Autodafé

6 septembre 2009

Décidément, l’hypocrisie des défenseurs de la moralité est sans limite. D’une part, ils acceptent et valorisent la liberté de conscience (la leur), et de l’autre, ils tentent d’interdire des livres pour enfants.

D’aucuns considèrent, aux États-Unis, le livre illustré pour enfants «And Tango Makes Three» comme la tendre histoire d’un couple de pingouins gays adoptant un bébé. Mais pour d’autres, c’est un texte dangereux qu’il faut bannir à jamais des bibliothèques.

Le livre, destiné à apprendre à ces chères têtes blondes qu’il existe aussi des couples de parents homosexuels, est en tête de la liste des «titres les plus contestés» dressée chaque année par l’American Library Association (ALA) à l’occasion de la «semaine des livres interdits», qui aura lieu du 26 septembre au 3 octobre.

Il existe des précédents à ce genre de comportement, qui se reproduisent chaque fois que l’intolérance d’un groupe s’affiche au grand jour.

Probablement que la moitié des ouvrages de ma bibliothèque personnelle figure en bonne position dans le palmarès de la honte de cette semaine des livres interdits ! Cela me rassure. Avoir des traits communs avec ces bigots me ferait horreur.

Au fond, ce sont ces zélotes de la moralité qui sont les plus obsédés par le sexe. Une obsession perverse, faite de dégoût et de fascination.


De loin !

5 septembre 2009

Ensiferum fait partie des grands noms de la musique métal. Alliant un son Pagan, Power et Melodeath avec une thématique viking, ce groupe finlandais est devenu un incontournable depuis plus de 10 ans. Leur 4e album, From Afar, sort d’ici quelques jours un peu partout dans le monde. En attendant de le découvrir (et de les voir en spectacle – Québec le 2 décembre et Montréal le 3 décembre 2009), la chanson-titre a fait l’objet d’un vidéo.


Téléréconciliation

5 septembre 2009

Si la télé comportait plus souvent de ce genre d’extraits, je l’écouterais sûrement davantage.


Le culte des cons

4 septembre 2009

Parmi les marottes de la droite américaine, dans leur croisade de diabolisation de Barack Obama, il y a l’accusation du “culte de la personnalité” supposément fabriqué par l’entourage présidentiel. Celle-ci a repris de la vigueur avec l’intention du Président américain de s’adresser aux élèves d’une école publique dans un discours, le 9 septembre prochain. Je vous laisse lire diverses réactions, cité dans le NYT.

Mr. Obama’s speech was announced weeks ago, but the furor among conservatives reached a fever pitch Wednesday morning as right-wing Web sites and talk show hosts began inveighing against it.

Mark Steyn, a Canadian author and political commentator, speaking on the Rush Limbaugh show on Wednesday, accused Mr. Obama of trying to create a cult of personality, comparing him to Saddam Hussein and Kim Jong-il, the North Korean leader.

The Republican Party chairman in Florida, Jim Greer, said he “was appalled that taxpayer dollars are being used to spread President Obama’s socialist ideology.”

Produire un long exposé sur la véritable nature politique et historique du culte de la personnalité n’amènerait aucune valeur ajoutée. Ces conservateurs enragés s’en moquent. Derrière cet énième épouvantail se cachent les mêmes recettes habituelles. Peur et méfiance. Ces ténors tonitruants de la droite médiatique passent d’innombrables heures à la radio et à la télé, à vomir leur haine et leur idéologie. Ils publient des livres, participent à des milliers de conférences, apparaissent sur des panneaux-réclames à la grandeur de leur pays pour assurer la publicité de leurs délires.

