Le marchand de sable est une ordure. Il vient me voir en dernier, quand tous les autres dorment déjà. S’il ne m’a pas oublié ! Presque 14% des Québécois ont des troubles de sommeil, mais nous sommes moins de 10% à souffrir d’insomnie chronique. Ce problème sournois est bien embêtant. Tous ceux qui regardent le plafond à 1h du matin me comprennent.
Dormir devient une obsession. Paradoxalement, plus on essaie de dormir et moins on semble y parvenir. Se lever le matin, après quelques heures d’un mauvais sommeil – souvent chimiquement provoqué – est difficile. Les yeux restent fermés, le corps est lourd, bouger fait mal. Notre esprit est embrouillé, nos réflexes sont lents et notre patience envers nos proches est inversement proportionnelle à une agressivité mal contenue. Pourquoi ?
Il existe bien sûr de nombreuses raisons qui expliquent l’insomnie. Fatigue intellectuelle, stress, douleur permanente, etc. Mais un individu comme moi défie les statistiques. Je suis encore assez jeune (l’insomnie est plus fréquente chez les 65 ans et plus), je suis un homme (les femmes dorment statistiquement deux heures de moins que les hommes), j’ai un poids standard (l’obésité est le plus important facteur de risque de l’insomnie) et j’ai un horaire régulier de jour (alterner les périodes de travail jour/soir peut nuire au sommeil). Alors ?
Je crois avoir tout essayé. Les tisanes, la méditation, l’exercice, la lecture, etc. Ce n’est que récemment que j’ai accepté de prendre des somnifères, avec un succès mitigé. Ces médicaments endorment, mais ne permettent pas au corps de se reposer adéquatement. C’est une spirale sans fin. Même la bonne vieille sieste est impossible, puisque je ne parviens pas à dormir le jour. Les conséquences ? Une perte importante de productivité. On a déjà mesuré qu’au Québec seulement, l’insomnie pouvait provoquer un manque à gagner de plus de 5 milliards de dollars, en raison des congés forcés ou de l’incapacité à accomplir correctement son travail. Quand aller au boulot en voiture sans fermer les yeux est un défi et que participer à une réunion sans bâiller est un supplice, on mesure les conséquences du problème. Et cela sans mentionner les conséquences sur la vie personnelle.
On sait aussi depuis un moment que les troubles du sommeil peuvent être associés à des problèmes psychiatriques graves. La perte du sommeil sur une longue période fragilise le corps et l’esprit, parfois jusqu’au point de non retour. J’ai personnellement vécu un séjour à l’hôpital après six nuits consécutives sans sommeil. Conséquence d’une vie orientée sur la performance, personnelle et professionnelle ? Peut-être.
Parfois, je rêve de dormir.

30 juin 2009 à 20:53
je compatis avec toi,
je ne crois pas que cela soit dû à une vie orientée sur la performance. Si cela était le facteur déterminant cela se saurait. De plus il doit bien y avoir quelques fonctionnaires peinards qui sont également affectés par ce mal, et pareillement quelques personnes très affairées qui n’en souffrent pas.
En tout cas 6 nuits sans sommeil, c’est de la torture.
T’en qu’à prendre des sommnifères pourquoi ne pas prendre 5 ou 6 bières, suivi d’un snack, avant d’aller au lit?
P.S. Pour ce qui est de la méditation, seule une pratique régulière peut apporter des bienfaits. Méditer à l’occasion avant d’aller au lit est inutile.
30 juin 2009 à 22:01
Hé bien Nicolas, je t’en souhaite une bonne cette nuit, je ne sais que dire de plus.
Mais, j’ai une petite question. Qu’est-ce qui arrive si on ne dort pas pendant six jours? Je croyais qu’on finissait par s’évanouir et comme de fait s’endormir.
1 juillet 2009 à 02:05
Jean Vitchier, vous venez de me causer le fou rire le plus intense de la journée.
Je compatis avec vous nicolas, le simple fait d’avoir de mauvaises habitudes de sommeil (il est 2 heures du matin et je ne suis pas encore couché, au moins je suis en vacances)me rend fatigué alors ne pas dormir pendant 6 jours doit etre une torture.
1 juillet 2009 à 17:08
Bonjour Dominic et bienvenue parmi nous.
En effet, au bout de six nuits sans sommeil, on expérimente un épisode psychotique. On ne distingue plus la réalité, on est confus, agressif et la douleur est omniprésente… pas vraiment une expérience à revivre, disons.
Quant à l’alcool, il a les mêmes effets qu’un somnifère. Ça peut être utile à court terme, mais au bout de quelques jours, les effets deviennent nuls et peuvent même nuire.
2 juillet 2009 à 05:10
Heureusement ce n’est pas le cas de toutes les dames Jean, il doit y en avoir beaucoup qui s’emmerdent systématiquement pour que cette moyenne reste exact… parce que moi je me fait dérider les fesses avec virtuosité…
J’allais recommander la masturbation comme somnifère, d’autant qu’avec la charmante pin up du post d’avant t’avais pas à chercher bien loin pour avoir une image plaisante sous les yeux
mais j’imagine qu’au bout de 6 jours tu avais déjà du essayer tous les moyens à ta disposition.
