Vous savez à quel point l’amélioration de votre niveau de culture me tient à coeur. C’est ainsi que je me fais un devoir de mettre régulièrement à jour vos connaissances en matière de Black Metal. Bande de chanceux !
L’album de la semaine est sans conteste le tout premier opus des fous furieux de Svarttjern. Comprenons-nous bien : Misanthropic Path of Madness (2009) est une incroyable boucherie. J’ignore ce qu’ils mettent dans le lait en Norvège, mais batèche, ça donne du bon Black Metal ! Le groupe existe depuis 2003, a pondu deux démos dans l’indifférence générale, puis nous arrive avec ce disque d’une brutalité inouïe. La chanson Code Human qui ouvre l’album déboule tellement vite qu’elle coupe le souffle. Aucun repos n’est offert, pas de chanson mid-tempo en guise d’interlude. Bien enregistré, détenant un son juste assez clair pour permettre aux instruments de se distinguer et mettre les hurlements au premier plan, les 35 minutes de cet objet malfaisant sont exceptionnels, incontournables pour tout amateur de True Norwegian Black Metal. Quant à ceux qui n’aiment pas ça ? Fuck Off !
Ceux qui connaissent un peu Anaal Nathrakh savent à quoi s’attendre avec In the Constellation of th Black Widow (2009). Les autres risquent la syncope. Très dur à cataloguer, le duo britannique mélange sans ménagement le Black Metal, le Grind, voire le Pagan. Après des passages plutôt classiques, le groupe ouvre la porte de l’enfer. Beuglements de cochons égorgés, rythmes saccadés, batterie jouée par un épileptique sur l’acide. Bref, définitivement pas pour toutes les oreilles. Même moi, je trouve ça difficile de supporter tout l’album, alors vous… écouter un album de ce groupe, c’est accepter de se plonger dans l’univers d’un asile d’aliénés. On ne sort pas tout à fait intact d’un tel déluge de bruits et de borborygmes.
Maintenant, ma petite déception du mois. Les Ukrainiens de Drudkh jouissent d’une excellente réputation, en raison de leur magistral Blood in our Wells (2006). Ce succès leur a permis de signer avec Season of Mist, important producteur anglais. Ils pouvaient donc compter – pour la première fois – sur une production à la hauteur de leur talent. Le style pratiqué par ce groupe fusionne le Black Metal lent et dépressif avec le Pagan Metal plus classique. De longues chansons, interprétées avec doigté, des passages acoustiques avec des instruments traditionnels et un chant alternant l’anglais et l’ukrainien. Microcosmos (2009) respecte les principaux créneaux du groupe, sans plus. Un peu répétitif, cet album s’éloigne du brio de leurs précédents opus. Trop de pression ? Peut-être. Après quelques écoutes, je me suis lassé. J’espère que ce manque cruel d’originalité n’est qu’un faux pas dans une discographie autrement brillante.
Parmi les autres sorties, je vous mentionne le dernier rejeton des vétérans américains de Kult Ov Azazel. Destroying the Sacred (2009) est un album sans originalité, mais qui s’écoute bien tout de même. Je vous signale aussi la réédition – et le réenregistrement – du tout premier album du groupe français Belenos (non, le ciel ne vous tombera pas sur la tête). Errances oniriques (2009), d’abord sorti en 2001 et qui a la particularité d’être chanté en Français, mélange bien le Black Metal et la musique celtique traditionnelle. Parfait pour aller cueillir le gui et préparer la potion magique !
Publié par Hérétik
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