Entre un Président élu qui visite une classe d’élèves du secteur public et ces conservateurs omniprésents et vociférant, je me demande bien lesquels sont les plus amoureux de leur propre image et en assurent le maximum de diffusion…


Télécauchemar

3 septembre 2009

Nightmare_by_blutspenderLe modèle de la téléréalité s’essouffle un peu partout sur les écrans occidentaux. La recette est usée, les concepts sont dépassés. Il s’agit toujours des mêmes péripéties sans intérêt de parfaits inconnus, coincés dans un univers parallèle, ou alors des pérégrinations de has been de la colonie artistique. Les auditeurs sont blasés. La nouveauté n’y est plus. On a bien tenté d’ajouter de petites touches de sexe ou de macabre, mais cela ne va pas encore assez loin pour stimuler l’intérêt d’un public toujours plus difficile à satisfaire. Alors, en toute modestie, j’ai envie de proposer trois concepts de téléréalité, totalement libres de droits.

1. Le donjon

Dans ce premier concept, l’animatrice est en fait une Dominatrix, réservant ses châtiments aux participants. Ceux-ci sont soumis aux traitements les plus humiliants possibles, sous le regard des caméras, dans un décor de donjon de torture bien moyenâgeux. Le public vote à chaque semaine pour éliminer les candidats qui n’auront pas fait preuve d’assez de courage devant les épreuves de leur tortionnaire. Le gagnant sera récompensé par un abonnement à vie au club BDSM de son choix.

2. La ligne verte

Ce deuxième projet nous fait pénétrer dans l’univers carcéral, auprès de la lie de l’humanité. Les participants sont tous des condamnés à mort qui doivent convaincre le public de leur donner une semaine de vie supplémentaire, en adhérant à des épreuves qui démontrent leurs remords et leur rédemption : œuvres de charité, prières, thérapie, etc. Le gagnant du jeu verra sa peine commuée en détention à perpétuité. Les candidats éliminés chaque semaine seront exécutés, en direct.

3. Le pavillon des cancéreux

Inspiré de l’œuvre de Soljenitsyne, ce troisième projet nous emmène dans le quotidien des malades en phase terminale. Nous assistons en direct à leur combat contre la mort. Les participants doivent participer à des épreuves qui démontrent leur volonté de survivre. À chaque semaine, le public doit sélectionner un candidat qui sera débranché. Le gagnant reçoit une assurance-vie offerte à ses héritiers.

Cette démonstration cruelle et absurde illustre parfaitement ce que je pense du phénomène de la téléréalité. Un voyeurisme vulgaire, cherchant toujours à choquer davantage, insensibilisant progressivement ses auditeurs, comme une drogue secrétée tout doucement dans l’organisme. Jusqu’à l’overdose.

Vous croyez que j’exagère ? Que ce ne sera jamais aussi grave que mes scénarios ?

Je l’espère aussi.


L’animal écrasé

2 septembre 2009

Nous avons récemment assisté à l’arrivée en politique de nombreux journalistes et membres des médias. Christine Saint-Pierre, Bernard Drainville, André Arthur et plus récemment Julie Lemieux, ont tous sauté la clôture. Leur proximité avec le pouvoir et leur rôle de rapporteur de nouvelles et d’opinions peut causer un trouble, une interrogation bien légitime chez ceux qui se demandent si – rétrospectivement – leur choix politique a influencé leur travail de journaliste.

Le cas d’André Pratte est plus clair. Il prépare sa seconde carrière depuis longtemps. Le choix du parti ne recèle aucun équivoque. Il lui suffit simplement de sélectionner le bon niveau de gouvernement. Il est probable qu’il sera influencé par un nanane ministériel, promis par le chef du parti. Cet homme s’aime beaucoup trop pour accepter de réchauffer les arrière-bancs d’une assemblée. Il se prépare d’ailleurs activement à faire le saut, comme en fait foi son éditorial de ce matin sur la prochaine course électorale fédérale, et cet autre billet sur le scandale des subventions d’Hydro-Québec. Le retour d’ascenseur provoqué par ces perles d’aplatventrisme politique ne devrait pas tarder.

Bonne chance, André ! Le pays a besoin de lèches-culs chroniqueurs intègres comme toi, comme ministre de la désinformation culture et des communications !