*je compatis*
2 juillet 2009 à 09:05
En effet… ma pauvre épouse était un peu à court d’imagination à ce stade-là. De toute façon, au bout de quelques nuits sans sommeil, plus rien ne provoque d’envie. On devient obsédé par la seule idée de dormir, sans pouvoir y parvenir, augmentant d’autant la fatigue et la frustration. J’ai du arrêter de travailler deux mois et être suivi quotidiennement par un psychiatre pour m’en remettre. Alors, si une insomnie prolongée vous guette, réagissez tôt !
Dire que certains se servent de la privation de sommeil comme moyen de torture ! C’est tout à fait ça ! Au bout de quelques nuits, on devient fou !
2 juillet 2009 à 13:20
Mon rapport avec le sommeil est assez contrasté également, mais ça ne va pas aussi loin que toi.
Au départ, je me demandais si ton problème n’était pas tout simplement d’avoir un cycle décalé par rapport aux horaires de travail standards, problème assez fréquent (c’est entre autre mon cas, mais j’ai la chance d’être maître de mes horaires pour le moment), mais si tu en es venu à six jours sans sommeil, il n’est plus question d’en parler.
Je ne peux que compatir.
Pour ma part, quand j’ai de la difficulté à m’endormir, je m’allonge sur le dos. Je suis incapable de dormir sur le dos, mais je suis également souvent incapable de m’endormir sans passer d’abord par l’étape du repos allongé sur le dos. Je sais en général que je dois me tourner quand je sens une sorte de vertige ou d’étourdissement. Là je me tourne en chien de fusil et je m’endors généralement en dix minutes.
Cette sensation d’étourdissement m’inquiète un peu, je ne sais pas d’où elle vient, je devrais sans doute interroger un médecin pour savoir, mais enfin, pour le moment, c’est ce qui fonctionne.
En tout cas, toutes mes sympathies.
2 juillet 2009 à 13:55
Je n’ai pas écrit ce billet pour faire pitié, mais bien pour discuter d’un problème omniprésent mais peu discuté.
Le sommeil occupe une portion significative de notre vie. Il doit nous permettre de récupérer. Quans nous échouons à le faire, nous mettons notre santé physique et mentale à risque.
Je connais l’importance d’une routine de sommeil, qui habitue le corps et l’esprit à une séquence logique amenant à dormir, mais depuis plusieurs années, cette routine est complètement bouleversée par le travail, les soucis, la cocotte…
Et vous tous, vous faites quoi pour dormir ?
2 juillet 2009 à 15:45
“la cocotte…”
Quand je vois les nouveaux parents autour de moi, je constate que c’est le problème le plus fréquent. Les habitudes de sommeil des enfants se marient mal avec celles des adultes.
Tu as déjà essayé de faire une sieste de 10 à 20 minute en milieu de journée? On ne réussi pas toujours à dormir, mais même dans ce cas, ça reste très reposant, surtout si tu arrives à évacuer tes préoccupations le temps de la sieste.
2 juillet 2009 à 18:08
À l’époque de mes études, c’était plus facile, puisque je pouvais – moi aussi – gérer mon horaire et l’adapter aux circonstances.
Un enfant se couche vers 20h et se lève vers 6h. Il s’en fout que tu sois insomniaque et que tu te sois endormi vers 2h du matin.
Mais ce n’est pas de sa faute. Il faut que j’apprenne à vivre avec. Elle est mon réveil-matin, celui qui ne tombe jamais en panne…
3 juillet 2009 à 21:05
Nicolas si ton insomnie est provoqué par une perte de routine, il faut que tu t’en crée une autre. Je sais c’est plus facile à dire qu’à faire!
Ceci dit on n’a pas tous besoin de dormir 8 heures d’affilée. On peut très bien dormir par séquence de 3 heures 2fois par jour, ou même par période de 30 minutes plusieurs fois par jour. Les spécialistes en ce domaine sont les marins solitaire du genre de ceux du Vendée Globe. Peut-être qu’une virée vers leurs blogues te serait utile.
La marijuana peut également être utile. Je me rappelle de l’avoir utilisé avant de dormir pendant quelque temps. Il en faut très très peu. Si tu en prens trop ça rate.
Désolé de ne pouvoir en faire plus, comme tous les intervenants ici je ne souffre qu’épisodiquement de ce trouble ainsi mes trucs ne sont probablement pas adaptés à ton cas.
En tout cas bonne chance!
4 juillet 2009 à 14:42
Il y a autant de formes d’insomnies que d’insomniaques. J’en ai rencontré un qui était incapable de dormir la nuit, seulement de jour. À cause des ses obligations personnelles, il ne pouvait pas travailler la nuit. Vous imaginez le problème…
4 juillet 2009 à 15:14
“Il y a autant de formes d’insomnies que d’insomniaques.”
Ce qui me fait penser: dans ton cas précisément, crois-tu qu’insomnie et dépression soient liées?
4 juillet 2009 à 18:21
Bien sûr… longtemps j’ai cru que j’étais insomniaque parce que dépressif. Mais en fait, c’est le contraire ! C’est le psy qui m’a dit que les insomniaques chroniques sont très à risque de dépression, ce qui est tout à fait normal, puisque nous ne pouvons pas récupérer adéquatement. Quand j’ai des rechutes d’insomnie, je dois faire très attention pour que ça ne dégénère pas…