable lorsque quelqu’un quitte. J’aime bien lire des échanges dans lesquels le désaccord mène à une discussion poussée. Mais s’il faut craindre à chaque fois que l’interlocuteur va claquer la porte…..on va bientôt que se donner des fleurs? (ouache).

  79. hakuho dit :

    (je suis Julie Godin, btw, mon “nom” a changé quand j’ai parti mon blogue)

  80. Dunham Bush dit :

    @hakuko

    Le plus pire dans tout ça c’est qu’il est vraiment parti…

  81. Perséphone dit :

    @Dunham: Je ne crois pas. Je ne souhaite pas. Parfois, faut laisser le temps.

Laisser un commentaire