La camisole de force

2 septembre 2009

Le réseau de l’Empire nous annonce un automne sous le signe de la maladie mentale. Déjà que je trouvais particulier d’inviter un trisomique au Banquier, voilà qu’on nous présentait hier les candidats d’Occupation double 6. Il y aussi Clown Poirier qui commet son opinion sur les ondes de LCN et Denis Leuvéque qui anime sa quotidienne pour décérébrés en phase terminale au même poste. On peut aussi évoquer les participants, les animatrices et l’auditoire en studio de la Poule aux œufs d’or et la nouille qui lit ses cartons sportifs à l’émission du matin (et qui a remporté plusieurs trophées, offerts par d’autres nouilles). Bref, TVA est à l’avant-garde dans le domaine de la discrimination positive en faveur des handicapés mentaux à la télévision, en concurrence avec V.

Pourquoi ce canal télévisuel est-il si populaire ? Son public se reconnaît-il dans ce média ? Si tel est le cas, le Québec est bon pour la camisole de force…


Les istes

1 septembre 2009

J’ai beaucoup fréquenté d’istes dans ma vie. Formation oblige. Cinq ans en science politique entraînent un lot de rencontres avec ces mordus idéologiques. Parce qu’un iste, c’est d’abord un croyant. Parfois tiède, souvent fervent. Peu importe l’Évangile, il y croit de toutes ses forces. Il en apprend de longs passages par cœur, il répète la litanie sur toutes les tribunes, il analyse finement tous les événements à la lumière de sa croyance. Il a ses Dieux, ses prophètes, ses commandements. Bref, l’iste est un convaincu.

Est-il aussi convaincant ? Pas vraiment. Ses croyances, surtout si elles sont intransigeantes, rebutent le modéré. Celui-ci peut être intrigué par une doctrine qui présente toutes les apparences de la cohérence, mais la faille naturelle des istes apparaît rapidement. Ils détestent le monde qui les entoure, corrompu et impie. Ils savent tout du monde idéal qu’ils désirent obtenir. Mais ils ignorent comment y parvenir. C’est à ce moment que le verbe intarissable de ces prosélytes devient plus confus. Pourquoi ?

Parce qu’un changement radical, pour survenir, doit nécessairement choisir entre deux voies. La première passe par la parole, principal atout des istes. Ils veulent convaincre, éduquer, faire comprendre aux masses ignorantes qu’elles ont tort et qu’elles doivent accepter la Vérité pour accéder au Bonheur. Mais cette méthode est totalement inefficace, et les istes le savent très bien. Leur statut marginal et la concurrence qu’ils doivent accepter avec les autres istes noient leur Vérité, les oblige à hurler sans cesse plus fort, pour finalement effrayer ceux qu’ils veulent convaincre. Ils doivent alors envisager la deuxième option.

La violence est une compagne encombrante des istes, mais elle s’avère souvent nécessaire. Le refus de la Vérité par les masses ignorantes n’est – bien sûr – pas lié au message lui-même, mais bien à ses ennemis, forcément minoritaires. Bourgeois, étatistes, juifs, qu’importe. L’ennemi n’a pas besoin d’avoir de visage. Mais son existence est fondamentale pour les istes, puisqu’il fournit un contre-exemple, un objet de haine nécessaire. C’est l’hérétique, le traître à son espèce, le profiteur. Il faut l’abattre, le triomphe en dépend. Mais cette possibilité effraie souvent les istes, qui répugnent à la clandestinité et aux conséquences qui en découlent. Alors ils se replient sur la parole, vivant d’espoir, sûrs du triomphe éventuel de leur foi, même si cela dépasse le cadre de leur propre vie. Leur croyance leur survivra, d’autres prendront le relais, avec les mêmes insuccès frustrants.

Mais à de très rares moments au cours de notre histoire récente, les istes sont parvenus à leurs fins. Ils ont accédé au pouvoir et ont mis en place leur paradis terrestre. Les cimetières se sont remplis, l’humanité des individus a été bafouée et les istes sont devenus des caricatures sanglantes, mimant leurs croyances pour maintenir une illusion. Mais bien sûr, cette éventualité est toujours niée. Comment une Vérité cherchant à apporter le Bonheur aux masses ignorantes pourrait-elle provoquer une telle hécatombe ? Je vous laisse tirer vos propres conclusions.

Je n’ignore rien des difficultés et des dangers inhérents à la démocratie, mais je n’en pense pas moins qu’elle est notre seul espoir. Bien des exemples montrent que cet espoir n’est pas vain.”

Karl Popper. La société ouverte et ses ennemis. 1945


In Memoriam

1 septembre 2009

Il y a soixante-dix ans aujourd’hui, l’Allemagne agressait la Pologne sans déclaration de guerre. Ultime étape du plan militaire d’Hitler, cette attaque surprise était aussi son dernier coup de dés. Après avoir réarmé la Rhénanie, annexé l’Autriche et envahi la Tchécoslovaquie sans observer de réaction de la part des Alliés, le Führer pouvait croire qu’ils laisseraient tomber la Pologne, indéfendable depuis la France et coincée à l’est par l’Union soviétique. Ce mauvais calcul allait plonger l’Europe et le monde dans cinq ans d’une épouvantable boucherie. Moins de deux ans après la fin du conflit, le redoutable face-à-face des puissances nucléaires débutait, menant le monde au bord du gouffre à plusieurs reprises.

Décidemment, la guerre est le passe-temps préféré des hommes. Si les outils ont changé, si les manières ont évolué, le résultat est le même. Tuer pour des ressources, pour du territoire, pour des idées, pour un Dieu. La seule nuance entre les guerres modernes et celles d’hier, c’est que nous tentons désormais de leur donner un vernis de justification morale ou internationale. Nous n’agressons plus. Nous prévenons. Euphémisme amusant et tragique. Une bombe larguée sur un village n’épargnera pas les habitants qui n’ont rien à voir avec le conflit, qu’il soit “moral” ou non.

Un humaniste voit toutes guerres comme civiles. Ce n’est pas un étranger, un impie ou un bourgeois qu’on tue, mais un être semblable à nous, dont la seule “faute” est d’avoir des différences de surface. Soixante-dix ans plus tard, sommes-nous  l’abri d’une nouvelle conflagration planétaire ? Le souvenir des précédentes devraient nous garantir que oui. Mais la mémoire de l’homme est à l’image de sa vie. Courte.

« Si la prochaine guerre mondiale se déroule avec l’arme nucléaire, celle qui suivra se fera avec des pierres et des bâtons. »  Albert Einstein


Super Cendrillon !

31 août 2009

Marvel, c’est une partie de mon enfance. J’ai acheté des centaines de comics à bon marché dans des librairies, d’abord en français, puis en anglais. Aller à la Première Issue (une boutique du Vieux-Québec spécialisée en jeux de rôles et comics américains) était un pèlerinage, un authentique moment de plaisir enfantin. J’ai dévoré les Spider-Man et les Punisher, recherchant les perles rares, découvrant des séries inédites ou avant-gardistes, comme les premiers fascicules de Sin City, publiés chez Dark Horse. J’ai encore tous ces trésors dans des caisses, soigneusement emballés.

Mais une époque est en train se clore. Disney, multinationale du rêve en conserve, vient de déposer une offre d’achat pour Marvel. Coût de la transaction ? 4 milliards de dollars.

Cette fusion – si elle se produit – permettra la création de la plus importante compagnie de divertissement destinée aux enfants et jeunes adultes. Mais j’imagine assez mal Spider-Man épousant Blanche-Neige. Ou alors Mickey Mouse en combat singulier avec Doctor Doom. Disney est aux divertissements enfantins ce que McDonald est à la restauration. Prévisible et sans saveur.

Les personnages de comics ont marqué ma jeunesse, mais je ne vis pas dans le passé. J’achète encore des bandes dessinées, mais elles sont généralement publiées par de petites compagnies indépendantes et développent des thèmes plus matures. Et Marvel ? De bons souvenirs. Mais lorsque Disney proposera ses premiers produits dérivés de comics, je passerai mon tour.